aqui.fr lance Aqui-Bordeaux-Métropole le 9 novembre 2015

23/09/16 : Annulation du spectacle « Cabaret New Burlesque » programmé le mardi 11 octobre, au Théâtre Ducourneau, à Agen. Le producteur a déprogrammé la tournée européenne de ces artistes américains. Aucun autre spectacle ne sera programmé en remplacement.

23/09/16 : Elections au tribunal de Commerce d'Agen. 9 candidats en lice. Dépouillement prévu le 5 octobre à 9h30 et éventuellement, en cas de 2ème tour, le 18 octobre à 9h30.

23/09/16 : TEST TOEIC. Spécialisée dans l’enseignement des langues étrangères, la Maison de l’Europe47 à Agen organise une session de test TOEIC le mercredi 12 octobre de 14h à 17h. Plus d'infos au 05.53.66.47.59. Date limite d’inscription : le 26 septembre

22/09/16 : L'abeille et les problèmes auxquels elle est confrontée sont évoqués jusqu'au samedi 24 septembre lors de journées que le village Emmaüs de Pau-Lescar consacre à cet insecte à travers de multiples stands, animations et conférences.+ d'info

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  • 27/09/16 | Un nouveau radar fixe dans le Bergeracois pour la fin de l'année

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    Un radar fixe sur la route entre Bergerac et Eymet va être installé. C'est ce qu'a annoncé la préfète de Dordogne, Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc. L'emplacement exact n'a pas été révélé. "Il s'agit d'une route qui n'avait pas été identifiée comme particulièrement dangereuse. Mais suite à plusieurs accidents récents sur cet axe, j'ai demandé l'installation d'un radar". Il devrait être mis en place d'ici la fin de l'année explique-t-elle. Il flashera dans les deux sens de circulation.

  • 26/09/16 | Chômage: Les chiffres en Nouvelle Aquitaine

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    302 935 demandeurs sans aucune activité fin août: +0,7 % sur 3 mois: +2 051 personnes, +0,6 % sur un mois et -0,8 % sur un an. France: + 1,0 % sur 3 mois, +1,4 % sur un mois, -0,3 % sur un an. +1,2 % pour les moins de 25 ans (+2,0 % sur un mois et –4,7 % sur un an), +0,4 % pour ceux de 25 à 49 ans (+0,3 % sur un mois et –1,2 % sur un an) et de 1,1 % pour ceux de 50 ans ou plus (+0,5 % sur un mois et +2,5 % sur un an). Au total (ABC) 501 721 demandeurs: + 2,1 % sur un an. Par département: –1,0 % en Creuse et +1,8 % en Charente sur 3 mois et entre –1,1 % dans les Landes et +1,6 % en Charente sur un mois.

  • 26/09/16 | Alain Juppé : "les maires doivent s'efforcer de mieux accueillir les réfugiés"

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    Avant son conseil municipal, Alain Juppé, a appelé lundi les élus municipaux de tous bords à "faire des efforts" pour mieux accueillir les réfugiés "demandeurs d'asile" en France. Il s'oppose sur cette question, au Front national qui est hostile à tout accueil de réfugiés. M. Juppé a distingué les personnes en situation illégale qui "ont vocation à être reconduites à la frontière" et "les demandeurs d'asile". Pour ces derniers, "il faut évidemment éviter cette forte concentration à Calais".

  • 25/09/16 | La Rochelle : le Grand Pavois ouvre ses portes mercredi

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    Du 28 septembre au 3 octobre le port des Minimes accueille le Grand Pavois, l'occasion de découvrir 750 bateaux, dont 300 à flot, issus de 35 pays. Parmi elles, les dernières créations des maisons Bénéteau et Fountaine-Pajot. Plusieurs navigateurs et leurs embarcations sont attendus comme Damien Seguin, médaillé en voile aux derniers JO paralympiques. Médaillée à Rio, la véliplanchiste Charline Picon, sera la marraine de cette édition. Parmi les nouveautés : un espace dédié aux bateaux de patrimoine plus grands, de la sensibilisation à la sauvegarde des océans,la présence de WWF France et une étape de la coupe de France de Stand Up Paddle.

