20/10/14 : Les élus socialistes et républicains des Pyrénées-Atlantiques refusent de participer à la démarche Pays de Béarn initiée par François Bayrou. Ils estiment qu'il s'agit d'un "repli sur soi" au moment où la coopération entre territoires doit prévaloir.

20/10/14 : Les premières rencontres littéraires organisées du 21 au 23 novembre à Pau dans le cadre d'un événement baptisé "Les idées mènent le monde" auront pour thème le bonheur. De Luc Ferry à Vincent Lindon et Michel Drucker, les invités seront nombreux.

18/10/14 : Hervé Bournoville, sous préfet de l'arrondissement de Nontron, prendra ses fonctions lundi 20 octobre. La cérémonie de son installation débutera à 11 h 30 par un dépôt de gerbe au monument aux morts.

18/10/14 : En raison des conditions météorologiques exceptionnelles, la Ville de Biarritz réouvert le temps du week-end la surveillance de la Grande Plage par les maîtres nageurs sauveteurs

17/10/14 : Les radicaux de gauche réunis à Paris ce 17 octobre ont voté leur maintien dans la majorité gouvernementale ayant obtenu selon Jean-Michel Baylet satisfaction quant au maintien de 52 ou 53 départements ruraux dans la réforme territoriale.

17/10/14 : Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques organise une journée des volontariats solidaires ce samedi 18 octobre de 10h à 18h à la Caserne de la Nive à Bayonne. L’entrée est libre et gratuite.

17/10/14 : Aujourd'hui 27ème Journée mondiale du refus de la misère. Dans ce cadre-là, à Villeneuve/Lot marche proposée de la mairie à la halle à 18h

16/10/14 : Le Conseil d’administration d’Aquitanis, Office public de l’habitat de la Communauté urbaine de Bordeaux, qui s’est tenu mercredi 15 octobre 2014, a décidé de ne pas augmenter les loyers de ses 17 600 locataires pour l’année 2015.

16/10/14 : Les 13 premiers contrats professionnels pour la réalisation du chantier Lascaux 4 seront signés demain à 15 h à Montignac entre la société Lagarrigue, mandataire du groupement d'entreprises pour la réalisation du macro lot, et le Conseil général.

16/10/14 : La justice a décidé de maintenir en détention l'anesthésiste qui avait été incarcérée après le décès d'une jeune maman, à la maternité d'Orthez. Mise en examen pour homicide involontaire aggravé, elle était ivre lors de l'accouchement.

16/10/14 : L'actrice Marie Dubois est décédée à Lescar, près de Pau. Souffrant de sclérose en plaque, elle avait 77 ans.

15/10/14 : Forte perturbation sur la RN 10, ce mercredi matin au niveau de Gauriaguet, direction Angoulême, une manifestation des agents CGT de la direction des routes voulant alerter les usagers sur « les risques de privatisation du réseau routier national. »

15/10/14 : Le championnat de France de ski alpin et nordique sport adapté fera étape pour la première fois dans les Pyrénées, du 18 au 21 mars 2015, à la station de ski de Gourette (64). Cent cinquante compétiteurs sont attendus pour l'occasion.+ d'info

15/10/14 : La base navale de l'Adour, dissoute à Anglet (64),demeurera un site d'Etat. Elle sera reconvertie en pôle de services regroupant notamment les éléments maritimes de la douane et de la gendarmerie, ainsi que des affaires maritimes.

15/10/14 : La compagnie Volotea a annoncé son intention de relancer sa ligne aérienne vers Lille, au départ de Biarritz, à compter du 25 avril 2015. Deux vols par semaine sont prévus le lundi et le jeudi.

14/10/14 : Des conseils sur la conduite à tenir face à la menace que présente le virus Ebola sont relayés sur le site Internet de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. + d'info

14/10/14 : Les jeunes agriculteurs de la Dordogne et la FDSEA manifesteront aujourd'hui en fin de matinée devant la direction départementale des Territoires à Périgueux pour protester contre les nouvelles contraintes. Ils déverseront du fumier.

13/10/14 : Les dégâts d'ours représentent toujours moins de 1% de la mortalité totale du bétail qui est estimée en été à 25 000 brebis dans les Pyrénées, indique l'association Adet Pays de l'Ours. L'été dernier, 135 bêtes ont été tuées, et 1 ruche détruite.

11/10/14 : Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques annonce qu'une arrivée d'étape du Tour de France aura lieu en 2015 dans la station d'altitude de la Pierre-Saint-Martin, en vallée du Barétous. La décision doit être confirmée le 22 octobre, dit-il.

