![]() |
||
Et l'économie dans tout cela ? Quels sont les projets des deux têtes d'affiche de l'élection municipale bordelaise? A quoi pensent-ils? Qu'ont-ils dans leur carton? En un mot quelle est leur stratégie de développement pour créer des activités, de l'emploi à un moment où le sort de Ford inquiète au plus haut point et où une entreprise bordelaise comme Marie Brizard regarde vers d'autres cieux. Aqui! a posé toutes ces questions et quelques autres à Alain Juppé puis à Alain Rousset. Le maire de Bordeaux dont nous publions, ici, l'interview affiche sa détermination sur un terrain où son concurrent aime à cultiver sa différence.
@qui! : On entend dire et on dit, volontiers, qu’ Alain Juppé s’est occupé de Bordeaux, l’a réveillée mais qu' il ne s’est pas autant occupé qu’il aurait fallu de Bordeaux en Aquitaine, de l’Aquitaine même..
Alain Juppé : Un petit point d’histoire d’abord. Quand certains disent que je ne me suis pas assez occupé de la région je vous donne quelques contre-exemples.
Premier contre exemple : quel est le premier ministre qui a décidé de l’implantation définitive du Laser Mégajoule au Barp ? C’est, en décembre 1995, Alain Juppé. Deuxième contre-exemple: j’avais fait inscrire, toujours quand j’étais à Matignon, la réalisation de Bordeaux-Pau au schéma autoroutier national; c’était fait mi-97. Arrivent M. Jospin et son ministre des transports, M. Gayssot : on arrête Bordeaux-Pau parce qu’il ne faut plus faire d’autoroute ; résultat : on perd cinq ans. Aujourd’hui, ça y est, la concession est attribuée et on devrait démarrer les travaux dans les semaines qui viennent. Ils ont déjà démarré autour d’Aire sur l’Adour.
Troisième contre-exemple: la LGV Paris-Bordeaux-Espagne: quel est le CIADT, le Comité d’aménagement du territoire, qui a véritablement béni le projet et l’a lancé ? C’est un Comité qui s’est tenu à Poitiers sous la présidence de Jean-Pierre Raffarin: j’étais présent et le premier ministre a bien insisté sur le rôle que j’avais joué. Tout cela pour dire qu’il n’est pas exact que je n’ai pas pesé, de tout mon poids, pour accélérer les choses. Je vous rappelle que j’avais fait scandale en disant, en 1995, quand j’ai été élu : l’Aquitaine a trente ans de retard en matière d’infrastructures.
LGV Bordeaux-Angoulême: mon appel au gouvernement
@! : Sur La LGV vous pensez que l’on tiendra le calendrier ?
A.J. : Je suis inquiet et je viens de lancer un appel au gouvernement. On a choisi les trois entreprises qui vont être consultées pour Angoulême Bordeaux :Bouygues, Eiffage, Vinci. Il faut lancer la consultation ; or ça traîne. Et j’ai des raisons de penser qu’il y a un arbitrage, à Matignon, un peu difficile. D’abord, parce qu’il y a un conflit entre RFF et SNCF sur le montant des péages. La SNCF ne veut pas payer le péage élevé pour garder des marges considérables. La SNCF a 27% de marges sur le trafic TGV et RFF veut avoir un péage élevé pour baisser la part des collectivités publiques dans le financement de l’opération. Et, il y a un deuxième blocage, c’est le désaccord entre les collectivités territoriales de Poitou-Charentes.
@! : La présidente, notamment ne veut pas concourir au financement…
A.J. : Pour être tout à fait objectif il y a aussi des présidents de conseils généraux de mes amis, en Charente-Maritime par exemple, qui ne veulent pas non plus. Et c’est pour cela que j’ai lancé cet appel vigoureux au gouvernement, en l’occurrence à Dominique Bussereau, le secrétaire d’Etat aux transports.
La rocade à 3 voies : trouver 200 millions
@! : A l’heure où le trafic poids lourds ne cesse de croître, tandis que le grand contournement est abandonné, comment se fait-il, qu’à ce jour, on n’ait toujours pas réussi à réaliser une deux fois trois voies dans la traversée des Landes ?
A.J. : La deux fois trois voies dans les Landes, ce n’est pas un problème Juppé ; c’est un problème Emmanuelli. Pour ma part, il y a un dossier sur lequel je me suis beaucoup investi; c’est celui de la rocade à deux fois trois voies. Et comme je l’ai rappelé, ces jours-ci, en présence de Michel Sainte-Marie, le maire de Mérignac qui opinait, c’est moi qui ai obtenu de Dominique de Villepin, il y a un un peu plus d’un an, 32 millions d’euros pour commencer à amorcer les travaux. Et s’ils vont débuter, sur la bande d’arrêt d’urgence à Mérignac, contribuant à fluidifier l’accès aux échangeurs cela résulte de cette décision. Il faut passer à la phase ultérieure et trouver 200 millions d’’euros pour réaliser la mise à deux fois trois voies, entre la sortie vers Bayonne et le Pont d’Aquitaine.
