Soutenez aqui.fr face au défi de la Nouvelle Aquitaine

26/02/21 : Faute de salon de l'agriculture cette année, la confédération paysanne organise du 27 février au 7 mars des fermes ouvertes pour faire découvrir l'agriculture paysanne.Liste des agriculteurs sur www.confederationpaysanne.fr/mobilisations.php?id=11079

24/02/21 : Charente-Maritime : selon un arrêté ministériel du 19/02 publié au Journal Officiel du 24/02, les communes reconnues en état de catastrophe naturelle en inondations et coulées de boue du 3 février 2021 au 9 février 2021 sont Crazannes et Le Mung.

23/02/21 : La ministre, Frédérique Vidal, en déplacement à Poitiers ce 23 février, a annoncé, devant une cinquantaine d'étudiants, la gratuité des protections périodiques dès la rentrée prochaine. 1 500 distributeurs devraient être installés sur les campus.

23/02/21 : Laurence Harribey, sénatrice de la Gironde, a été nommée par le Président du Sénat pour représenter la Chambre haute au conseil d'administration de l'Agence Nationale du Sport.

23/02/21 : L’ancien maire de Bayonne, Jean Grenet, est décédé ce mardi 23 février, à l'âge de 81 ans. Celui qui a également exercé les mandats d'élu départemental, régional et de député, a dirigé la ville, à la suite de son père Henri Grenet, de 1995 à 2014.

23/02/21 : La ministre Frédérique Vidal est à Poitiers ce 23 février pour rencontrer l'Association Fédérative des Étudiants de Poitiers. Début février, elle avait reçu 72 courriers d'étudiants poitevins qui l'interpelaient sur leurs difficultés au quotidien

19/02/21 : COVID 19 - Depuis 2 semaines, les indicateurs de surveillance du Sars-CoV-2 affichent une baisse significative dans tous les départements de Nouvelle-Aquitaine. Le taux d'incidence est de 113,3/100 000 et le taux de positivité à 4,2%.

19/02/21 : COVID 19 - Les dernières données sur l’évolution des nouveaux variants montrent une diffusion généralisée du variant anglais dans tous les départements de la région. Les variants sud-africain et brésilien sont aussi présents mais dans une moindre mesure

19/02/21 : COVID 19 - Le nombre de nouvelles hospitalisations est en baisse avec près d’une centaine d’hospitalisations et une vingtaine d’admissions en réanimation en moins par rapport à la semaine dernière. Néanmoins, l'activité hospitalière liée au COVID-19.

18/02/21 : A Libourne, le conseiller municipal d'opposition Charles Pouvreau a annoncé sa démission. Dans un communiqué, l'ancien élu raconte avoir fait face à des « menaces et insultes » répétées et choisit donc de se mettre en retrait de la politique libournaise.

17/02/21 : Charente-Maritime : ce jeudi, une intervention dans le cadre des travaux de réparation du pont de la Laisse, situé sur la RD9 à Charron entraînera une fermeture à la circulation entre la RD137 en Vendée et la RN11 en Charente-Maritime, de 9h à 16h.

15/02/21 : La Rochelle : Lutte ouvrière organise une journée à la rencontre mercredi 17 février, de 10h30 à 12h30 puis de 16h à 18h sur le vieux port (cours des Dames) où une structure sera montée, ainsi que dans les rues piétonnes du centre-ville.

- Publicité -
S’abonner ici !
proprietes-rurales.com
- Publicité -
  • 02/03/21 | Un tiers-lieu hybride en Charente-Maritime

    Lire

    Lors de sa dernière commission permanente, la Région Nouvelle-Aquitaine a décidé de soutenir le syndicat mixte Cyclad à Surgères en Charente-Maritime à hauteur de 60 000 euros pour la création d’un tiers-lieu hybride. Ce tiers-lieu a pour objectif de développer les nouvelles formes de travail, de créer des ateliers partagés et d’accompagner la création de nouvelles activités. Sur 1 200 m², le lieu comprendra notamment un atelier bois destiné au prototypage et à la réalisation d’ateliers

  • 02/03/21 | Le 1 000e agent vacciné au Centre hospitalier de la Côte basque

    Lire

    Le 1 000e agent du Centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne a été vacciné contre le Covid en début de semaine. Un médecin réanimateur qui est en première ligne face à la prise en charge des patients les plus atteints par cette maladie. La campagne avait débuté le 6 janvier avec le vaccin Pfizer pour les agents de plus de 50 ans, ou présentant un risque accru. Un rythme que l'introduction, le 7 février, du vaccin AstraZeneka a accéléré. A ce jour, en moins de deux mois, au moins un tiers de l'effectif de l'hôpital basque aura reçu une première injection.