10/10/14 : Le sénateur socialiste périgourdin Claude Bérit Debat, réélu le 28 septembre , a été désigné vice président du sénat. Il est l'un des vice président de la haute Assemblée avec la girondine Françoise Cartron.

10/10/14 : Johny Halliday fera son grand retour au Palio de Boulazac, le vendredi 12 février 2016. Le locations pour ce concert sont ouvertes depuis ce vendredi matin. Les tarifs varient entre 42 et 150 euros. Renseignements au 05 53 02 40 80

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  • 20/10/14 | Une nouvelle plate-forme de "crowdfunding" en Aquitaine

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    L'Auberge Numérique, incubateur de projets numériques dans la région, vient de se doter d'une nouvelle plate-forme de "crowdfunding" : le financement participatif en ligne. Sur le site web Aquitaine-Startup.fr, les internautes peuvent désormais participer à des collectes de prêts ou entrer dans le capital d'une entreprise. Le dispositif a vu le jour au sein de l'agence aquitaine du numérique (AEC) et grâce au concours de Happy Capital, société girondine spécialiste du financement participatif.

  • 20/10/14 | Dans les Pyrénées-Atlantiques, la pluie a rendu l'été plus sûr

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    L'été pourri qu'ont connu les Pyrénées-Atlantiques a au moins présenté un avantage : le nombre d'incendies, vols et cambriolages a nettement été réduit par rapport à 2013. Sur les plages, où aucune noyade n'a été déplorée pendant la saison estivale, 1528 personnes ont été secourues contre 2272 l'année dernière, et 80 enfants égarés ont été retrouvés (205 en 2013). Quatre alertes actives ont concerné la présence de listeria dans des chipolatas, du fromage au lait cru, du jambonneau et des salades composées.

  • 20/10/14 | L'Aquitaine, championne de la création d'emploi en France

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    L'Aquitaine arrive en tête des régions créatrices d'emplois en France, selon une enquête de l'Ursaff, à égalité avec l'Ile de France et Midi-Pyrénées. 1653 créations d'emplois ont ainsi été répertoriées au deuxième trimestre 2014, soit une augmentation de 0,2% par rapport à l'an dernier. Les principales embauches ont été effectuées dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. De bons résultats qui restent à nuancer, puisque la Gironde et la métropole bordelaise voient le nombre de salariés se réduire dans les autres secteurs professionnels.

  • 20/10/14 | Succès pour la 4ème Semaine Digitale

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    C'est l'heure du bilan pour la quatrième édition de la semaine digitale, qui s'est tenu du 13 au 19 octobre dernier. En tout, ce sont plus de 5000 personnes qui se sont pressées au Village de l'innovation et ont participé à la Grande jonction et à la nuit du web du Hangar 14. Les conférences ont quant à elles réuni en moyenne 200 personnes chacune. Enfin, le succès a aussi été au rendez-vous sur le net, notamment sur Twitter ou le hashtag #SDBX14 a été distribué plus de 15 millions de fois. Le rendez-vous est déjà fixé pour la prochaine édition : ce sera la première semaine d'octobre 2015.

  • 20/10/14 | Travaux de restauration au musée Vesunna de Périgueux

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    Le 2 août 2013, un orage de grêle avait endommagé le musée Vesunna à Périgueux. Les travaux de réfection de la toiture, dont les lots ont été atribués à des entreprises locales, débutent lundi. Le musée reste ouvert pendant les travaux, mais une partie - celle correspondant à la cuisine de la domus - ne sera pas accessible au public du 20 octobre au 15 novembre. En raison de ces désagréments, le plein tarif adulte individuel sera proposé à 4 € au lieu des 6 € habituels.

Les dossiers d'Aqui

La LGV Sud-Ouest Bordeaux 2030 Innov'action et Agriculture

Société | Compte rendu du 3ème rendez-vous d’Aqui ! «L'information de qualité à l'heure du low cost»

20/09/2013 | Internet et les nouveaux outils bouleversent les conditions de création des contenus. Le 3ème colloque d'Aqui enfonce le clou et interroge «l'information de qualité à l'heure du low cost».

Ouverture du rendez-vous d'aqui édition 2012

Après un premier rendez-vous qui avait interrogé «l'effet numérique» appliqué à l'information, puis un deuxième plus lié à la notion de «smart média» et à ses conséquences sur un journalisme «renouvelé», Aqui.fr et l'Association «Les Amis d'Aqui!», se penchent aujourd'hui sur une question centrale quant à l'avenir de la profession, et notamment sur le net, celle de son financement. «L'information de qualité à l'heure du low cost» telle est la thématique abordée aujourd'hui au Rocher Palmer à Cenon par les nombreux intervenants du colloque dont vous pourrez suivre les échanges, débats et réflexions ici même et via twitter (rdv_aqui). Parmi eux, Pierre Haski (Rue 89), Eric Scherer (France télévision), Jacques Rosselin ( fondateur de Courrier international), Roland Cayrol (politologue) et bien d'autres...