Le grand contournement: pourquoi il faut choisir le ferroviaire
@! : Autre dossier d’importance après le renoncement à la réalisation d’un grand contournement autoroutier de Bordeaux, le développement du trafic ferroviaire de fret.
A.J. : A ma surprise, le monde du vin et de l’entreprise me disent maintenant : il faut le grand contournement. Je leurs dis : bravo ! Donnez moi le tracé. Sur ce dossier, j’ai évolué. Incontestablement. D’abord, pour des raisons urbanistiques: il y avait quand même un grand risque, au fur et à mesure que le projet a évolué, que ça ne ça ne devienne une super rocade de Bordeaux avec tous les risques d’étalement urbain. Ensuite, il y a la dimension écologique : il faut absolument arriver à inverser la tendance et réussir un transfert modal de la route sur le rail. Pour ça, il faut s’en donner les moyens. Le premier d’entre eux, c’est la taxe poids lourds. Mme KociusKo-Morizet, lorsqu’elle est venue, ici, il y a quelques jours a dit que le gouvernement allait le faire. Et, à ma grande surprise, dans une réunion une représentante d’une entreprise de logistique m’a dit: on est prêts sous certaines conditions, par exemple traiter différemment le trafic interrégional et le trafic international.
Les Allemands viennent de le faire, et tout le trafic de l’Allemagne passe par l’Alsace. Il faut absolument faire une taxe poids lourds et, en même temps, prendre des mesures pour que la SNCF assume sa responsabilité en matière de fret ferroviaire. Et si elle ne le fait pas, peut-être que la concurrence nous y aidera; peut être que les chemins de fer allemands ou anglais vont s’y mettre. il faut faire une autoroute ferroviaire sur la côte atlantique, ça fait partie du Grenelle de l’Environnement. J’ajoute : pensons à un grand contournement ferroviaire, ce qui est une idée que RFF a lancée pour désengorger la gare Saint-Jean du trafic fret qui n’a rien à y faire.
Mon grand projet Euratlantique
@! : Et la traversée centrale des Pyrénées dont on parle toujours et pour laquelle Bruxelles finance des études ?
A.J. : Je suis un peu sceptique. Je pense que la priorité c’est la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, Hendaye et l’Y basque Les gens des Pyrénées-Atlantiques se sont mis d’accord ; il faut absolument pousser ce projet. Les Espagnols avancent. A échéance de 15-20 ans Bordeaux sera au centre d’une toile de TGV extraordinaire : à 2 heures de Paris, 1 heure de Toulouse, 1heure et demie de Bilbao et 3h1/2 de Madrid : le Bordeaux enclavé, adossé aux Pyrénées, cul de sac, c’est fini. D’où mon grand projet, que j’appelle maintenant « Euratlantique ». C’est à dire le grand centre d’affaires européen, autour de la gare.
@! : Comment le définissez-vous, aujourd’hui ?
A.J. : Nous avons beaucoup avancé depuis deux ans. J’ai demandé, à plusieurs reprises, que le comité de pilotage se réunisse. Pour lancer le mouvement, la ville a sollicité une étude en s’adressant au bureau TGT. Nous avons fait un accord avec la Communauté Urbaine de Bordeaux ; elle a participé au financement. Donc, on a eu un premier débroussaillage. Ensuite, la CUB s’est un peu réveillée et a lancé ses propres études. L’agence d’urbanisme, « A-urba » a fait les siennes. La CUB s’est adressée à Ernst and Young pour valider la faisabilité économique du projet. Nous avons eu le rendu il y a un mois. La réponse est oui. Ernst and Young a consulté les investisseurs potentiels, les opérateurs. Ils répondent : « oui, il y a place à Bordeaux pour un centre d ’affaires de tertiaire supérieur de 200 à 250.000 m2 avec un potentiel de 10 à 15.000 emplois. Voilà : maintenant il faut mettre toutes ses études en cohérence, y compris avec la ville de Bègles. Il y a, également, l’agrandissement possible de la gare. Ce projet est donc considérable et compliqué, mais pas plus compliqué que « La Pardieu » à Lyon ou « Euralille » ou « Euroméditerrannée ». Et moi, ce qui me soucie, maintenant, c’est le mode opératoire.
Se mettre d'accord dès les élections passées
@! : C’est à dire comment faire avancer ce projet ?
