Dans un communiqué daté du 13 février, Naïma Charaï, suppléante socialiste du député-maire Verts de Bègles (Gironde) Noël Mamère, lui a demandé de cesser de la qualifier de "musulmane", ce qu'elle n'est pas, dit-elle. Elle fait référence à des propos qu'il a tenus lors d'un débat sur la chaîne parlementaire le 28 janvier. Il parlait d'elle comme musulmane en affirmant qu'elle était opposée à une loi sur l'interdiction du voile intégral ou "burqa". Un "clash" qui intervient en pleine campagne pour les élections régionales et révèle les tensions actuelles entre le PS et les Verts.
"Militante féministe, laïque et socialiste, je n'accepte pas que mon député titulaire me présente comme une élue musulmane", écrit-elle dans son communiqué. "Je considère que les propos qu'il a tenus dans cette émission sont du même ordre que le dérapage de Nicolas Sarkozy lorsqu'il présentait un préfet comme musulman et que j'avais vivement dénoncé à cette époque", ajoute la conseillère régionale. Naïma Charaï explique qu'elle refuse d'être réduite à une appartenance religieuse et de surcroit, elle précise qu'elle est pour l'interdiction de la burqa. "Féministe et militante associative, j'ai toujours milité pour une loi pour l'interdiction de la burqa en France. Le voile intégral est pour moi l'étendard d'une idéologie sectaire et intégriste, attentatoire à la dignité humaine", dit-elle.
Noël Mamère reconnaît "une maladresse", mais n'accepte pas d'être comparé à Sarkozy
De son côté, Noël Mamère, qui a accepté de nous répondre, reconnaît "une maladresse". "Je pensais qu'elle était sur la même position que le PS sur la burqa". Ceci étant, il se dit "blessé par l'idée que l'on puisse le comparer à Nicolas Sarkozy". "Désormais, il y a match nul, balle au centre", poursuit le député Verts. Selon lui, "cette polémique prend une ampleur disproportionnée. Il faut arrêter maintenant". "Tout ceci est lié à un contexte électoral évidemment", avance Noël Mamère, qui rappelle que cette intervention télévisée remonte à une quinzaine de jours... Ceci étant, "cela ne change rien au respect que je porte à Naïma Charaï", conclut-il.
Nicolas César