10h : Ouverture et accueil par Alain David, Maire de Cenon, qui rappelle qu'à Cenon, la culture est au centre du travail réalisé par la commune. En 3 ans, Le Rocher de Palmer a accueilli 300 000 personnes, c'est un des hauts lieux des Musique du monde mais aussi du numérique.

10h10 : Les enjeux du troisième Rendez-vous d’Aqui.fr. « Le journalisme à l’épreuve de l’immédiateté et du risque de confusion des métiers » par Roland Cayrol, président d’honneur des Aquinautes, les amis d'Aqui.fr

 Je me réjouis du thème retenu aujourd'hui, la qualité. Qualité en termes d'informations, de cadrage de l'analyse, style d'écriture et photo, rapidité de la réaction...Une exigence qui doit se vérifier tant au niveau de la presse régionale, locale et nationale. Des exigences qui s'imposent, pour survivre, à tous les média, traditionnels ou numériques nouveaux.

Mais, sur le numérique, l'exigence d'immédiateté rend ce niveau de qualité de plus en plus difficile à atteindre. La presse nationale est en chute libre depuis 2 ans et plus encore cette dernière année. Libération a perdu la moitié de ses lecteurs. Le Monde subit également des pertes importantes, 15% au Figaro, etc.... La corrélation n'est pas fortuite entre la baisse du public et la qualité de l'information.

"Pas de rentabilité économique sans qualité"

La crise est plus profonde encore ces derniers mois. La presse papier quotidienne est en voie de quasi disparition. Pour autant il y a pour le journal, un avenir important, y compris sur tablette ou forme numérique. Et la presse quotidienne régionale  emboîte le pas, Sud ouest et Ouest France, par exemple. Certains résistent mieux que d'autres, et la qualité n'y est pas pour rien. Il en va de même pour les pure players. Là aussi les efforts de qualité sont payants en terme  de pérennité et de progrès, là où l'accès à la pub est encore plus difficile.

Pas de rentabilité économique sans opérer ce passage par la qualité. La version numérique du New York Times est de meilleure qualité par rapport aux journaux en France. Un effort de qualité est encore nécessaire chez nous. Le N.Y.T a choisi de faire payer la consultation au dessus de trois articles. C'est un modèle papier et numérique nettement bénéficiaire. Il se dégage donc un modèle bi-média qui devient rentable. Le Washington Post s'est également lancé dans ce type de modèle.

On a trop l'habitude de tout avoir sur le net gratuitement, y compris l'information immédiate, donc le fait d'acheter sur le web doit avoir un «plus» : la qualité.
Depuis le début des moyens d'information, il existe une différence d'accès à l'information, et ce malgré l'arrivée d'internet, "ce gap" n'est pas comblé. Il faut donc veiller à un effort sur la qualité mais qui soit en permanence accessible.

10h15 - Mises en bouche:

1) «Les dernières nouvelles de mon smartphone» par Antoine Chotard, veilleur à Aquitaine Europe Communication

L'information d'aujourd'hui me donne la météo, ma tension, mon poids...Le lien entre téléphone, tablette, smartphone et toutes autres machines connectées est désormais considérable. Tout est numérique, toutes les actions ou activités de l'homme se numérisent ou sont perceptibles grâce aux applications : faire son jogging, mesurer sa performance, mesurer ensuite les modifications physiques, qu'il s'agisse du poids ou de la tension,  de nourrir son chien via une application qui distribuerait  telle dose de croquettes à telle heure.  La santé est, elle aussi, pleinement concernée par cette numérisation grâce à des systèmes permettant d'indiquer à quel moment prendre ses médicaments ou d'autres qui permettent un suivi de grossesse du début à la fin. Enfin, la vie personnelle et intime est, elle aussi, régie par des applications qui indiquent et mesurent tout ce qui est fait, de la fourchette intelligente signalant si je mange trop ou pas assez vite à d'autres plus étonnantes comme des sous-vêtements numériques, toujours dans le souci de relayer l'information, aussi domestique qu'elle soit.