  • 25/02/21 | Une nouvelle gamme de produits bio et sans sucres dans le Pays Basque

    Lire

    A Bardos (64), Elikatxo produit, transforme et commercialise des jus de fruits et des soupes. Afin d’élargir sa gamme de produits bio et sans sucres, l’entreprise doit créer une ligne de production automatisée. Pour aider la société dans cet investissement, la Région Nouvelle-Aquitaine a alloué une subvention de 30 270 euros lors de sa dernière commission permanente.

  • 25/02/21 | Mimizan va accueillir un tiers-lieu

    Lire

    Mimizan, territoire assez isolé en dehors de l’été, a décidé de créer un tiers-lieu, au travers de l’association « Lily dans les étoiles », pour permettre aux habitants de se rencontrer, d’échanger, de travailler mais aussi pour favoriser le lien social. Cette association, constituée d’une quarantaine de professionnels locaux issus de secteurs divers, souhaite avec ce tiers-lieu créer un pont entre le dynamisme économique de la saison estivale et l’activité des résidents à l’année. La Région Nouvelle-Aquitaine soutient ce projet à hauteur de 60 000 euros.

  • 25/02/21 | Dordogne : Rubi Cuir forme tous ses salariés

    Lire

    A Boulazac, Rubi Cuir fabrique des pièces de maroquinerie pour le secteur du luxe. Afin d’acculturer les salariés à ces savoir-faire particuliers, l’entreprise a mis en place un parcours de formation interne afin de professionnaliser rapidement les nouveaux salariés. Les enjeux de développement de l’entreprise portent aussi vers une professionnalisation des formateurs. Pour les aider à cela, la Région Nouvelle-Aquitaine a alloué à l’entreprise une aide de 67 708 euros.

Les dossiers d'Aqui

La LGV Sud-Ouest Idées neuves en Nouvelle Aquitaine Innov'action et Agriculture

Politique | Le Grand Entretien - Isabelle Boudineau face aux défis européens

23/05/2019 | L'élue régionale a été nommée en décembre à la présidence de la Commission sur la cohésion des territoires et le budget européen à Bruxelles, un poste stratégique.

Isabelle Boudineau

En décembre dernier, Isabelle Boudineau, vice-présidente (PS) du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge de l'Europe et de l'international, a pris la tête de la Commission sur la cohésion des territoires et le budget européen (COTER) à Bruxelles, commission notamment en charge des fonds structurels et de la cohésion des territoires. A moins d'un mois d'un scrutin européen au climat plus qu'incertain, aqui.fr fait le point avec elle sur les enjeux essentiels du scrutin et les inquiétudes qui planent sur l'efficience de la gestion régionale des fonds européens.

@qui.fr - À moins d'un mois du scrutin des européennes et après votre nomination au sein de la cohésion des territoires et du budget européen au sein du Comité des Régions à Bruxelles, comment décririez-vous le climat politique général ?

Isabelle Boudineau - Il n'est pas délétère mais il est très inquiétant. On sent une angoisse profonde de l'ensemble des citoyens partout en Europe sur la manière de faire face à une mondialisation, à une financiarisation et à la révolution digitale. Il y a une angoisse sur l'avenir qui est palpable un peu partout. Elle est partagée même par des pays qui ont des croissances à deux chiffres. La Pologne, par exemple, a de vraies angoisses identitaires, il y a quand même cette volonté de refuser une Europe de mixité de la part des pays de l'Est qui sont tétanisés de devenir des pays accueillants et multiculturels. Avec la grande migratoire d'il y a trois ans, ces pays naguère dirigés par le communisme et qui voulaient retrouver leur identité se sont sentis très inquiets. La non-maîtrise de la politique migratoire est à la source de cette inquiétude collective.

