Société | A Bordeaux, une paëlla qui réchauffe le coeur des plus démunis
26/12/2012 | Ce mardi 25 décembre a eu lieu la 19ème paëlla géante offerte aux plus démunis par le restaurant "Bodega Bodega"
C'est une tradition depuis 19 ans. A Bordeaux, le restaurant, "Bodega Bodega", sert un repas aux SDF de la ville. Chaque année, le menu est le même : paëlla, mais, malheureusement, avec la crise, le succès de cette initiative est grandissant. Mais, il n'est pas certain qu'il y ait une 20ème paëlla du coeur. En effet, Daniel Cuny, le patron de ce restaurant s'apprête à vendre son commerce. L'ambiance était donc particulière ce 25 décembre. L'occasion aussi de porter un regard sur une pauvreté qui a beaucoup évolué en près de vingt ans.
"On a écrasé une larme. C'est peut-être notre dernière paëlla du coeur", confie, avec émotion, Daniel Cuny, le patron du restaurant "Bodega Bordega" à Bordeaux et fondateur de la paëlla du coeur, offerte chaque année depuis 1994 aux plus démunis, ceux qui vivent dans la rue et qui sont souvent "oubliés" en ces périodes de fêtes. "A l'époque, on marchait bien, on a vite senti que c'était quelque chose à faire, cela adoucit les rapports des SDF avec les commerçants", explique-t-il, humblement. Mais au fil des années, le nombre de bénéficiaires de la paëlla n'a cessé d'augmenter. Il y a la fois ceux qui sont en difficulté financière et ceux qui souffrent de la solitude.
D'autres initiatives à l'image de la paëlla du coeur ?Ce 25 décembre, ils étaient 950 à venir déguster cette paëlla du coeur et à partager un grand moment de convivialité. Avec en prime depuis 2011 des toasts de foie gras, offerts par un producteur des Pyrénées-Atlantiques. Les profils du public ont évolué en près de deux décennies. Désormais, il y a davantage de jeunes, de mères avec enfants, voire de familles, ne vivant pas forcément dans la rue, mais qui peinent à vivre décemment. "C'est important pour nous de voir que l'on pense à nous" avoue Jacky, qui vit dans la rue depuis dix ans. Au service des plus fragiles, il y avait aussi pas moins de 80 bénévoles, dont certains ont parfois traversé des moments difficiles au cours de leur vie. "Une petite dizaine d'entre eux sont présents depuis le début, il y a 19 ans", souligne Daniel Cuny, sur le point de vendre son restaurant, ce qui signifierait la fin de la paëlla du coeur. "Mais, rien n'est signé", précise-t-il. Il n'empêche pour lui, l'élan de solidarité et la convivialité avec les précaires créés autour de la paëlla du coeur ne peuvent disparaître ainsi. "Nous allons garder le contact avec les bénévoles pour organiser d'autres événements de ce type", conclut-il.

Nicolas César
Crédit Photo : NC












