Politique | Jean-Christophe Cambadélis : "la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, un accident industriel"
13/10/2010 |
Ce mercredi 13 octobre, Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris et secrétaire national à l'Europe et à l'international, est venu à Bordeaux présenter son dernier livre : "Dis moi où sont les fleurs", un essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Très critique à l'égard de l'action de notre président de la République, il explique les raisons de son "échec". Un ouvrage qui arrive au moment, où la France s'apprête à prendre la présidence du G20.
"Nicolas Sarkozy voulait faire de l'international son point fort pour sa réélection, c'est raté", lance Jean-Christophe Cambadélis. "On est éberlués par sa speed diplomatie. C'est une succession de coups, sans cohérence", dénonce-t-il. Dans son livre, "Dis-moi où sont les fleurs ?", en référence à une chanson de Marlène Dietrich, il met en cause "l'illisibilité" de la politique internationale du chef de l'Etat. Pour lui, c'est une politique "anxiogène", qui a privé la France de tout allié dans le monde. "Il s'est fâché avec l'Anglettere, avec l'Allemagne, avec la Chine... On est dans un face à face avec les Allemands en oubliant le reste du monde". Le problème, selon le député de Paris, est que Nicolas Sarkozy est dans un "pragmatisme mal éclairé". "Il est trop pressé et veut que ça rapporte tout de suite", lâche-t-il, lui reprochant son "manque de vision". Pour le secrétaire national à l'Europe et à l'international, l'une des erreurs de Nicolas Sarkozy est d'avoir perçu le monde occidental comme un simple prolongement de la France. "Il a pensé qu'il était en position de force, car Angela Merkel devait composer avec une coalition en Allemagne, que le premier ministre espagnol Zapatero a échoué en Amérique Latine... A cela, sont venus s'ajouter des éléments conjoncturels, comme l'arrivée d'Obama au pouvoir (Nicolas Sarkozy s'était rapproché de Bush) et la crise financière a fini de montrer la fin de la prédominance du monde occidental et des USA sur lesquels le président de la République avait tout misé.
"L'hyperprésidence a tué la parole de la France"
"L'hyperprésidence a tué la parole de la France. Nicolas Sarkozy est partout et nulle part, avec lui, c'est beaucoup de virages, beaucoup de zigzags et pas d'explication", analyse Jean-Christophe Cambadélis, qui déplore notamment l'engagement français en Afghanistan, "alors que notre présence serait plus utile en Afrique". Pour lui, "il y a un vrai accident industriel. On a un président qui ne s'intéresse pas à la politique internationale". A l'évidence, le couple franco-allemand, ciment de l'Union Européenne, ne fonctionne plus. L'affaires des Roms a également détérioré l'image de la France à l'étranger. Alors, que faire pour redorer le blason de notre Nation ? "La France doit être plus à l'écoute, plus humble et changer d'attitude", suggère le député de Paris. Ceci étant, "le renouveau français passe par une renaissance européenne", rappelle-t-il. Ce qui suppose la création d'un gouvernement européen, au moins sur un plan économique. Un beau programme, que le PS aimerait mettre en oeuvre dès 2012.
Nicolas César