Cette pression d'une main d'œuvre immigrée qui fait baisser les salaires a aussi été l'un des moteurs du Brexit. L'aspect identitaire est très important mais le monde du travail est aussi très incertain et fait baisser le pouvoir d'achat des citoyens européens. La plupart des programmes des candidats, c'est d'ailleurs protéger les frontières pour que l'Europe ne soit pas une passoire et renforcer Frontex. Cela dit, La pression migratoire a beaucoup décru ces deux dernières années. Il y a eu des mesures, notamment un accord un peu honteux avec la Turquie, il y a donc moins ce sentiment d'être une passoire. On a eu des images terribles de milliers de personnes de l'autre côté d'un grillage qui tentaient de passer. L'Europe a répondu à ça par de fortes ambitions sur des politiques de développement à l'international, avec notamment une solidarité avec l'Afrique en espérant qu'aider ces pays à se développer pourrait fixer les populations sur place.

 

L'Europe seule peut nous protéger de la mondialisation

 

@qui.fr - Les enquêtes d'opinion sont plutôt favorables à un maintien de l'Europe, malgré toute la défiance et les différents désirs de souveraineté nationale que vous avez évoqué.

I.B - Le Brexit a quand même aidé. Plus personne ne prône la sortie de l'Europe. L'opinion publique a compris que c'était une erreur, que l'Europe était la seule capable de nous protéger dans un contexte de mondialisation très forte. Certains voient dans l'Europe un accélérateur de mondialisation; je pense que c'est surtout la seule protection que l'on ait face à des mastodontes chinois, indiens ou américains. Si l'on est pas ce marché de 500 millions d'habitants, on n'est plus rien. 

L'ère des grandes négociations est un peu terminée, mais faut-il se réjouir du fait que l'OMC soit désavouée constamment ? Ça augure d'un renforcement du bilatéral dans les négociations, je ne suis pas sûre qu'on en sorte plus forts. Dans le milieu agricole, le CETA était interprété comme la source de vraies opportunités pour nos produits et de vraies capacités pour se protéger de produits extérieurs comme la viande nourrie OGM. Il y a aussi eu une manipulation pour faire croire qu'on allait s'ouvrir à n'importe quel produit alors que des règles nationales nous permettaient quand même de nous en protéger. L'Europe a fait preuve d'une naïveté épouvantable pendant toute la période Barroso, une vision ultra-libérale ouvert à tous les vents et pendant laquelle on n'a pas protégé le marché intérieur européen. Cette idéologie de la concurrence à tout crin doit être révisée très vite. En Croatie, à Dubrovnik, un grand pont doit être créé, ce sont les chinois qui ont obtenu le marché du pont intégralement financé par l'Union Européenne. Certes, Bouygues ou Vinci vont aussi construire en Chine, mais je pense qu'on pourrait quand même éviter ce genre d'exemple. À priori, on se dirige vers une Europe de nouveau dirigée par un PPE avec peut-être Michel Barnier à sa tête. Le candidat allemand, par son fort libéralisme, pourrait être un repoussoir. Barnier, lui, pourrait incarner un libéralisme plus maîtrisé.

@qui.fr - Votre délégation s'occupe aussi du budget européen. La perspective et les incertitudes du Brexit ont sans doute poussé la Commission à revoir un budget prévisionnel pour 2019 qu'elle avait pourtant présenté en légère hausse. Les débats ont notamment été vifs sur la contribution des états membres. Peut-on craindre des ambitions revues à la baisse ?

I.B - Le problème, c'est le côté schizophrène des États membres. Ce sont les premiers à exiger que l'Europe soit présente sur ces questions de sécurité aux frontières, de défense commune, de politique climatique plus ambitieuse. Pourtant, ils ne veulent pas donner plus à une Europe qui dépend en grande partie du financement apporté par les États membres; elle n'a quasiment pas de ressources propres. Aucun ne veut augmenter sa participation, c'est la raison pour laquelle le prochain budget risque d'être en baisse, ce qui est extravaguant quand on connaît les défis auxquels on doit répondre. C'est lié au fait que tout ce qui est budgétaire exige une unanimité et que des États mettront leur véto à une augmentation du budget, notamment les pays du Nord qui ont une vision assez libérale comme la Suède, le Danemark ou encore les Pays-Bas qui sont quand même co-fondateurs de l'Europe et pensent qu'il y a trop de gaspillage d'argent. Ils veulent que ce soit les États qui continuent à porter un certain nombre de politiques, y compris l'aménagement du territoire qui passe par ces fonds de cohésion dont on profite et dont la suppression ne représenterait visiblement aucun inconvénient pour eux. 

