Politique | Présidentielle : à Bordeaux, une jeune génération qui voit son avenir en rose
06/05/2012 |
Ce dimanche 6 mai restera incontestablement un jour historique. François Hollande a été élu président de la République. A 20 heures, la place de la Victoire, à Bordeaux, à l'annonce des résultats, près de 4 000 personnes ont explosé de joie. Aux premiers rangs des jeunes, rose à la main, brandissant, en hurlant de joie, des drapeaux de François Hollande. Tous parlent de renouveau, évoquent l'avenir avec confiance. Reportage.
Sourires, embrassades, hurlements. C'est un torrent de joie qui a emporté la pace de la Victoire à 20 heures. "On a gagné!". Au premier rang, des jeunes se sentent revivre. "Avec Hollande, je me sens en sécurité pour mon avenir", confie Célia, 17 ans. "Je suis très heureuse. On attend le changement dans la culture, les arts, le social, la vie !", enchaîne à ses côtés Sara, 17 ans également. Au premier rang, il y a bien évidemment aussi les figures locales du PS. "C'est un moment historique. La victoire est nette. A Bordeaux, c'est symbolique, car Juppé était revenu au gouvernement pour battre le PS", rappelle Ludovic Freygefond, premier fédéral du PS en Gironde. "Ce soir l'ère de l'espoir s'est ouverte et François Hollande saura apporter ce qui manque tant à la France une justice sociale emprunte de solidarité et d'équité !", poursuit le socialiste.
Les législatives en ligne de mire
Mais, déjà les regards sont tournés vers les législatives. "Dès demain, nous sommes en campagne", assure Ludovic Freygefond. Michèle Delaunay, la "tombeuse" d'Alain Juppé aux dernières législatives, plaisante : "malheureusement, ce n'est pas moi qui ai gagné". Elle s'attend à une campagne très "dure" pour préserver son siège de député. "Alain Juppé a appelé à une mobilisation totale", rappelle-t-elle. "A 18h30, l'UMP a envoyé des sms, a appelé des Bordelais pour les inciter à aller voter pour Sarkozy", dénonce-t-elle. Le conseiller général, Philippe Dorthe, voit même plus loin : "La gauche arrive en tête aussi au second tour à Bordeaux. Tout devient possible pour les municipales", estime-t-il. Alain Rousset, quant à lui, est très ému. "Je suis fier de François Hollande. C'est un ami de 30 ans". Celui qui pourrait être ministre ou secrétaire d'Etat songe déjà au travail qui attend le futur gouvernement : "le redressement de la France, la décentralisation...". Sera-t-il ministre ? "Je suis très bien à Bordeaux. Mon job sera renforcé en tant que président de région avec François Hollande. Je suis très bien à Bordeaux. On verra", répond le président de la région Aquitaine, avec un large sourire. L'heure est désormais à la reconstruction. "On a fait l'essentiel : virer Sarkozy, maintenant il faut construire le changement", avance un militant du Front de Gauche, Serge, 61 ans. "Plus que jamais, nous sommes mobilisés à gauche pour faire oeuvre utile. Malgré la crise budgétaire, il y a des solutions", conclut-il. C'est maintenant, que le plus dur commence, construire le changement, sans décevoir les Français.

Nicolas César
Crédit Photo : Aqui.fr