  • 25/09/16 | Des rencontres agricoles innovantes

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    Agrobio47 organise du 3 au 21 octobre des rencontres partout en Aquitaine pour permettre aux agriculteurs de découvrir de nouvelles techniques alternatives. En Lot-et-Garonne, ça se passera le 3 octobre de 9h à 17h, avec un rallye verger ponctué de visites et de témoignages d'agriculteurs convertis en arboriculture bio à Aiguillon et Fauillet. Et puis le 11 octobre, de 9h à midi, une matinée d'échanges est proposée avec pour thème « Commercialiser mes légumes biologiques en circuit long ».

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Politique | Interview : Alain Juppé : se battre contre ceux qui veulent démolir l'Europe

11/05/2014 | "Parler de l'Europe sans être conscient de ses lacunes et de ses échecs c'est se condamner à ne pas être entendu.." Alain Juppé.

Alain Juppé maire de Bordeaux et président de la CUB

C'est un Alain Juppé à la fois lucide et combatif que nous avons rencontré ce 7 mai. Son cri d'amour à l'Europe exprimé via son blog a marqué les esprits...Il demandait des explications. Le maire de Bordeaux ne s'y est pas dérobé dans le long entretien qu'il nous accordé. Détrompons-nous, cet homme au sommet d'une popularité nationale, est tout sauf un "euro-béat". Le discours qu'il tient qui n'évacue pas le réel, les difficultés considérables du moment, y compris l'impuissance de l'Union face à la crise ukrainienne, participe de ce qu'il appelle la pédagogie nécessaire pour éclairer le citoyen, l'électeur. Et le convaincre, en particulier, des conséquences qui seraient catastrophiques de la sortie de l'euro. Et donc d'un vote Front national le 25 mai.

@aqui ! - Alain Juppé,  vous avez signé récemment dans votre blog  un article « Europe, mon amour ». Mais cette  déclaration d’amour à l’Europe est tout de même mâtinée d’une série de critiques. Etes-vous un amoureux de l’Europe contrarié ?
A. J. - Ce n’est pas tant moi qui suis contrarié mais les opinions publiques qui sont contrariées ! Aujourd’hui, parler de l’Europe sans montrer qu’on est conscient de ses lacunes et de ses échecs c’est se condamner à ne pas être entendu.  Vive l’Europe, Vive l’Europe ! je pense que ça ne prend pas si on n’a pas le courage de faire un peu le bilan contrasté de la situation. C’est vrai qu’il y a des tas de choses qui ne marchent pas en Europe. J’ai dit qu’elle  était trop bureaucratique. L’administration de Bruxelles est souvent critiquée à tort ou à raison, comme toutes les bureaucraties. Celle-là est particulièrement complexe et lointaine.

Malgré les progrès qui ont été faits avec le Traité de Lisbonne, le Parlement européen n’a pas encore trouvé sa place dans le paysage démocratique.  On risque malheureusement de  voir une fois encore, avec  un taux d’abstention particulièrement élevé, qu’il n’y a pas adéquation entre les électeurs et leurs élus. Le découpage en grandes régions n’a pas fondamentalement changé les choses.

L’Europe est considérée comme souvent impuissante face aux grands problèmes qui préoccupent les européens, notamment la croissance et l’emploi. A tort ou à raison, parce qu’on lui reproche parfois des choses qui ne sont pas de son fait. On lui reproche donc souvent son impuissance, et quand on voit notre incapacité à agir, face à l’annexion de la Crimée par Poutine, on se rend compte qu’il y a un problème. Donc il faut avoir le courage de dire ça.

Si on ne dresse pas cet état des lieux un peu lucide, on est accusé de ne pas avoir le sens des réalités  ou d’être eurobéat. Je ne suis pas eurobéat. C’est très difficile d’être eurobéat  aujourd’hui.

Le futur président de la Commission : les électeurs vont avoir un droit de regard
@! - Est-ce que l’élection du président de la commission par le Parlement européen va changer quelque-chose ?
A. J. - D’abord, il ne sera pas élu par le Parlement européen. Il sera choisi par le Conseil européen ; le Texte du Traité dit : "dans la formation politique qui sera arrivée en tête aux élections".  Mais on commence à entendre des bruits du côté du Conseil du genre... "mais après tout on n'est pas obligés"...

@! - Mme Merkel à ce sujet a semblé peu enthousiaste...
A. J. - Il est vrai, qu’ensuite, il faut que le choix soit ratifié par le Parlement européen et, s’il ne l’est pas, il faut que le Conseil revoit sa copie.   C'est un progrès incontestable qui va redonner peut être un peu de sens à l'élection. C'est-à-dire que les électeurs, par leur vote, vont avoir d’une certaine manière un droit de regard. Ce sont eux qui par leur vote vont orienter le choix du Président de la Commission, et c'est un progrès . On va voir si ça suffit à mobiliser les troupes, mais je crains que ça ne suffise pas.