@qui.fr - La gestion des fonds européens par les régions doit être renouvelée après le scrutin de mai. Des incertitudes pèsent sur le fait que ces dernières puissent rester ou non gestionnaires de ces fonds. Et la question, en France, n'est toujours pas tranchée…

I.B - On a beaucoup parlé des réformes territoriales (loi MAPTAM, loi NOTRe), mais ce qu'à obtenu Alain Rousset quand il était président des régions sur la gestion des fonds européens, c'est une décentralisation qui a bien plus d'impact que certains transferts de compétences. C'est un combat qui n'est pas pérenne parce que quand François Hollande a signé ce décret, il ne portait que sur la génération de fonds 2014-2020. Après cette date, la question se repose et il faudra un nouveau décret pour que les régions soient autorités de gestion des fonds européens 2021-2027. On est le dernier pays d'Europe à ne pas savoir quelle sera l'architecture des fonds européens. On prépare la prochaine génération mais l'État n'a jamais répondu à nos multiples courriers sur cette gestion future et qui en sera responsable. Comme les régions sont chefs de file sur le développement économique, il me semble qu'il n'y aurait aucune raison de lui retirer le FEDER. Sur le FSE on serait sur un statu-quo ce qui n'est pas forcément positif parce qu'il y a une invisibilité des responsables pour les bénéficiaires : un tiers est géré par les régions, deux tiers gérés par l'État qui en subdélègue un tiers aux départements. On a donc trois portails pour un même fonds, on a plaidé pour que la région gère au moins les deux tiers du FSE territorial en s'appuyant sur les départements pour faire en sorte qu'il y ait un portail unique qui permette d'identifier clairement qui fait quoi. Du côté du FEADER, on doit faire face à une pression de la FNSEA. Didier Guillaume va d'ailleurs dans leur sens en disant que ces fonds devraient être gérés au niveau national et qu'il n'y a pas d'intérêt à ce que les régions les gèrent et qu'elles complexifient et mettent trop de contraintes.

@qui.fr - Dernièrement, le budget du programme LEADER (700 millions d'euros alloués à la France pour soutenir les territoires ruraux) a fait polémique sur sa sous-utilisation (13% de ces fonds ont été utilisés). Partagez-vous cette crainte de voir ces fonds non-utilisés retourner à Bruxelles ?

I.B - Le LEADER est une des mesures du fonds de développement rural qui ne s'adresse pas aux exploitants agricoles. Ça peut être une association qui monte un festival, des travaux d'insertion pour protéger les berges d'une rivière… Ça représente environ 93 millions d'euros pour la Nouvelle-Aquitaine sur 700 millions d'euros au niveau national. On a perdu deux ans parce que l'agence de service de paiements n'arrivait pas à mettre au point son logiciel Osiris. De son point de vue, c'est la faute des régions parce que ces dernières auraient trop raffiné leurs programmes en mettant trop de lignes budgétaires. Or, quand on fait du développement rural, il faut s'adapter au particularisme de son territoire. On ne fait pas le même dans la Creuse qu'on ne le fait en Sud-Gironde. L'objectif de ces fonds, c'est de s'adapter à un contexte. Cette perspective de centralisme est délétère pour les territoires.

@qui.fr - La région a donc dû prendre les choses en main pour recommencer à consommer ces fonds…

