Réunis les 8 et 9 juin à Saragosse, les ministres européens des transports ont fait le point des grands dossiers d'infrastructures. Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat français, a signé une déclaration d'intention sur le "projet prioritaire du sud ouest européen de Grande Vitesse " avec ses homologues espagnols et portugais. Mais au-delà de ce geste il fut aussi question de la Traversée Centrale des Pyrénées, la TCP, dont la réalisation semble de plus en plus chimérique. Une raison supplémentaire pour les Béarnais et les Aragonais de militer en faveur de la réouverture de la ligne Pau-Canfranc.
Michel Rodes, vice-président du Creloc, nous adresse la tribune libre que nous publions comme contribution à la connaissance des enjeux de ce chantier; il nous rappelle, au préalable, que "le président de la région Aquitaine, Alain Rousset a inscrit à son budget 30 millions d'euros pour refaire la section Oloron-Bedous de la ligne en 2011 et que les politiques français, faute de mettre sur la table les 100 à 200 millions nécessaires pour rouvrir la ligne Pau-canfranc se dérobent en disant qu'ils sont pour une Traversée Centrale des Pyrénées qui coûtera 8 à 18 milliards dans trente ans..."
"Nous avions rarement vu un tel déploiement de propagande, en faveur de la Traversée Centrale des Pyrénées ( TCP), comme celui qui a précédé la réunion des Ministres européens des Transports, qui s'est tenue à Saragosse ce début de semaine, avec des manifestations organisées à Tanger, Lisbonne et Madrid, aussi bien au point de vue institutionnel que médiatique. Et tout aussi rarement vu, un projet pourtant soutenu par le gouvernement Régional Aragonais ( Diputacion General de Aragon / DGA), obtenir un si piètre résultat, pour ne pas dire essuyer un sévère revers. Comme si l'absence du ministre français M. Borloo n'avait pas suffi, la réponse du ministre espagnol de l'Equipement M. Blanco, à l'intervention du président Aragonais M. Iglesias, ne fut que le prologue de l'implacable constat : le projet ne serait arrêté qu'en 2020, sans même que soit fixée la date des travaux du prétendu axe prioritaire 16 entre Sinés/ Algerisas et Paris par Madrid et la Traversée Centrales des Pyrénées !
TCP: Moratoire ou...refus?
La crise économique a mis un coup d'arrêt à la politique de construction d'infrastructures de l'Europe, surtout en Espagne, lancée à fond, depuis des années, dans la construction d'aéroports tout azimut, d'un des plus grands réseaux d'autoroutes et de la plus grande partie des lignes à grande vitesse du continent. Si on examine les prévisions du Plan Stratégique Infrastructure et Transports espagnol 2005- 2020, force est de constater qu'elles sont surdimensionnées. Malgré tout, le développement économique et l'appui des fonds européens avaient permis de lancer, ces dernières années, de nombreux ouvrages de grandes dimensions, avec des coûts énormes. C'est dans ce contexte que la DGA a parié sur la TCP comme unique liaison avec le Nord de l'Europe, oubliant au passage la très logique revendication de réouverture du Canfranc.
Maintenant que le moratoire, ne vaudrait-il pas mieux pas mieux dire le refus ?- de l'Europe au sujet de la TCP est officiel, que le rêve de M. Iglesias d'être à l'origine d'un grand projet aragonais vient de se briser, il faut récupérer les aspects positifs de la coopération entre Aquitains et Aragonais, entre Français du Sud et Espagnols du Nord, pour dynamiser la situation : rouvrir le Canfranc. Le CRELOC ( Comité pour la réouverture de la ligne Oloron- Canfranc) et la CREFCO ( Coordination pour la réouverture du chemin de fer Canfranc- Oloron) ont déjà lancé un appel à toutes les forces politiques, sociales et économiques de chacune des deux Régions pour ouvrir un dialogue sincère, qui conduise le plus rapidement possible à résoudre notre actuel déficit en matière de voies de communications ferroviaires, avec un projet à la fois, respectueux des milieux montagnards des Pyrénées et adapté à la réduction des ressources économiques.