A.J. : Ìl faut qu‘on monte une structure qui lui soit dédiée. J’avais suggéré, et je suis prêt à en discuter, que l’on en fasse une « OIN », une Opération d’Intérêt National. C’est ce qui a été fait à Marseille avec EuroMediterranée. C’est un établissement public dans lequel l’Etat reprend, certes, un peu la main puisque c’est lui qui délivre, par exemple, les permis de construire. Vincent Feltesse, le président de la CUB, à qui j’en ai parlé, n’y est pas fondamentalement hostile. L’autre solution, c’est une société d’économie mixte d’aménagement, comme Lyon l’a fait pour aménager ses grands terrains qui s’appellent Confluences.
Il faut, dès les élections passées, qu’on se mettre d’accord sur le mode opératoire. Dans l’immédiat, j’ai convaincu Feltesse qui d’ailleurs m’avait fait récemment une proposition en ce sens. Il faut nommer un patron, un pilote. Un chef de projet qui soit une grosse pointure; type ingénieur des Ponts ou un Préfet qui ait l’habitude des ses opérations d’aménagement. Nous allons saisir, Feltesse et moi, Jean-Louis Borloo pour que l’on désigne quelqu’un qui ait une expérience opérationnelle; il sera le chef de projet. Parce que si nous voulons traiter ce dossier en régie, avec les services de la CUB, on n’y arrivera pas . Ce n’est pas qu’ils ne sont pas bons; ils sont absolument surchargés. Ils n y arriveront pas.
@! : Vous voulez donc incarner le projet.
A. J. : Absolument ; il nous faut un Monsieur ou une Madame « Euratlantique ».
On ne parle jamais des emplois de centres d'appels
@! : Quand, par ailleurs, vous considérez la situation de Ford à Blanquefort, une grande entreprise internationale, mais aussi celle d’une PME historique de Bordeaux comme Marie Brizard,qui délocalise son siège social, est ce que vous diriez que c’est la fin de l’industrie dans l’agglomération ?
A.J. : Non je ne dirais pas cela, mais il s’est passé quelque chose depuis les années 70, le temps de Chaban. Cela s’appelle la mondialisation et ça change tout. A part Toyota à Valenciennes, il y a quelques années, qui fut un coup sans répétition, les grandes implantations de l’industrie traditionnelle ne sont plus le levier de développement. Ce n’est pas la peine de fantasmer sur une autre implantation du type Ford, mais je ne dis pas pour autant qu’il faut fermer l’usine actuelle. Il faut trouver autre chose; et c’est, évidemment, l’innovation, la recherche, les technologies innovantes, l’économie créative. Telle est la vocation de Bordeaux intra-muros et de l’agglomération bordelaise. C’est cette carte qu’il faut jouer. Ce ne sont pas toujours des emplois de haut niveau ; je pense en particulier aux centres d’appels. Mais ils sont bien là.
On se lamente, non sans raison, parce qu’il y a 2 à 3000 emplois qui risquent de disparaître mais on ne parle jamais des 3000 à 4000 emplois de centre d’appels qui se sont installés à Bordeaux depuis 10 ans. Nous avons, par exemple, Laser Contact sur les quais que je viens de visiter; il y a 300 emplois sur 1800m2 et ils sont prêts à augmenter leur effectif de 50% sur le site et à créer 150 emplois supplémentaires. C’est plutôt dans ces eaux-là qu’il faut travailler et améliorer l’accessibilité de la ville en complément de l’aéroport du port des infrastructures qui y arrivent.
Accueil aux entreprises: boostons le BRA
@! : Justement, les entreprises comment faciliter leur venue ?
A.J. : D’abord il faut une structure d’accueil et nous l’avons pour accueillir les PME. Nous disposons du Bureau de Recherche et d’Accueil, le BRA. J’ai été un peu sévère avec cet organisme et son directeur, M.Ghilardi de Benedetti, je lui ai dit naguère. Je le suis moins, aujourd’hui, car les entreprises qui arrivent à bordeaux me disent : c’est formidable on a un vrai guichet unique. Donc il faut « booster » le BRA; j’étais très inquiet quand j’ai vu que la Chambre de Commerce et d’industrie de Bordeaux commençait à vouloir s’en désengager. Heureusement, elle a fait marche arrière. Ensuite il faut des sites d’accueil; aujourd’hui nous en manquons. Pour les activités innovantes, les activités de tertiaire supérieur.
@! : Alain Rousset faisait remarquer, il y a peu, que des sites étaient occupés par de l’immobilier dont la nécessité ne semblait pas évidente...