I.B - Tout le milieu local nous a alerté en nous disant que des actions étaient mises en place mais ne recevaient rien. Stéphane Le Foll a bougé, il a fait des recrutements, changé la direction de l'ASP, ça commençait à aller mieux. On s'est ensuite rendus compte que dans les directions départementales de la cohésion des territoires, ils n'instruisaient plus les dossiers. On a donc eu ce double problème qui a complètement planté la consommation de ces crédits. C'est face à cette incapacité des services départementaux qu'on a été obligés d'ouvrir, à la Région, trente postes. On est les seuls à l'avoir fait en France et on a récupéré dans certains départements où la gestion était au point mort des cartons entiers de dossiers non-traités. On en est encore à la phase où on fait baisser ce stock avant de pouvoir traiter le flux des dossiers au fil de l'eau, on devrait pouvoir commencer à basculer d'ici l'été. En six mois, on est passés de zéro à dix pour cent de paiements. Dans la gestion du personnel, l'État a arrêté tout recrutement au sud de la Loire en affirmant qu'il y avait un sureffectif au sud, c'est comme ça qu'on s'est rendus compte que plus personne ne traitait nos dossiers. Ils n'ont pas tous fait ce choix, mais certains préfets ont considéré que c'était marginal. C'est aussi une petite revanche de l'administration centrale sur le coût de force des régions en 2014 leur ayant permis de récupérer la gestion des fonds européens.

On s'est donnés les moyens de le faire. La malhonnêteté du président de Leader France qui a communiqué ces chiffres, c'était de faire croire que tout s'arrêterait en 2020 et que ces fonds seraient perdus au-delà de cette échéance. La gestion des crédits européens est toujours en décalage par rapport à la période annoncée; on pourra payer des actions jusqu'en 2023, une période qui nous permettra d'atteindre un haut-niveau de consommation des crédits. La communication a été totalement catastrophiste et elle a été reprise partout. Au final, on a une équipe de quarante personnes entièrement dédiées à cette gestion. La consommation des crédits est toujours très basse les premières années parce qu'il faut comprendre les nouvelles règles et les contraintes d'une Commission Européenne soumise à la suspicion, et exponentielle à la fin de la période. Il faut comprendre ces nouvelles règles du jeu avant de se lancer. Les crédits LEADER, par exemple, ne sont pas décidés par la région, c'est les 52 Groupes d'Actions Locales qui dessinent eux-mêmes un périmètre et tranchent sur les projets prioritaires pour leurs territoires. Ces GAL doivent aussi s'installer, créer un leadership, c'est une véritable ingénierie qui ne s'improvise pas. Les régions ont cette ingénierie, l'État ne l'a plus. C'est pour ça qu'on est atterrés de l'idée qu'ils reprennent la gestion de ces fonds : on ne voit pas comment ils vont se remettre en capacité de les gérer.

 

Europe-Région: des objectifs communs

 

@qui.fr - Pour vous, l'enjeu de la décentralisation et de la gestion régionale des fonds européens est donc très stratégique. En quoi les collectivités se démarquent de l'État dans leur gestion ?

I.B - Il y a eu 126 000 projets financés dans la région Nouvelle-Aquitaine. C'est une politique permettant une attention aux territoires que ne pourra jamais avoir l'État. C'est l'utilité de la décentralisation qui s'appuie sur une gouvernance locale, des gens qui sont au courant de ce qui peut être dynamique chez eux en s'appuyant sur un écosystème qui leur est propre. Vu des ministères, ce n'est pas envisageable de s'appuyer sur des caractéristiques de territoires très diverses permettant d'exploiter des richesses locales. Ça nous donne une force de frappe démultipliée. Le fait de conjuguer les fonds européens et les politiques régionales nous donne un effet de levier très important. L'architecture Europe/Région est presque naturelle parce qu'on partage des objectifs communs.

@qui.fr - Les différents candidats eux élections européennes, notamment Manfred Weber (candidat tête de liste à droite à la succession de Jean-Claude Juncker) prônent une Europe "forte et généreuse". Qu'est-ce qui, selon vous, la favoriserait ?

