Politique | LGV : réponse d'Alain Rousset aux élus basques
29/09/2012 | L'agglo de Bayonne suspendrait sa participation au financement de la LGV sans garanties des pouvoirs publics
L'agglomération Côte basque adour (Bayonne, Biarritz, Anglet, Bidart et Boucau) présidée par le maire de Bayonne Jean Grenet a décidé de suspendre sa participation de 26,1 millions d'euros au financement du tronçon LGV Tours-Bordeaux dans l'attente de « garanties » sur le prolongement de la ligne vers le sud de Bordeaux en direction de l'Espagne. Alain Rousset, président de la région aquitaine, a tenu à rappeler, en marge d'une inauguration à Anglet, que cette décision de suspendre les financements avait été rédigée au conditionnel, «si les pouvoirs publics ne poursuivaient pas le chantier. »
L'Etat, l'Europe et les collectivités doivent apporter plus de 3 milliards d'euros dans une cagnotte chiffrée à 7,8 milliards d'euros. Le reste étant assumé par les investisseurs privés. Or, cet été, Jérôme Cahuzac, ministre du budget, a déclaré que l'état des finances publiques ne permettait pas à l'Etat de porter tous les projets LGV, laissant à Frédéric Cuvillier, ministre des transports, la responsabilité de définir les priorités entre Hendaye et Toulouse, Nice, le Havre, Amiens ou encore Clermont-Ferrand qui attendent d'être desservis par la grande vitesse. Seuls les chantiers déjà entamés ont la certitude d'être achevés (Tours-Bordeaux, Le Mans-Rennes et Nîmes-Montpellier)
Bayonne-Anglet-Biarritz est la première des trois collectivités concernées dans le département des Pyrénées-atlantiques à prendre la décision de suspendre sa participation en l'absence de garanties. L'agglomération Côte basque Adour s'était engagée à participer à hauteur de 25 millions d'euros, dont 7 millions cette année.
Alain Rousset note l'utilisation du conditionnel dans la rédaction de la délibération du conseil d'agglomération, «qui suspendrait son financement si les pouvoirs publics ne poursuivaient pas le chantier». Le président de Région appelle les élus basques à suivre ce qu'il appelle «le principe Grenet» : avancer l'argent pour débloquer la situation, comme ce fut le cas pour l'autoroute A64. «Le conditionnel ce n'est pas le présent. En l'état actuel, ceux qui lèvent le pied vont dans le sens de Bercy : ils ne payent pas, je n'y vais pas. Les cassandres proposent de se retirer ? C'est stupide et contre-productif», a lancé le président de Région.

Olivier Darrioumerle
Crédit Photo : Aqui.fr