A.J. : Où ? C’est sidérant ; j’ai réuni les professionnels de l’immobilier d’entreprise il y a un mois. Une vingtaine ; ils font remarquer qu’aujourd’hui quand on veut trouver 2.000 à 3000m2 de bureaux, il en manque. Kalisto a disparu mais il y a beaucoup de jeunes qui y travaillaient qui ont crée leur entreprise. J’ai visité, à la Cité Mondiale, une entreprise qui fait des jeux vidéo ; ils sont 50 ingénieurs de haut niveau. C’est ça les bureaux dont parle M. Rousset ? Et ces promoteurs de l’économie d’entreprise me disaient : « on n ‘a plus de bureaux. » Aujourd’hui, on perd des implantations qui partent à St Médard en Jalles ,à Nantes ou à Marseille parce qu’on n’est pas capable de les accueillir.
@! : Comment remédier alors à cette situation?
A.J. : J’ai des propositions à faire :
- Premièrement, lancer Euratlantique. Dans les 4 à 5 ans qui viennent on peut y faire une première tranche de 30 à 40.000m2.
- Deuxièmement, débloquer les opérations d’aménagement : toutes les opérations d’aménagement urbain n’ont hélas pas bougé d’un mètre depuis 2004, du fait de l’incapacité des dirigeants de la Communauté Urbaine à prendre des décisions. Il y en a 5 ou 6, majeures, où on va construire des milliers de logements. La Berge du Lac prête à démarrer: on me bloque çà depuis six mois, parce qu’il y a 5000 m2 de commerce trop, parce que ça coûte 500.000 euros de trop. Il faut débloquer cette opération. Il va y avoir un test: est-ce que la création de cette Zone d’Aménagement Concertée, cette ZAC, va passer au Conseil de Communauté Urbaine de février ? Ce sera un test de la volonté de la CUB de faire avancer les choses. La ZAC de Blanquefort, elle, est sortie : pourquoi pas celle du Lac ? Quant au bassins à flot j’ai accepté que l’on réduise la taille de la ZAC.
.La troisième opération à lancer c’est Bastide-Niel : 280.000m2 de surface négociée au couteau avec l’Etat. Il a fallu que j’aille jusque dans le bureau de Villepin pour lui dire : « nous ne paierons pas 200 euros le m2. Il faut que vous nous vendiez cela à un prix qui permette de faire du logement social. » J’ai gagné puisqu’on est descendu à 100 euros.
Je n’oublie pas, non plus, La Benauge et tout le quartier autour de la gare. J’ai évoqué le projet Euratlantique mais il y a aussi l‘îlot d’Armagnac. Tout ça, c’est pratiquement 10.000 logements. Et c’est la seule façon dont on pourra se mettre en conformité avec la loi SRU ; il faut au moins créer un tiers de logements sociaux, c’est à dire 3500. Il faut que ces quartiers soient, non seulement des quartiers de mixité sociale mais aussi des quartiers de mixité fonctionnelle; que l’on y trouve emplois et logements. Dans ces quartiers, il faut prévoir des mètres carrés d’activité ; le cas échéant celles-ci peuvent être, aussi, de caractère industriel comme c’est le cas avec les activités nautiques au Bassins à flots.
Ma "Garonne Valley"...
@! : Et les quais ? Et l’ancien quartier des Chartrons, du négoce ?
A.J. : Ce site c’est presque ma « Garonne Valley » : entre les Hangars des quais et la galerie des Chartrons. Là, on a presque 10.000 m2 qui peuvent servir d’accueil dans les prochains mois à des PMI innovantes, aux entreprises des TIC. Entre la rue du Faubourg des arts et les quais, dans les anciens chais Deluze, où je voulais faire le centre du vin que je n’ai pas pu faire, il y a 8.000m2 prêts à démarrer. Clés en main. On a dans le collimateur une résidence hotelière et un centre d’appels. Et c’est surtout, là, que je veux faire une pépinière d’entreprises. Les locaux sont extraordinaires, ils sont prêts ; ce sont des cellules bien desservies et qui donnent sur une galerie magnifique. La Chambre de commerce est prête à m’accompagner. Je vais donc lancer la réalisation d’une pépinière dédiée aux technologies de l’information, du développement durable.
@! : Est-ce à dire que ce quartier, après une orientation commerciale sur les quais notamment, doit connaître une mutation ?
A.J. : Vous savez, dans les hangars des quais on a commis quelques erreurs, au départ. Et notamment, j’avais fixé une règle, qui voulait que la majorité de ces locaux soient occupés par des commerces. On a vu que la première vague a échoué. Peut être que l’opérateur n’était pas bon. Mais on me dit, aussi, que dans les commerces, les premiers étages, ça ne marche pas. Et, donc il faut garder les commerces au rez de chaussée et faire, des étages de ces hangars, des locaux d’activité. C’est ce que nous allons essayer de faire avec l’extension, en particulier, de Laser Contact, qui devrait, là, s’étendre sur 1500 m2. Vous voyez qu’il y a beaucoup de locaux. Il faut aussi renforcer les sites existants. La zone franche a encore de la place.