I.B - Il y a un vrai désir de souveraineté nationale. Les partisans du transfert vers une souveraineté européenne ne représentent clairement pas une majorité. Le paradoxe, c'est de demander à l'Europe des choses pour lesquelles on ne lui donne pas les moyens. On veut que beaucoup de compétences soient gérés au niveau national, avec quelques exceptions comme le sujet des travailleurs détachés. Par chance, il n'y a pas eu besoin d'unanimité, sinon ça n'aurait probablement pas bougé. Au niveau des contributions citoyennes, le Parlement est encore assez à la marge. Le vrai problème démocratique se situe dans la manière dont les décisions se prennent au Conseil. En général, c'est dans les couloirs avec du bilatéral, du troc… Il faut vraiment essayer de comprendre ce que les uns et les autres ont gagné pour savoir comment on en est arrivé à cette décision, c'est un compromis pas toujours très clair. Il n'y a plus du tout de moteur franco-allemand. Emmanuel Macron a fait des propositions, mais l'Allemagne ne rebondit pas du tout. Je pense notamment à la taxe GAFA : on n'arrive pas à la mettre en place, alors qu'une majorité de pays y seraient favorables, juste parce que l'Allemagne a peur pour l'exportation de ses voitures et ne veut pas se mettre Trump à dos. Ça traduit quand même une certaine impuissance dans la gouvernance Européenne. Le budget européen, c'est 1% du PIB de l'ensemble des pays Européens, ce qui est ridicule. On n'arrivera pas à grand-chose d'utile et à une vraie réorientation avec des moyens aussi faibles. Il va falloir, par exemple, aider lourdement les pays de l'Est pour qu'ils puissent engager une vraie politique de transition énergétique avec des budgets conséquents.

Romain Béteille -Joël Aubert
Par Romain Béteille -Joël Aubert

Crédit Photo : Région Nouvelle-Aquitaine

Partager sur Facebook
Vu par vous
9018
Aimé par vous
1 J'aime
Les réaction
0 réaction
Envoyer par email
Email
Convertir en PDF
PDF
Imprimer cet article
Imprimer
Politique
Politique
Retour à la page d'accueil
Accueil
Aucune réaction à cet article pour le moment. A vous de jouer !

Nom * :
Email * :
Texte :
Combien font 4 + 9 ?*

Toutes les réactions sont soumises à validation de la rédaction d'Aqui avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à la rédaction d'aqui.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

* champs obligatoires

J'aime aqui, je le soutiens ! Aqui!Presse - Affichez Vous chez Nous ! J'aime aqui, je le soutiens !
Les fondateurs de l'association Maires pour la planète Politique | 01/03/2021

En Charente-Maritime, 86 maires s’associent en faveur de la planète

Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, a rencontré une cinquantaine d'étudiants poitevins ce mardi 23 février Politique | 24/02/2021

Frédérique Vidal face aux étudiants poitevins entre mesures et constat d’impuissance

Jean Grenet - Remise de la Légion d'honneur Politique | 23/02/2021

La grande histoire d'Adour entre Jean Grenet et Bayonne

Fanny Le Dauphin, éleveuse de caprins au Domaine de Nodris Politique | 05/02/2021

Gironde : le Domaine départemental de Nodris se dévoile pas à pas

5em CTO lormont une Politique | 05/02/2021

Lormont, Cité Éducative, a accueilli la cinquième Conférence Territoriale de l'Orientation

Proposition de loi Politique | 04/02/2021

Handicap : 3 questions à Philippe Mouiller, sénateur des Deux-Sèvres, rapporteur de la proposition de loi Mesures de justice sociale

Patrick Chastenet Politique | 01/02/2021

Tribune Libre Patrick Chastenet : On étouffe

Jean Castex Politique | 30/01/2021

Jean Castex : 4 annonces qui évitent un nouveau confinement

L'espace Noriac à Limoges Politique | 30/01/2021

Haute-Vienne : Le Département injecte 1,5 million supplémentaire pour aider le secteur culturel

Nicolas Thierry, tête de liste EELV aux élections régionales de juin 2021 Politique | 29/01/2021

Elections Régionales: "Terroirs, Résistance et Réinvention", pour les voeux de campagne de Nicolas Thierry (EELV)

Le pont A20 Politique | 28/01/2021

Limoges : Un pont réservé aux mobilités douces surplombera l’A20

Philippe Le Moing-Surzur, sous préfet de Bayonne Politique | 27/01/2021

Le sous-préfet Le Moing-Surzur est arrivé à Bayonne

Ostavals, le bâtiment Politique | 26/01/2021

Ostavals, prochain "relais" de la Communauté basque sur le chemin de Compostelle

Session extraordinaire du Conseil départemental des Landes le 25 janvier 2021 Politique | 26/01/2021

Crise aviaire : Le Département des Landes soutient la filière à l'unanimité

Jean-Luc Gleyze avec les membres de la fédération ATENA Politique | 22/01/2021

Le département de la Gironde à l'écoute des étudiants en situation de précarité