@! - Jean-Claude Juncker, un bon candidat pour la droite européenne?
A. J. - Il a été désigné par le PPE au terme d’un vote interne. Je le connais bien, depuis très longtemps. C’est quelqu’un qui connaît admirablement l’Europe, qui a une très longue expérience gouvernementale, même si le Luxembourg est un petit pays. Il a été premier ministre, ministre des finances, etc. C’est quelqu’un qui connaît bien tout ça. Il a la qualité d'être trilingue, il parle français, anglais et allemand couramment. Je ne suis pas d’accord avec lui sur tout et j’aurai l’occasion de le lui dire le 13 mai à Bordeaux. Il y a même de vraies divergences. Par exemple il a redit qu’il fallait reprendre le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Je suis, pour ma part , convaincu que l'Union, étant confrontée aux difficultés que nous évoquions, n'a pas la solidité pour accueillir la Turquie, en son sein.

@! - Et Michèle Alliot-Marie est-elle une bonne candidate pour l’UMP dans le Sud-Ouest ?
A. J. - Elle a été désignée par l’UMP et je suis membre de l’UMP. Par conséquent c’est une très bonne candidate.  C’est une bonne chose aussi qu’Alain Lamassoure puisse concourir à nouveau,  comme tête de liste en Ile de France. Il a été un excellent député européen et le sera ; il a été président de la commission des Budgets, c’est quelque chose d’important. Il connaît admirablement l'Europe, le fonctionnement du Parlement européen et des institutions européennes, donc c’est une excellente chose qu’il soit de nouveau élu.

A l'UMP nous sommes européens et nous allons nous battre

@aqui ! La famille UMP n'est pas toute du même avis sur l'Europe...
A. J. –
Je ne suis pas de votre avis : il y a une ligne majoritaire très claire ; on en a discuté dans nos bureaux politiques au cours des dernières semaines et ça m'a convaincu. Que nous sommes-nous dit ?

  1. Nous sommes européens et nous allons nous battre contre ceux qui veulent démolir l'Europe, car il y en a qui veulent la démolir, y compris en France.

  2. Si la France veut jouer son rôle, il faut qu'elle retrouve sa crédibilité en Europe. Aujourd'hui elle l'a perdue et il paraît même que nous suscitons de la commisération à Londres et aussi à Berlin.

  3. Il faut que l'Europe se transforme, se rénove pour retrouver un nouveau rebond, ce qui pose le problème de sa gouvernance ; la zone euro doit être au coeur d'une Europe plus intégrée, allant plus loin dans le transfert de souveraineté... je pense notamment à la fiscalité. Si la fiscalité reste un domaine où on ne peut travailler qu'à l'unanimité, il ne se passera jamais rien.

@! - Or, c'est une des clés importantes en matière de conduite de la politique économique
A. J. - Un des grands arguments du Front national consiste à dire : regardez l'Angleterre, elle marche mieux que la France parce qu'elle est hors zone euro  et parce qu'elle a une monnaie moins forte que l'euro. Ce n'est pas du tout cela. En réalité, l'Angleterre s'est imposée quatre années d'austérité douloureuses et elle a joué, à fond, le dumping fiscal : le taux de l'impôt sur les sociétés en Angleterre est de 21 %, il est de 33% en France. Quand Cameron a dit : je déploie le tapis rouge, il l'a déployé... et a fait des réformes de structure profondes, c'est ce qui explique qu'elle soit plus performante et non parce qu'elle n'est pas dans la zone euro.

La zone euro c'est le cœur : il faut l'intégrer davantage et, autour, on fait quelque chose d'un peu plus souple. Un peu à la carte . Un jour M. Fabius a dit :  "mais l'Europe à la carte ça n'existe pas". Si, ça existe : l'Angleterre n'est pas dans Schengen, n'est pas dans la zone euro, mais elle a un chèque qui est taillé sur mesure, qu'on conteste d'ailleurs...Elle s'est bien faite une Europe à la carte . Pour ceux qui ne veulent pas aller aussi loin que nous, en même temps que nous, il faut leur permettre de rester dans cette deuxième zone de ce grand cercle . Voilà pour la gouvernance. Mais, à coté de cela il faut des politiques communes plus ambitieuses.

