Politique | Réactions de politiques aquitains à la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy
18/02/2012 |
C'était un secret de polichinelle. A droite, comme à gauche, depuis bien longtemps, chacun savait que Nicolas Sarkozy serait candidat à sa succession. La question était plus de savoir : quand, comment et sur quels axes forts ? Sans surprise, le président de la République a annoncé sa candidature mercredi soir sur le plateau du JT de TF1, «parce que la situation de la France, de l'Europe et du monde qui connaissent une succession de crises sans précédent, fait que ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ce serait comme un abandon de poste». Ses objectifs, a-t-il énuméré, seront la réhabilitation de la valeur «travail», mais aussi «redonner la parole au peuple français par le référendum». Il a aussi dévoilé son slogan de campagne : «La France forte!». Les journalistes d'Aqui ont recueilli les réactions politiques de plusieurs politiques locaux.
Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et maire UMP de Bordeaux : Nicolas Sarkozy est "habité par le sens de sa mission et par sa volonté de parler aux Français". Il a défendu "les valeurs de la Ve République et le référendum, qui donne (aux Français) le pouvoir de s'exprimer, est une valeur fondamentale à laquelle nous tenons et Nicolas Sarkozy a raison de la remettre à l'honneur". L'éducation "occupera une grande place" dans le projet présidentiel. "Ce que nous avons fait pour révolutionner l'enseignement supérieur, il faut le faire pour l'école le collège et le lycée, a-t-il dit car ce n'est que justice de donner à nos enfants toutes les chances de réussite". "C'est un président courageux qui sait prendre des décisions parfois impopulaires parce qu'il a la conviction que c'est l'intérêt général, l'intérêt du pays. Enfin, il est très réactif face à la crise". "Si je voulais faire le portrait de son concurrent socialiste, je pourrais prendre ces qualités en creux". (Réunion publique de l'UMP à Bischheim, au nord de Strasbourg)
François Bayrou, candidat centriste : "Ce qui était frappant à écouter Nicolas Sarkozy, c'est que c'était exactement les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes exemples que depuis des mois et des mois. Et ce qu'on voyait quand on était de l'autre côté de l'écran, c'est qu'en réalité le bilan est tellement écrasant". Le leader du MoDem avait auparavant expliqué sur Canal+ que les Français se trouvaient maintenant devant une question essentielle : "Est-ce qu'on continue cinq ans avec la même équipe ou est-ce qu'on change ?". "Et je suis persuadé que le pays a un immense besoin de changement parce qu'il coule avec un chômage qui explose, les difficultés de fin de mois, l'accumulation des déficits et de la dette". "Toute la zone euro, avec le Portugal, l'Espagne, la Grèce... a eu, en une année, un déficit de 7 milliards et nous la France, toute seule, 70 milliards. Nous perdons en un mois ce que l'Europe perd en un an. Quand le capitaine a mené le bateau sur un récif, on dit qu'il faut un changement". (Déclaration sur TF1 et Canal+).
Le candidat du Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA), Philippe Poutou, a estimé jeudi qu'il fallait "dégager toute l'équipe" en place à l'Elysée, et "jeter le capitaine par-dessus bord". "Il faut dégager toute l'équipe", a lancé le candidat du NPA sur Vivre FM. Reprenant l'allégorie utilisée mercredi par Nicolas Sarkozy du "capitaine" qui ne "peut imaginer" quitter un navire "en pleine tempête", Philippe Poutou a estimé qu'il fallait "le jeter par-dessus bord". "Sa politique est au service des plus riches et il va continuer comme ça (...). C'est le discours impitoyable d'un gars au service des patrons et des plus riches", a encore déclaré Philippe Poutou.
Jean Dionis du Séjour, député NC de Lot-et-Garonne
Je retiens de l'intervention du Président désormais candidat, l'idée principale qu'un quinquénat peut être effectivement trop court pour réformer un pays tel que le notre. Lorsque le Président affirme qu'il lui faut un second mandat pour poursuivre son action, il a raison. La crise sans précédent que nous subissons a considérablement perturbé l'action gouvernementale ce qui renforce cette idée. Sur la question du recours aux référendums en cas de blocages, pourquoi pas ? Mais leurs recours doivent être limités.
Daniel Garrigue, député de la Dordogne, ex-Villepiniste, rallié à François Bayrou
« Cette déclaration de candidature a au moins le mérite de clarifier la situation. Nous avons un président en campagne, candidat à sa réélection. Cela va permettre d'aborder le débat politique de manière plus sereine. Sur la forme de l'intervention d'hier, on a assisté à un double langage. D'un côté, nous avons eu un discours enclin à séduire un électorat modéré, alors que deux jours auparavant, Nicolas Sarkozy a tenu des propos durs, plus enclins à séduire les électeurs proches du front national. Je retiens également la faiblesse de son bilan. Sur les éléments positifs de son bilan, il ne retient deux choses : la loi sur les universités votée en début de mandat et la réforme des retraites, qui selon moi, ne résout pas les problèmes de fond. Sur les cinq dernières années, le déficit a terriblement progressé et beaucoup de nos concitoyens considèrent que l'on a assisté à un déni de justice sociale et fiscale. Concernant la crise financière européenne, ma perception est que la France a davantage été à la remorque des autres états, notamment l'Allemagne.
Michel Moyrand, PS, maire de Périgueux, conseiller régional
"La candidature de M. Sarkozy à la présidence de la République n'est en rien surprenante tant il était en action pré-électorale depuis trois mois.
Désormais officielle sa candidature ouvre le vrai débat dont le pays a besoin, tant sur son bilan qui est calamiteux, que sur ses projets qui sont fidèles à ce qu'il a fait durant son mandat, à savoir affaiblir la France et une large majorité de nos concitoyens et accroître les injustices."
Eurydice Bled, EELV, conseillère municipale de Pau
Ses thèmes de campagne et solutions pour remédier à la crise sont scandaleusement proches de la méthode d'extrême droite en mille neuf cent vingt neuf: stigmatiser et fragiliser certains types de populations (immigrés, chômeurs...) pour remplir les caisses et créer de l'emploi. Comme en mille neuf cent vingt neuf, l'ultralibéralisme en échec ne trouve de solution que dans le nationalisme et l'histoire nous a prouvé les conséquences inqualifiables de ce tandem sordide.