On étend Bordeaux Nord au delà de ses limites habituelles. Il y a évidemment Bordeaux-Lac, avec des clubs d’entreprises, très vigoureux. Il y a 10 000 emplois dans ce secteur : le club d’entreprises de Bordeaux lac, de Bordeaux Nord et le club d’entreprises de la ZFU sont des entreprises partenaires, pour nous extrêmement efficaces.
Le commerce du centre se porte bien...
@! : Et le commerce de l’hyper centre et du centre ? Il a beaucoup souffert des grands travaux…
A.J. : Je vais vous surprendre par une affirmation qui sera évidemment contestée. Il se porte bien.
@! : Pourtant nombre de commerces ont disparu
A.J. : Evidemment. Et c’est vrai que le tramway aboutit à des modifications structurelles. Un gestionnaire de chez Mc Do, qui s’occupe de plusieurs succursales Mc do à Bordeaux, me dit du Mc Do du centre ville qu’il progresse à une vitesse fantastique depuis qu’il y a le tramway. Mais simultanément, Vuitton n’a pas disparu, ni même Hermès. Vuitton est venu s’installer sur le cours de l’Intendance. Donc, globalement le commerce de centre ville ne se porte pas si mal. On a une spécificité extraordinaire à Bordeaux, que personne ne connaît. C’est que par rapport à la population de la ville centre le pourcentage du chiffre d’affaires commercial est beaucoup plus important qu’à Toulouse ou à Nantes (36% contre 30% et 22%)
Deuxième élément qui montre que le centre ville ne va pas si mal : C’est le boom touristique. Je vais vous donner quelque chose moi qui me ravit. Il y a eu une enquête commandée par le département, enquête de conjoncture sur la saison d’été 2007 en Gironde et appréciation de la fréquentation sur l’ensemble du département. Vous avez pour Bordeaux et agglomération 100 % entre ceux qui sont satisfaits et très satisfaits. 100% des commerces de Bordeaux qui disent : « on a fait une bonne saison, une très bonne saison. » C’est du jamais vu. Ca compte et ça a des retombées sur le commerce de centre ville.
@! : Est-ce que, paradoxalement, l’existence du tramway n’est pas susceptible, à terme, de fragiliser le commerce du centre. On sait qu’il y a un développement commercial extrême sur l’agglomération et à la périphérie. Bordeaux a retrouvé des habitants, 15.000, mais la périphérie également.
A.J. : C’est vrai que ce commerce reste fragile mais c’est bien pour ça qu’il il ne faut pas que vous vous mépreniez sur ce que j’ai dit. Ce commerce, il faut, non pas le protéger, ce n’est pas le bon mot. Mais il faut l’encourager. Donc, moi je suis résolument hostile à la construction de nouveaux hyper centres de périphéries. C’est pour ça que je ne veux pas de 50 000 m2 de commerces à Floirac, comme je n’en veux pas, d’ailleurs, au Lac. C’est pour ça qu’il faut maintenir ce gel. J’espère que la commission Attali n’aboutira pas à démanteler la CDEC, la Commission départementale d’Equipement Commercial, et tout ce qui va avec. Et d’autre part, il faut soutenir les initiatives du commerce de centre ville. On a la chance d’avoir des associations dynamiques, la Ronde des quartiers, la Fédération Bordeaux Centre Ville. Nous sommes prêts à regarder tout ce qui est animation et attraction du centre ville. Et, là, on a vraiment une richesse tout à fait importante.
Propos recueillis par Joël Aubert avec le concours de Charlotte Lazimi.
Photos Aqui!: Grégoire Grange
Déjà parus sur Aqui.fr...
Elections régionales : Alain Rousset lance un concours photos « Des rubans en Aquitaine » 03/03/10
Le préfet de Gironde lance un état des lieux des digues après la tempête Xynthia 02/03/10
Le Lot-et-Garonnais Jérôme Cahuzac, nouveau président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale 24/02/10
Portrait d'un ex militant socialiste qui a rejoint Europe Ecologie pour les élections régionales en Aquitaine 24/02/10
Elections régionales : Le PS dénonce les annonces de Xavier Darcos aux sylviculteurs 23/02/10
Dans le Lot-et-Garonne, des élus créent une association contre la LGV 22/02/10
A Talence, François Bayrou demande à ses têtes de listes de rester indépendants au second tour des élections régionales 19/02/10
Le collège expérimental Clisthène ouvre le bal des observations pour un futur colloque sur le temps scolaire 19/02/10
Alain Rousset Martin Malvy : quand Aquitaine et Midi-Pyrénées font campagne commune 18/02/10
L'Etat se préoccupe de la situation financière de certains conseils généraux 17/02/10
Elections régionales en Aquitaine, 11 listes ont été déposées 16/02/10
Régionales: Alain Rousset ouvre le dialogue avec les étudiants à la cafet' universitaire Le Forum 16/02/10
Polémique : Noël Mamère répond à Naïma Charaï 15/02/10
Interview: Marie-Hélène des Esgaulx sénateur UMP de la Gironde: « Le problème du conseiller territorial est son mode de scrutin » 11/02/10
Régionales: Alain Rousset : "un programme pour une Aquitaine qui innove et qui protège" 09/02/10
Régionales : Jean Lassalle présente sa liste d'une « Aquitaine proche de ses territoires » pour le Modem 09/02/10
"Le miroir aux alouettes" : une campagne des régionales ronronnante 08/02/10
Analyse: le nouveau conseiller territorial, la consécration du système notabiliaire à la française 05/02/10
Régionales : François Fillon vient apporter son soutien à Xavier Darcos 05/02/10
Les élus landais contre la réforme territoriale, pour la démocratie locale 03/02/10
PS : Régionales : les propositions de Jean-Pierre Raynaud pour une politique alimentaire agricole et rurale, durable pour l'Aquitaine 01/02/10
Un Alain Rousset très offensif au meeting régional de Bordeaux 31/01/10
Jean Lassalle, le « candidat du peuple » à la rencontre des étudiants 31/01/10
"Ni Putes Ni Soumises" : rencontre avec Alain Rousset ou quand le débat sur la burqa gagne l'Aquitaine 29/01/10
Rousset-Darcos devant les étudiants de l'IEP de Bordeaux : la familiarité n'interdit pas les désaccords 29/01/10
"Quelques jours de la vie d'une femme politique en pleine mutation" aurait pu compléter le titre du documentaire de Luc Decaster, "État d'élue", diffusé depuis le 1er mars, à l'Utopia. Maire de Bougueney, près de Nantes (mandat dont elle démissionne pendant le film), conseillère générale de Loire-Atlantique, Françoise Verchère est une élue que l'on suit, pas-à-pas, à un moment charnière de son existence. Entre missions et interrogations, convictions et désillusions, le spectateur assiste à l'évolution d'une femme, résolument engagée à gauche, qui s'est efforcée de ne jamais vendre son âme à la compromission. Et l'occasion, ce jeudi 11 mars, en arrière fond d'une campagne électorale loin de déchaîner les passions, de partager avec elle sur l'état d'être et de faire d'un(e) édile au service de ses concitoyens.
12/03/2010
Lundi, un épicier de la région bordelaise proposera une réduction de 5% à tous ses clients qui auront été voter dimanche lors du premier tour des élections régionales. Une manière citoyenne de lutter contre l'abstention.
12/03/2010
Née un jour de victoire, le 8 mai 1945, elle deviendra juge durant l'année 1968. Étudiante militante jusqu'au bout des ongles, Jeune mère de famille, Simone Gaboriau réussit le concours avec à l'esprit un idéal de justice. Cette même année, elle voit naître le syndicat de la magistrature, dont elle deviendra présidente de 1982 à 1986. Elle sera la première femme présidente nationale. Simone Gaboriau était déjà devenue la première femme juge d'instruction de Bordeaux, dans les affaires de vignobles, chez ces familles bien enracinées.
C'est en Aquitaine, en deuxième position sur la liste du Front de gauche, que cette femme indépendante de tout parti politique se présente.
12/03/2010
Si l'on en croit le sondage réalisé par l'Ifop, le président sortant PS du Conseil Régional d'Aquitaine Alain Rousset arriverait en tête (31%) au premier tour des élections régionales, devant la liste UMP conduite par le ministre du Travail Xavier Darcos (24%). Crédité de 12% devant Europe écologie et le Front de gauche, le centriste Jean Lassalle (MoDem) arriverait en 3ème position et créerait la surprise. Rencontre avec un personnage quelque peu atypique de la vie politique aquitaine.
11/03/2010
Conseillère régionale sortante, Monique de Marco mène campagne à la tête d'Europe Ecologie Aquitaine sans se départir d'une ligne intransigeante à l'égard de la liste socialiste menée par le président sortant Alain Rousset, à la majorité duquel, participait les Verts depuis 2004. Il était donc important qu'elle explicite cette position en répondant à nos questions.
11/03/2010
Ce 10 mars, Gérard Boulanger, tête de liste du Front de gauche en Aquitaine, a organisé un point presse à Bègles pour faire le bilan de sa campagne et évoqué ses propositions. Optimiste à quelques jours du scrutin, il rappelle que "le seul vote utile pour le premier tour, c'est le Front de gauche". Aux dernières élections européennes, le parti de Jean-Luc Mélenchon avait réalisé un score de 7,48% en Aquitaine. Un score qu'il entend bien dépasser dimanche.
