Politique | L'Association de la presse judiciaire s'insurge contre la "curieuse" communication du parquet de Bordeaux dans l'affaire Woerth
11/02/2012 |
Depuis quelques jours, nous vous faisons vivre les rebondissements de l'affaire Woerth, dans le dossier Bettencourt. Un dossier, qui vient de prendre une tournure politique depuis la mise en examen jeudi 9 février de l'ex ministre et trésorier de l'UMP pour recel de financement illicite de parti politique. Mais, ce qui mérite tout autant d'être raconté, c'est l'"'étrange" communication du parquet de Bordeaux dans ce dossier. La journée de jeudi en fut un triste exemple. Comme vous l'avez peut-être remarqué les informations étaient contradictoires, selon les interprétations faites par les journalistes des communiqués étonnamment "vagues" du parquet. Ce soir, l'Association de la presse judiciaire a décidé de protester officiellement, dans un communiqué. Le voici dans son intégralité.
"L'Association de la presse judiciaire proteste contre la façon dont le parquet de Bordeaux a communiqué des informations incomplètes dans l'affaire Bettencourt. Si le procureur Claude Laplaud a annoncé jeudi la nouvelle mise en examen de Eric Woerth, il s'est bien gardé de préciser quel était le chef de mise en examen de l'ancien ministre. Dans un communiqué de cinq lignes, le haut magistrat annonce que M. Woerth, entendu par les juges dans la procédure ouverte pour escroquerie, abus de confiance, blanchiment, abus de faiblesse, a été mis en examen pour recel. Mais sans spécifier de quel délit.
"Une justice incompréhensible est une justice incomprise"
L'article 11 du Code de procédure pénale prévoit une fenêtre de communication au parquet « afin d'éviter la propagation d'informations parcellaires ou inexactes » dans des affaires en cours. Mais en l'espèce, le procureur de Bordeaux a omis l'information la plus importante, laissant se propager dans les médias des hypothèses diverses, voire contradictoires. Durant deux jours, le parquet s'est refusé à confirmer ou préciser la moindre information factuelle, même la plus évidente. La présence de M. Woerth mercredi dans le cabinet des juges n'a finalement été admise qu'à 19h30 par un communiqué. En jouant ainsi au chat et à la souris avec la presse, le parquet de Bordeaux ne semble pas avoir conscience qu'il participe à la désinformation du public. La cacophonie qu'il entretient nuit en premier lieu à l'institution qu'il est censé servir. Car une justice incompréhensible est une justice incomprise".
Le bureau de la presse judiciaire