 Un grand emprunt à l'échelle de l'Europe@! - Justement dans votre déclaration d'amour à l'Europe vous évoquez par exemple l'innovation, la transition énergétique, en quelque sorte les bases d'une croissance nouvelle.
A. J - Sur l'innovation, on a fait un truc très intelligent en France, qui a été fait par Sarkozy et prolongé par Hollande : c'est le programme des investissements d'avenir, ce qu'on a appelé le "grand emprunt" porté par Rocard et Juppé. Cela a permis de financer des opérations d'innovation dans le domaine universitaire, dans le domaine industriel. L'avion électrique, présenté il y a peu à Mérignac, faisait partie de tout cela. L'idée c'est de dire: la France a été capable de mettre 35 milliards sur la table pour cela... A l'échelle de l'Europe un grand emprunt, permettant de financer un processus d'investissement dans l'innovation et la recherche, pourrait être très efficace pour relancer la croissance. L'Europe n'est pas endettée, l'argent n'est pas cher aujourd'hui. Donc on pourrait investir massivement.

@! - Qu'est-ce qui fait que ce qui semble évident ne décolle pas plus vite au niveau de l'Europe ?
A. J. - On l'a fait un peu. Il y a un programme cadre mais c'est compliqué : il n'y a pas d'impulsion politique derrière tout cela parce que ça manque de volonté politique, que la France n'est pas en mesure de convaincre ses partenaires... Remettons de l'ordre dans nos affaires, remontons sur notre cheval. Après, nous pourrons essayer d'entraîner l'Allemagne et les autres.

Quant à la politique énergétique, on est dans une situation vraiment navrante : il n'y a pas de politique énergétique européenne. Et il y a même une divergence profonde entre les deux principaux pays. L'Allemagne a fait le choix d'aller vers zéro énergie nucléaire, moyennant quoi elle fait du charbon à tire-larigot. Ce qui nous envoie des micro-particules, jusqu'à Bordeaux d'ailleurs! La France, elle, continue sur le nucléaire. Mais il y a urgence. D'une part urgence écologique... Même Obama commence à s'émouvoir des conséquences d'un réchauffement qui pourrait dépasser deux degrés.  Et d'autre part, il y a l'urgence stratégique, vis à vis de la Russie. Aujourd'hui nous sommes, en grande partie dépendants, certes la France un peu moins, mais l'Allemagne beaucoup. Or la Russie est aussi dépendante de nous. Si on ne lui achète plus son gaz et son pétrole, elle ira mal. Essayons donc de faire une politique énergétique qui desserre cette dépendance à son égard . Cela veut dire une politique d'efficacité énergétique, d'énergies renouvelables, visant à favoriser toutes les énergies « décarbonées ». Peut être, justement, que la crise ukrainienne et la crise écologique peuvent être un moment où l'on pourrait rapprocher les points de vue des différents pays.

@! -  N'êtes pas plus proche sur ces thématiques de José Bové que de Juncker ?
A. J. - J'ai vu que José bové s'est rapproché de mes positions à ce sujet. Mais ce n'est pas une raison pour voter pour lui, car nous avons trop de divergences par ailleurs!

Erasmus, c'est formidable

A.J.- J'ai une troisième idée : dans le domaine éducatif, notamment dans celui des langues. Erasmus, aujourd'hui, c'est formidable. Quand on dit : à quoi ça sert l'Europe? Réponse : il y a plusieurs millions de jeunes français qui sont partis à Barcelone, à Londres, dans les capitales pour bénéficier de tout cela. Dans ma génération on ne partait pas un an à l'étranger... C'est pour cela qu'on est si bon en langues étrangères. J'avais déjà lancé l'idée en 1993 quand j'étais au Quai d'Orsay. Il faudrait un accord intergouvernemental car la Commission n'en a pas le pouvoir : il faudrait que les pays s'engagent à rendre obligatoires deux langues vivantes dans leur système éducatif en plus de la langue maternelle. Ce serait très intéressant car ce serait en plus une chance supplémentaire pour le français. Pour le français en Allemagne, pour l'allemand en France. Cela demande quelques moyens, il faut des profs de langue dans les systèmes éducatifs... Mais enfin, c'est à la portée des pays.

Schengen et l'immigration: si on revient en arrière on déconstruit l'Europe

@! - S'agissant de la politique d'immigration, de l'application des accords de Schengen, quelles solutions préconiseriez-vous ?
A.J. - C'est simple sur le papier et très compliqué en réalité. C'est quoi Schengen ? Sur le papier,  d'abord, c'est la libre circulation à l'intérieur de l'espace Schengen, c'est à dire des pays qui ont signé l'accord de Schengen. Si on revient en arrière ça signifie qu'on déconstruit l'Europe.

@! - Que l'on remet des frontières...
A.J -
Je pense aux jeunes qui ne se rendent pas compte, forcément, de la chance formidable qu'ils ont d'aller à Rome à Madrid sans jamais sortir leur passeport. C'est un acquis très précieux. Après, il y a les contrôles aux frontières externes de la zone Schengen. Et là ça ne marche pas. Frontex qui est l'agence chargée des contrôles aux frontières n'a pas des moyens suffisants. On n'a pas harmonisé nos règles d'accueil des immigrés, notamment sur le droit d'asile. Je suis hostile à ce qu'on mette Schengen par terre, mais je demande qu'on fasse fonctionner le contrôle aux frontières de l'espace Schnegen par une politique de l'immigration qui soit coordonnée. Lutter contre l'immigration clandestine c'est compliqué. Organiser l'immigration légale, il y a des pays qui y parviennent avec des systèmes de quota. Il faut aussi réduire drastiquement les délais d'instruction du droit d'asile. Aujourd'hui, 80% des demandes de droit d'asile sont refusées. Cela dure un ou deux ans et pendant tout ce temps-là ces pauvres gens qui sont là, n'ont pas de papiers, ne peuvent pas travailler, se loger... Sur Schengen des améliorations très importantes sont à entreprendre.

@! - N'est-ce pas là une grande priorité que cette politique d'immigration,  à l'heure où le chômage est si important en Europe ?
A.J -
C'est une priorité et on sait très bien que ça passe aussi par une politique méditerranéenne et africaine de l'Europe, pour faire en sorte que ces gens trouvent du travail chez eux. On le fait, maladroitement. Il y a des cas où ça réussit. J'étais au Maroc ce week-end. C'est un pays qui avance, investit beaucoup. La France et d'autres sont très présents ; il y a un régime qui s'est ouvert petit à petit. Il n'y pas lieu de désespérer, car en Afrique des pays sont en train de décoller.

Alain Juppé maire de Bordeaux et président de la CUB

Ukraine: la preuve de l'attractivité de l'Europe

@! Face à la crise en Ukraine on a l'impression que l'Europe est impuissante ...
A. J. -
J'ai un petit espoir. J'ai écrit un blog à ce sujet :  « La nécessité de l'Europe ». Que s'est il passé au début de la crise ? Les trois ministres, polonais, français, allemands sont partis à Kiev. Cela a peut être évité le dérapage immédiat quand les gens manifestaient, place Maïdan à Kiev. Pourquoi ces gens sont fascinés par l'Europe ? Parce qu'ils veulent y entrer, parce que c'est une garantie de stabilité et qu'ils se disent : "ça nous protégera des velléités ou des volontés de la Russie". C'est la preuve de l'attractivité de l'Europe. Si elle avait pu persévérer dans cette voie ouverte, l'Europe aurait pu jouer un rôle important dans la résolution du conflit. Après, on a laissé tomber.

Je faisais le parallèle: quand il y a eu la crise géorgienne, là-aussi, l'armée russe menaçait d'arriver jusqu'à Tbilissi. « Sarko » est allé à Moscou, s'est installé dans le bureau de Poutine et a dit : "là, tu t'arrêtes". Certains considèrent que Poutine s'est arrêté quand il a eu envie de le faire... C'est une autre affaire, mais il y a un moment où cela a été fait. Cette fois non. C'est très compliqué parce qu'il va de soi qu'on ne va pas faire la guerre à la Russie. Mais il faut créer un rapport de forces qu'on n'a pas réussi à créer. Nous parlions de la question de l'énergie... La Russie n'est pas un pays en pleine forme ; elle a une démographie catastrophique, une espérance de vie très courte.

@! - N'est-elle pas tentée par un nationalisme panrusse ?
A. J. - Elle est plus que tentée. Poutine a redonné fierté aux russes parce qu'il leur a dit: "la Russie est à nouveau un grand pays". Son rêve c'est de reconstituer l'empire russe.

Avoir une monnaie stable c'est un atout

@ ! Vous qui défendez comme un impératif catégorique la poursuite de la construction européenne, comment suggérer-vous de s'adresser à ces français, nombreux, qui associent la situation du pays, l'austérité, à l'Europe et aux contraintes budgétaires qu'on nous impose ? Comment leur dire  que ce n'est pas en votant Front national aux européennes que l'Europe et la France iront mieux ?
A. J. -
C'est un travail très difficile, de pédagogie. Le jour où le chômage sera revenu à 7%, on sera crédible. Je ne peux pas vous dire quand ce sera. C'est très facile dans la situation actuelle qui est compliquée, de désigner un bouc émissaire : c'est Bruxelles. Il faut redire la vérité : ce n'est pas vrai que la crise soit le fait de l'Europe. Les « subprimes » ce n'est pas Bruxelles, c'est « Lehman Brothers » ; la crise des dettes souveraines en Europe, ce n'est pas non plus Bruxelles : c'est Athènes qui fait des bêtises. La crise des dettes souveraines c'est Dublin, c'est Athènes, c'est Madrid... c'est Paris. Redisons la vérité: ce n'est pas l'Europe qui est responsable de nos difficultés ; ce n'est pas l'Europe qui nous impose l'austérité : c'est le bon sens ! Les déficits qui s'accumulent, au fil des années, ce n'est pas viable, non parce que ça déplaît à Bruxelles mais parce que ça augmente indéfiniment notre dette, et qu'un de ces jours tout va s'effondrer.

Il faut montrer que l'Europe nous protège, que le fait d'avoir une monnaie stable est un atout. Exemple très frappant : M. Abe arrive Premier ministre, au Japon, et dit: "si nous avons des difficultés, si notre commerce extérieur se porte mal, c'est parce que le yen est trop fort. Je me bats avec la Banque centrale pour faire baisser le yen". Résultat: aujourd'hui, la croissance au japon n'a pas véritablement redémarré... et le déficit commercial du pays, au dernier trimestre, a atteint le plus haut niveau de son histoire. Ce qui prouve qu'il ne suffit pas de manipuler la monnaie pour résoudre les problèmes. Autre exemple, en sens inverse, la zone euro dans son ensemble avec l'euro comme monnaie est excédentaire. Et l'Allemagne avec le même euro que nous est largement excédentaire, parce qu'elle fabrique des produits compétitifs qui se vendent sur le marché mondial.

Il faut expliquer aux Français quelles seraient les conséquences d'une sortie de l'euro. Dans le langage du Front National, si on sort de l'euro, c'est pour avoir un franc faible. Cela veut dire que le franc va dévisser de 10 ou 15%... Conséquence: notre dette sera réévaluée d'autant car elle est en euros, le prix de l'essence augmentera d'autant, les taux d'intérêt ne resteront pas ce qu'ils sont parce que les marchés ne vont pas continuer à nous prêter aux mêmes taux...Tout cela ce serait un marché de dupes.

En France, je ne suis pas sûr que le Front National arrive en tête... On nous avait prédit une vague bleu marine aux municipales... elle n'a pas eu lieu. D'ailleurs, un sondage qui vient d'être fait dans la grande région sud est m'a beaucoup surpris: liste UMP conduite par Muselier 28%, liste FN par Le Pen 23%, liste PS-PRG par Peillon 13%. Alors...

 

Joël Aubert et Pierre Sauvey
Par Joël Aubert et Pierre Sauvey

Crédit Photo : aqui.fr

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Schrödinger | 10/05/2014

"Se battre contre ceux qui veulent démolir l'Europe". Certes. Il reste à définir qui sont ces derniers. Des nuances extrêmes du ciel politique français dont la stérilité des vociférations n'a d'égale que la vacuité de leur projet politique, ou la dominante d'un bleu rose de ces cieux qui reste incapable depuis plus d'un demi siècle de faire émerger une Europe basée sur le seul avoir au détriment de l'Être? Les convictions politiques restent nationales en Europe, seule la finance s'est émancipée de ces frontières. Pour que l'Europe gagne, il faut des leaders européens, des combats et des victoires européennes, un ciment européen. Qui suivrait de petits comptables en cols blancs issus de "grandes écoles" dont le seul projet est de normalisé la taille des cages destinées à l'aviculture....

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