10/03/2010
Petite fille de la banlieue sud de Paris, Elise Igounet est très tôt sensible aux inégalités sociales et aux déterminismes familiaux. Pas seulement parce qu'elle habite en banlieue, mais parce qu'elle est la fille de la directrice de l'école, celle que les autres enfants regardent différemment... Ces questions sociales la marquent au point qu'elle en fera son métier, et le leitmotiv de son engagement politique. Désormais éducatrice spécialisée, Elise Igounet, 28 ans, maman de 2 enfants, est aussi la dynamique Présidente des jeunes démocrates en Lot-et-Garonne, candidate n°6 sur la Liste Modem du même département pour les élections régionales.
10/03/2010
Candidat malheureux aux élections régionales en Aquitaine en 2004, le ministre du Travail, Xavier Darcos, est encore une fois le principal rival d'Alain Rousset, le président socialiste sortant. Bien que placé en deuxième position dans les sondages dès le premier tour, le candidat UMP garde espoir de l'emporter, notamment au regard des tensions actuelles entre le PS et Europe écologie. Aqui! lui donne la parole.
10/03/2010
Ce mardi 9 mars, Alain Rousset, le président (PS) sortant du Conseil régional d'Aquitaine a tenu une conférence de presse dans sa permanence à Bordeaux pour "faire le point sur la campagne". Il a répondu aux critiques de ses opposants, pointé du doigt le "désengagement de l'Etat", mais aussi et surtout fait état de ses projets pour l'Aquitaine, estimant que sa réélection ne fait guère de doute.
09/03/2010
Sur son blog, le 7 mars, Alain Juppé, le maire UMP de Bordeaux appelle à ne pas "briser l'élan" des changements engagés lors du Grenelle de l'Environnement. Il déplore que "les vents mauvais du doute se soient levés sur le développement durable". Des déclarations qui font écho aux propos de Nicolas Sarkozy au salon de l'agriculture. Encore une fois, l'ancien Premier ministre critique donc publiquement le chef de l'Etat.
09/03/2010
Amoureuse des taureaux ou taureau elle-même, Eurydice Bled fonce dans tous les chiffons rouges. Elle déclare « je suis verte ! » , avec l'accent des vieux briscards du PCF, elle qui est conseillère municipale à Pau. Son mentor, l'ancien maire de Mourenx, André Cazetien est un rouge devenu vert. De la lutte pour l'homme à la défense de la planète, le combat est toujours dans le coeur militant. A 21 ans, Eurydice Bled est une idéaliste. Absolument moderne.
09/03/2010
Ce lundi 8 mars, à Mont-de-Marsan, les agriculteurs en colère manifestaient en nombre derrière les camions et les canons d'irrigations. Aussi, symboliquement, ils tendaient des arrosoirs, leur futur outil de travail. La politique de restriction imposée aux agriculteurs irrigants menacerait, selon leurs calculs, 5600 à 8400 emplois.
09/03/2010
De plus en plus, une campagne électorale se limite au commentaire des sondages d'opinion. Le procédé n'est pas sans danger : il fait passer au second plan la question du projet politique des différents candidats et réduisent leur programme à des pourcentages. Mais surtout, un sondage n'est en rien représentatif de « l'opinion » réelle : les indécis ou les « sans opinion » ne sont pas pris en compte. Pourtant majoritaires quand ils sont interrogés, ils risquent de se décourager et de laisser le scrutin se jouer sans eux.
08/03/2010
Président sortant du Conseil régional, Alain Rousset se présente aux suffrages des Aquitains avec l'ambition, s'il est élu, de faire d'une politique en faveur de la jeunesse la priorité des priorités de son action. Attaqué par Europe Ecologie Aquitaine, à propos de la Ligne à Grande Vitesse, il souligne la contradiction qui existe, à ses yeux, dans une attitude qu'il résume ainsi: d'accord jusqu'à Bordeaux mais pas après Bordeaux. Enfin, il dénonce vigoureusement un projet de réforme territoriale qui recentralise les pouvoirs.
08/03/2010
Récemment encartée chez les Verts, elle est déjà propulsée candidate en deuxième position sur une liste départementale d'Europe Ecologie. C'est une chose, pour dire vrai, à laquelle elle ne s'attendait pas vraiment... Mais, dans la continuité de ses nombreux engagements militants et « pour la défense du Pays Basque à la Région », elle est tout à fait prête à assumer ce nouveau rôle, même si son métier d'enseignante l'a un peu fait hésiter. Cette femme à la voix douce et aux yeux clairs, c'est Alice Leiciagueçahar, n°2 derrière David Grosclaude sur la liste Europe Ecologie des Pyrénées-Atlantiques.
