Politique | Opération séduction sur l'apprentissage à l'occasion de la Conférence Régionale de la Famille à Bordeaux
11/02/2012 |
Avec environ 18700 apprentis en 2010 et une augmentation de plus de 6% du nombre de contrat d'apprentissage entre 2010 et 2011, l'apprentissage séduit en Aquitaine. Pourtant, si le grand public perçoit l'intérêt de la combinaison scolarité, contrat de travail et rémunération, l'apprentissage est souvent victime d'une image négative. Une représentation que les intervenants, experts mais aussi apprentis et chefs d'entreprises, se sont appliqués à mettre à mal ce 10 février à l'occasion de la Conférence de la famille à l'Hôtel de Région. Loin de nier les difficultés auxquelles peuvent faire face les apprentis et leur famille, cette journée de travail, a mis en avant les aides existantes.
Compétence du Conseil régional, l'apprentissage est aussi un cheval de bataille pour le gouvernement qui y voit un outil pertinent dans sa lutte contre le chômage. Les chiffres annoncés par Patrick Stéfanini, Préfet de la Région Aquitaine, sont en effet à cet égard plutôt séduisants : « 80% des élèves qui sortent d'une formation en alternance dispose, 6 mois après, d'un emploi durable en contrat à durée indéterminée ! ».Voilà donc un premier préjugé écarté : l'apprentissage n'est pas une voie de garage. Et Bernard Bournazeau en charge de cette délégation au Conseil régional d'insister : l'apprentissage offre aujourd'hui de véritable perspective en terme de diplôme. Désormais les cursus sont ouverts. Un jeune en apprentissage peut continuer au-delà du CAP, il peut avoir son bac, continuer en BTS ou dans des études universitaires et même devenir ingénieur dans certain cursus. » En chiffres, sur l'année 2010 58% des apprentis étaient en CAP, mais 42% en niveau supérieur. D'ailleurs la diversité des formations dispensées en apprentissage gagne elle aussi à être connue. On est loin de la croyance qui cantonne l'apprentissage aux seuls métiers manuels. S'ils restent majoritaires, la palette des orientations est large : en Aquitaine pas moins de 363 diplômes peuvent ainsi être préparés. Quant aux Centres de Formation d'Apprentis (CFA), Bernard Bournazeau tient là encore à lutter contre les accusations de délabrement dont ils sont souvent la cible : « il y a un investissement fort de la région dans les CFA, que ce soit dans le matérielpédagogique qui est adapté et conforme aux dernières normes, que dans l'immobilier. On peut être fier d'y enseigner et d'y être formé. »
"Un sacré investissement"
« Le CFA, c'est une formation et un contrat de travail » souligne Jacques Feuillerat, Président de l'Association Régionale des Directeurs de CFA. Donc là encore, contrairement aux apparences, l'apprentissage, c'est des cours en CFA et du travail dans l'entreprise où l'apprenti est également formé. S'il peut être la bonne réponse à ceux qui « n'aiment pas l'école » ou préfère la pratique à théorie, cela reste « un sacré investissement pour l'apprenti ». Un pas dans le monde des adultes et de l'entreprise qui peut parfois être difficile à gérer quand on a 17 ans et que l'on sortdu lycée » insiste-t-il auprès de l'assemblée. Pour éviter de telles difficultés, l'apprentissage prévoit le plus souvent un véritable cadre d'encadrement autour de l'apprenti et met en place une collaboration entre les parents, les enseignants,l'entreprise et le jeunes.
Enfin, coté rémunération elle équivaut à 25% du Smic, « pas une sinécure «selon l'expression » du Directeur de CFA. Enfin, le transport (surtout si le jeune n'a pas 18 ans) et logement sont les difficultés financières régulièrement rencontrées par les apprentis et leur famille, souligne Franck Cazenabe, Chef de projet des aides individuelles au Conseil régional. En effet, résidence, CFA et entreprise, ne se trouvent pas forcément à proximité les uns des autres.Cela dit, la conférence a également rappelé que des aides régionales sont mobilisables afin de réduire ces charges.
Photo: Aqui.fr
Solène Méric