1,5 milions de tonnes pour commencer
Cet accord supposera des renoncements de part et d'autre. Les Aquitains doivent comprendre que les Aragonais ont besoin d'un passage efficace des marchandises vers le Nord de l'Europe. Les Aragonais doivent comprendre que les Aquitains veulent défendre la qualité de vie et le tourisme dans les vallées pyrénéennes. Les deux aspirations sont nullement contradictoires et ont un point commun : que l'Espagne renonce à ce que la route N 330 et le tunnel routier du Somport soient une liaison internationale pour les marchandises, que la France réouvre le chemin de fer entre Oloron et Canfranc.
Déjà en mars 1999 nous avons proposé cette solution dans le « pacte du Somport », souscrit entre les organisations sociales des deux pays et les maires, à l'époque, de Canfranc et de Bedous.
Pour ceux qui douteraient encore de l'utilité de la ligne Pau- Canfranc- Saragosse, le récent rapport du Conseil Economique et Social d'Aragon ( CESA) démontre que la réouverture du Canfranc serait une solution suffisante pour satisfaire la demande dans les deux ou trois prochaines décennies. Il serait possible d'opérer par étapes, en commençant par 1,5 millions de tonnes par an et en traction diesel, pour atteindre 4,47 millions de tonnes en traction électrique. Cet objectif est réalisable en trois ans avec un investissement entre 100 et 200 millions d'euros pour la partie française, selon les options retenues ( traction diésel ou électrique, etc ... ) . Le tout sans modifier le tracé, donc en respectant l'environnement.
Décidément l'heure est au Canfranc (1). Il faut s'y mettre.
1. lire dans aqui.fr du 2/06/2008 le dossier sur l'histoire du Canfranc
Vincent Feltesse veut un "new deal" de la mobilité dans l'agglomération bordelaise
19/01/12
Cécile Duflot veut "blinder" Eva Joly et promet une campagne moins "naïve"
19/01/12
Un Front pyrénéen se constitue pour obtenir une desserte LGV
19/01/12
Pour aide les communes à faire face à la crise, Philippe Madrelle crée un coefficient de solidarité
16/01/12
En Dordogne, Bernard Cazeau et le préfet présentent ensemble leurs voeux
15/01/12
Premier round du combat Maitia / Lassalle dans la 4ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques
15/01/12
Législatives : la candidature de Noël Mamère invalidée par EELV
13/01/12
L'élue bordelaise Alexandra Siarri contributrice d'un projet numérique collectif lancé par Benoist Apparu pour alimenter le projet présidentiel
13/01/12
Voeux Alain Rousset : objectif élections présidentielles et réindustrialisation de la France
12/01/12
Le Béarn se divise sur l'hypothèse d'une desserte LGV Béarn-Bigorre
12/01/12
Le préfet de Gironde demande une décision en 2012 pour une ligne directe Mérignac aéroport-Bordeaux
11/01/12
Henri Emmanuelli, Président du Conseil général pense « aux Landes » pour 2012 et dénonce "les oublis" de Sarkozy
10/01/12
En 2012, plein feu sur la fibre optique pour le Lot-et-Garonne
10/01/12
A Bordeaux, Alain Juppé conjure la crise en investissant plus
09/01/12
Martine Lignières-Cassou : « Une nouvelle voie Pau-Oloron n'est pas une priorité », à l'inverse de la LGV
09/01/12
Luc Pabeuf, président du CESER d'Aquitaine: des voeux en manière de quadruple A
07/01/12
François Hollande promet une grande réforme fiscale et plus de justice
06/01/12
Michel Sainte-Marie, Maire de Mérignac place 2012 sous le signe de la prospective
05/01/12
En campagne en Lot-et-Garonne, Hervé Morin veut être le candidat d'une politique rurale
05/01/12
Marc Burg, nouveau préfet de Lot-et-Garonne : « Il ne faut laisser personne au bord de la route »
05/01/12
NKM veut rassurer les collectivités locales sur le sort de la LGV au sud de Bordeaux mais est interpellée sur la notion de "coup parti"
02/01/12
La députée socialiste Michèle Delaunay répond à une polémique sur sa proposition de loi pour faciliter le changement de sexe
30/12/11
Jean Dionis du Séjour : « 2011 : un bon cru pour Agen ! »
29/12/11
Une nouvelle carte de l'intercommunalité en Gironde
29/12/11
La députée socialiste de Gironde Michèle Delaunay propose une loi pour simplifier le changement de sexe
28/12/11
| Mentions légales |