05/03/2010
A l'approche du premier tour des élections régionales en Aquitaine, Aqui!fr a décidé de donner la parole à toutes les têtes de listes des différents partis en présence. Rencontre avec Jacques Colombier du Front national qui siège depuis vingt quatre ans à la Région.
02/03/2010
Alors que le taux de chômage vient d'atteindre les 10% ce jeudi 4 mars en France et qu'un million de chômeurs seront en fin de droits cette année, Alain Rousset, le président PS du Conseil régional d'Aquitaine, a décidé de faire une conférence de presse pour évoquer ses projets en termes de formation pour développer l'emploi dans la région. Des entrepreneurs l'ont accompagné pour témoigner de l'importance de la formation pour l'avenir de notre économie.
04/03/2010
Ce mardi 2 mars, Alain Rousset, exposait aux journalistes ainsi qu'à un certain nombre d'acteurs aquitains du numérique, sa vision de l'« Aquitaine numérique » de demain. Organisé en 10 points principaux, ce programme s'articule autour de la conviction du candidat que « le numérique est une condition indispensable au développement économique, à la société de la connaissance, à la préservation du patrimoine ainsi que de la croissance verte». Focus sur quelques unes des mesures proposées.
03/03/2010
"La fragilité et le flou du plan de reprise font planer de lourdes interrogations sur le maintien des 1 600 emplois de l'ancien site de Ford, repris par First", relève Jean Lassalle, tête de liste du MoDem en Aquitaine. Pour y remédier, le candidat propose une entrée conjointe de la Région et du Fonds stratégique d'investissement (FSI)et du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) dans le capital de l'entreprise.
02/03/2010
Dans sa maison au milieu des vignes, Chantal Séguillon parle par métaphores, pratique la peinture et cuisine à la cheminée, « à l'ancienne », dans les cocottes en fonte de la grand-mère périgourdine. Aucun doute, la colistière n°24 d'Alain Rousset, est une femme de terroir...et de caractère ! « Je me bats pour ceux qui n'osent pas. Elue ou pas, je continuerai ». La viticultrice du Château Maine Reynaud est une battante. Une de celles et ceux à qui la vie n'a pas appris autre chose. « Si on veut quelque chose, à force de travail, de volonté et d'un peu de courage, on peut y parvenir ». Retour sur son parcours.
02/03/2010
Charles Darwin aurait vraisemblablement aimé le projet bordelais qui porte son nom. Innovant, créatif, visionnaire, pragmatique, voire déstabilisant, le projet Darwin est un projet privé dont les initiateurs aiment à dire de lui qu'il est "évolutionnaire". Centré sur l'éco-innovation, mix d'économie créative et de développement soutenable, il avait tout pour plaire à Monique de Marco, tête de liste Europe Ecologie Aquitaine aux Régionales. Situé rive-droite, sur la friche militaire Niel, en bordure de Garonne, le lieu abrite les colossaux bâtiments des anciens magasins généraux. Laissés à l'abandon depuis 2003, ceux-ci subissent, jour après jour, les intempéries et ne gardent plus, en leurs murs, que les traces des squatteurs et des graffeurs. Embarquement immédiat et visite guidée d'un lieu extra-ordinaire s'inscrivant dans le cadre d'une journée qui ne l'était pas moins pour l'élue verte.
27/02/2010
Si l'on en croit le sondage réalisé cette semaine par Ifop, le président sortant PS du Conseil Régional d'Aquitaine Alain Rousset arriverait en tête (31%) au premier tour des élections régionales, devant la liste UMP conduite par le ministre du Travail Xavier Darcos (24%). Mais, entre les deux tours, les tractations seront nombreuses et cruciales. Alain Rousset fera-t-il alliance avec Europe écologie, et/ou le Front de gauche, porté par une dynamique unitaire ? Selon le sondage, ce parti, porté par l'avocat bordelais, Gérard Boulanger, connu pour ses engagements en faveur des droits de l'homme, est crédité de 7% au premier tour, derrière Europe écologie, qui fait 11%. Récemment créé, le Front de gauche veut "rénover" la politique et "replacer" la gauche à gauche. Aqui! donne la parole à son chef de file en Aquitaine, Gérard Boulanger, comme il le fera pour chaque autre candidat tête de liste.
27/02/2010
Alors qu'il est si souvent question de parité, d'inquiétude notamment si la future loi électorale "territoriale" consacrait le choix du scrutin uninominal à un tour, l'élection régionale des 14 et 21 mars confirme l'intérêt grandissant des femmes pour l'engagement au service de l'action publique. Aqui.fr commence donc, avec Alexandra Siarri qui fait tandem en Gironde avec Xavier Darcos, une série de "portraits de femmes en campagne" qui permettra de découvrir que derrière les étiquettes qu'elles portent ou qu'on leur colle, une génération de femmes s'apprête à renouveler le paysage politique régional.
25/02/2010