Saveur | Un repas complet à moins de 10 euros au coeur de Périgueux
17/10/2012 | Cuisinier depuis plus de 30 ans, Gérard Caillé propose une offre anti crise, un buffet à moins de dix euros. La formule séduit.
Afin de permettre à ses clients de manger bon et pas cher, Gérard Caillé, gérant du Jaune Poussin et cuisinier de métier, a créé 250 places assises dans un ancien bowling devenu dancing. Il décide en 2008 de lancer une formule inédite : un buffet libre à volonté à moins de 10 euros. En quatre ans, le prix du repas a légèrement augmenté. Il est proposé aujourd'hui à 9,50 euros. A ce prix là, le client a le choix, parmi une quinzaine d'entrée froides de saison, un ou deux plats du jour, de la salade, des fromages, laitages et pâtisseries. 95 % des produits sont frais.
La formule d'un menu complet à moins de dix euros, lancée par Gérard Caillé, cuisinier et restaurateur périgourdin séduit. Aujourd'hui, le Jaune poussin, un ancien dancing transformé en restaurant, accueille chaque midi, en moyenne 130 couverts. « C’était un peu avant la crise, et j’ai voulu anticiper la baisse de la TVA sur la restauration. Il fallait pour trouver l’équilibre que je réalise une centaine de couverts à midi. Aujourd'hui, le pari est gagné. Si je n'avais pas revu ma façon de travailler, j'aurais fait faillite," explique Gérard Caillé. Le secret de Gérard Caillé, c'est une organisation sans faille et la complète maîtrise des coûts de production. Il y est parvenu en optimisant l'organisation du travail.
Le concept allie petits prix et qualité. Le restaurateur propose en libre-service : 15 entrées froides, 2 plats du jour et garnitures, salade verte, fromages et desserts. 95 % des produits sont frais et préparés par le chef lui-même, et le pain est cuit sur place. Les clients peuvent consulter le menu de la semaine sur le site internet du Jaune poussin. "Certains jours, nous avons des pics à 200 couverts. Nous recevons des clients de tous horizons : des retraités, des professions libérales, des cadres, des cars de touristes. Chacun regarde son porte-monnaie," observe le restaurateur.
Former ses confrères restaurateursCe concept a permis la création de deux emplois à temps plein et de trois contrats d'apprentissage. Le chiffre d'affaires a progressé de 30 % pour atteindre 300 000 euros. . «Les repas du midi représentent 75 % de l’activité, et le dimanche, nous organisons des thés dansants, mais nous avons abandonné les dîners spectacles. »
Le restaurateur périgoudin souhaite exporter sa formule auprès d'autres confrères qui souhaitent relancer ou dynamiser leur activité. "Je suis prêt à accueillir pendant deux jours dans mon restaurant, d'autres restaurateurs et les former à ma méthodologie, à travers des exercices pratiques,"poursuit Gérard Caillé. A l'issue des deux jours, le "stagiaire" devrait être capable de cuisiner à moindre coût en gagnant de l’argent, d'acheter les matières premières au meilleur prix et il repartira avec un livret de recettes bon marché.

Claude-Hélène Yvard
Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard













