Politique | Présidentielle : Alain Juppé recadré par Nicolas Sarkozy
25/04/2012 |
Il y a quelques jours, Alain Juppé était en pôle position pour devenir Premier ministre en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à l'issue du second tour de la Présidentielle. Mais, visiblement, les résultats du 1er ont tendu les relations entre les deux hommes. Et, le maire de Bordeaux a retrouvé la liberté de parole qui lui était si chère, avant d'intégrer le gouvernement. Ce qui lui a valu un "recadrage" très médiatisé du Président ce mardi 24 avril. Le signe aussi que l'UMP se fissure entre d'un côté sa frange gaulliste sociale et sa frange "droite populaire". Explications.
Tout a commencé lundi. Intervenant sur RTL, Alain Juppé avait déclaré que, en cas de défaite, ils seraient "un certain nombre à tout faire pour que l'UMP garde sa cohésion", tout en précisant que l'espoir était "fort" dans le camp du président candidat sur ses chances de victoire le 6 mai. Le très influent ministre des Affaires étrangères semble craindre une implosion de l'UMP en cas de défaite de son candidat. Louis Aliot, vice-président du FN, en est persuadé. Une sortie peu appréciée par Nicolas Sarkozy, dont les relations n'ont pas toujours été au beau fixe avec son ministre. "Il ferait mieux de se concentrer sur le 2e tour", lui a-t-il répondu sèchement mardi matin, sur France 2. "On est exactement dans ce qui n'intéresse nullement les Français", a-t-il encore estimé, tout tourné qu'il est vers son objectif du second tour.
Alain Juppé redoute une implosion de l'UMP
Ce n'est pas la première déclaration du maire de Bordeaux sur ce sujet sensible. Dans une interview accordée début mars au "Figaro", Alain Juppé avait déjà insisté sur la nécessité du "maintien de l'unité de l'UMP et de la sauvegarde de ses valeurs". "J'ai fondé, avec d'autres, ce mouvement et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter que cet acquis soit remis en question", avait-il souligné. A l'époque, il avait rappelé : "il y aura un congrès à l'automne et les choix se feront dans le cadre d'une procédure démocratique". Comme si Nicolas Sarkozy allait perdre. Quoi qu'il en soit, Alain Juppé n'est pas le seul au sein de son parti à s'inquiéter. De Patrick Devedjian à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno, ils sont nombreux à voir d'un mauvais œil la droitisation de la campagne de second tour de Nicolas Sarkozy. Les échanges sont vifs entre les "deux bords" de l'UMP. Thierry Mariani, ministre des Transports mais aussi créateur de "la droite populaire", estime que l'UMP telle qu'elle a été créée en 2002 a vécu. "On avait regroupé des membres du RPR, des libéraux et de l'UDF pour former l'UMP en distribuant les postes par tiers. Tout ça, c'est du passé. Si l'UMP veut perdurer, elle doit être représentative de ce que veulent nos militants et notre électorat." En cas de défaite à la présidentielle, les prochains mois risquent d'être mouvementés au sein de l'UMP...

Nicolas César
Crédit Photo : Aqui.fr













