Politique | Michèle Delaunay à la rencontre des professionnels de la santé au travail
07/02/2012 |
La contractualisation de la médecine du travail, le rôle des équipes pluridisciplinaires, l'indépendance du médecin du travail ou encore l'orientation prioritaire d'une médecine du travail vers la prévention, sont quelques-uns des points évoqués par la nouvelle loi du 20 juillet 2011 relative à l'organisation de la médecine du travail. Autant de thèmes sur lesquels la députée Michèle Delauney, également co-rapporteur sur l'application et l'applicabilité de cette loi, a souhaité avoir l'avis des professionnels de la santé au travail, lors d'une table ronde organisée ce lundi 6 février car selon elle derrière cette loi c'est toute « la vision de la médecine du travail qui est en jeu ».
Malgré le verglas qui a limité le nombre de participants attendus, ils étaient tout de même une trentaine de médecins et infirmières du travail, de membres de Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) des secteurs publics et privés ou encore de représentants syndicaux à s'être déplacé pour exprimer leur avis sur les différentes questions posées par la députée venue à leur rencontre.
Vers une médecine du travail contractualisée ?
Rapidement soumis à la discussion, la question de la contractualisation des cadres de la médecine du travail. Par accord de branche, validé par l'Etat, la loi permet de déroger au principe d'un fréquence biennale des visites légales au profit d'un allongement des délais. Si cette mesure est justifiée par une pénurie de médecin du travail de plus en plus importante, cette question inquiète la plupart des professionnels présents à la table ronde. « Déjà avec le passage d'une visite obligatoire de un an à deux ans, on constate un relâchement du lien entre médecin et patients. Si celui-ci peut-être encore élargit, le lien disparaîtra totalement, et avec lui le rapport de confiance entre le salarié et le médecin du travail. » explique l'un des participants. Même si l'avis est partagé par l'assemblée, certains ont tout de même tenu à tempérer ces réactions rappelant qu'un travailleur peut à tout moment demander un rendez-vous à son médecin du travail.
Autre mesure mise en place par la loi et questionnée par Michèle Delaunay ce lundi 6 février, le rôle et la place des équipes pluridisciplinaires qui seraient en charge de certaine visite ou suivi en lieu et place du médecin du travail. Là encore, pour les médecins du travail présents, ces dispositions ne sont pas pertinentes : «la présence du médecin est indispensable pour toute visite médicale » a-t-on entendu dans la salle. Un suivi du patient sur lequel les professionnels ne veulent rien céder ni aux infirmeières, ni au médecin de ville, "au risque de perdre le lien entre la maladie et sa dimension professionnelle". Pour autant, la plupart admettent que le développement du rôle des infirmières du travail, et plus largement des équipes pluridisciplinaires, pourrait être bien davantage développé sur les questions de santé publique et de prévention.
Renforcer la confiance des salariés
Enfin, c'est la question de la confiance qui a occupé la dernière partie des débats. Si le médecin est indépendant et tenu au secret professionnel, il ressort des échanges, que coté salariés, ceux-ci peuvent parfois avoir une certaine méfiance envers leur médecin du travail. Si la plupart des médecins présents ont nié l'existence d'une telle méfiance, certains d'entre eux ont au contraire mis en avant, leur rattachement à la direction des ressources humaines de leur entreprise ou structure comme source possible de cette méfiance. Selon eux, ce rattachement statutaire, qu'eux même dénoncent, peut donner "une image faussée" du médecin du travail dans ses rapports avec les dirigeants de l'entreprise, et ainsi susciter le doute chez les salariés.S'étonnant de cette réalité statutaire, Michèle Delauney s'est engagée à faire en sorte que l'application de la loi du 20 juillet 2011, permette d'éviter une telle situation.
Photo: Aqui.fr
Solène Méric











