Politique | Photovoltaïque : Alain Rousset soumet ses propositions au Premier ministre pour sortir du moratoire
25/01/2011 |
Le 10 décembre, le gouvernement a publié un décret suspendant pour trois mois l'obligation pour EDF de racheter l'énergie solaire aux conditions tarifaires actuelles. Le texte concerne les installations produisant plus de 3kW et exclut les particuliers ayant des panneaux sur leurs toits. Pour les producteurs, le moratoire équivaut à un coup d'arrêt mettant en danger des centaines d'emplois. Pour éviter des conséquences économiques et sociales désastreuses, Alain Rousset, le président socialiste de la Région Aquitaine et président de l'ARF, l'Association des Régions de France, vient d'adresser un courrier à François Fillon, le Premier ministre, avec des propositions, afin de sortir du moratoire.
"A mi-parcours, les propositions gouvernementales ne sont pas à la hauteur des enjeux et potentialités du photovoltaïque pour la France et ses Régions. Contrairement à ce qui peut souvent être affirmé, cette filière existe d'ores et déjà et représente autour de 25 000 emplois dans l'hexagone, essentiellement au sein de PME ou PMI innovantes", rappelle Alain Rousset dans son courrier à François Fillon. Selon lui, les perspectives offertes par les nombreuses initiatives en recherche et développement laissent imaginer un développement considérable à court terme. "La filière industrielle du photovoltaïque incarne parfaitement l'économie de demain", souligne l'élu.
La Région Aquitaine, première région en emplois verts
"Il s'agit donc pour la France, et l'Aquitaine, première Région en terme de création d'emplois verts, de saisir cette opportunité historique comme l'Allemagne l'a déjà compris et réalisé", avance Alain Rousset. A titre d'exemple, 20 000 MW sont actuellement installés en Outre Rhin contre 850 MW en France. A l'horizon 2020, l'Allemagne s'est fixée pour objectif 52 000 MW contre 5400 en France. S'appuyant sur ce constat, le président de la Région Aquitaine suggère deux propositions au Premier ministre, afin de "sortir du moratoire par le haut". La première consiste à repenser le calcul de la compensation en revoyant la base de référence du prix de revient de l'électricité. La deuxième vise à mettre en place un dispositif de tarif d'achat plus détaillé sur les différents segments d'installations (centrale au sol, intégré et posé bâtiment, particulier). Ces tarifs pourront être dégressifs, au moins sur une période de 5 ans et annoncés à l'avance afin de donner une lisibilité suffisante aux industriels. Cette mesure permettra à ces derniers de disposer d'un cadre stable et durable pour accentuer leurs efforts en terme de recherche, d'innovation et de compétitivité. Reste à savoir l'accueil que le gouvernement fera à ces propositions.
Nicolas César