Tous ces exemples cumulés sont bien sûr une fiction mais je pense que tous ces objets connectés, ces gadgets, vont bien fonctionner dans cette société de « flippés » où l'individu revient au centre, toujours soucieux de mesurer ce qu'il fait, de comparer ses performances. On est, en effet, chaque jour un peu plus dans la mesure de soi; on produit de la data et et l'information pour tout, du plus intéressant au plus futile, ce qui renforce cette logique de micro-information.

Pour rappel, quelques chiffres assez signifiants : 700000 de produits sur Apple, 250000 de produits activés chaque année sur Androïd ; en 2011, on comptait plus d'objets connectés que de gens sur la planète, c'est dire... 

2) « L’information à l'heure du low cost en mode industriel » par Eric Scherer, chargé de la prospective à France Télévisions

Il y a eu une bonne liaison entre le propos de Roland Cayrol et celui d'Antoine Chotard. Le dernier mot de Roland Cayrol a été important: il a parlé d' «une qualité accessible». Peut être pensait-il au coût, au prix. Mais Antoine Chotard nous a rappelé que l'accessibilité, c'est aussi un mode d'interface. L'information doit être accessible, disponible, et les nouveaux outils doivent permettre cette accessibilité.

Le numérique c'est plus facile, moins cher et plus rapide. Ce sont ces fonctionnalités là qui sont en train de gagner. Trois caractéristiques à ne pas oublier, sinon on oublie aussi qu'on est en train de changer d'époque, de médias et de journalisme. Aujourd'hui, on peut produire, parfois mieux qu'avant pour moins cher : c'est que j'appelle la phase de « low cost industriel ».
La numérisation d'un nombre de plus en plus grand d'activités humaines, a tellement abaissé les coûts qu'ils sont parfois réduits à néant.

Les qualités de cette époque, ce sont la souplesse, l'ubiquité, l'immédiateté, mais aussi la proximité, l'individualisation, la personnalisation de l'information. Mais surtout, c'est l'abondance de l'information. Avant c'était plutôt la rareté de l'information qui dominait.
Le fait que ces technologies fonctionnent et que cette époque repose sur des technologies facilement prises en main par le public, intuitives et donc vite adoptées par ce public. Ce fameux low cost ne touche pas que les compagnies aériennes, les lunettes ou encore les voitures construites à l'étranger; il touche de nombreux services, mais on a souvent l'impression que ce low cost passe par des fonctions moins performantes. La grande transformation avec les médias low cost, c'est qu'on n'a pas nécessairement à faire avec une version édulcorée. Faire mieux pour des produits moins chers c'est aujourd'hui possible. Les coûts sont moindres, les usages sont multiples, déplaçables, mais surtout ils ont le succès du public.
En plus de l'effondrement du tarif à l'entrée, les technologies enrichissent les usages. Un smartphone, non seulement est une caméra haute définition mais aussi une station de télé qui permet de diffuser sur internet. Twiter, est un réseau social mais aussi une agence de presse, personnalisée, et mondiale.
Ces outils permettent la création, la production et le partage: les gens peuvent publier, diffuser, remixer sans contrainte de temps et de lieu. Publier est plus facile.

Depuis 10 ans, tous ces médias en se digitalisant, se sont transformés. Mais tout ce qui était lent et centralisé, devient fragmenté, atomisé, plus rapide, le tout en réseau.

"L'appétit pour l'info n'a jamais été aussi grand"

En France, chaque foyer compte en moyenne entre 6 et 11 écrans. Si les années 2000 ont été la décennie du «tous médias» (pas journalistes...), les années 2010 seront, après cette démocratisation de l'écriture et la possibilité d'interagir et remixer, dans un système de «tous des télés». La démocratisation de la vidéo est le phénomène le plus important de ce qui se passe en ce moment; elle va devenir, un outil utilitaire dans tous les secteurs, notamment l'éducation, l'université ...
Quand on voit que You tube est le 1er réseau social, 1er site de musique pour les jeunes et le 2ème moteur de recherche, on mesure bien l'importance de la vidéo.
Cette vidéo n'est plus uniquement consacrée à des chats qui font du skate board... Des pur players viennent débaucher des professionnels de l'image. Internet et ses nouvelles plate-formes sont en train de déstabiliser la télévision. Les sites des grands journaux américains couvrent en direct ce qui se passe dans leur périmètre. Les magazines, mode ou sport, intègrent l'image animée.

Je ne crois pas que la presse soit en crise, l'appétit pour l'info n'a jamais été aussi grand. Le problème reste le modèle économique encore que, comme l'a signalé Roland Cyarol, le New York Times est en train d'y parvenir.
Les outils de captation de la réalité, sont beaucoup plus légers qu'avant et se développent. De plus en plus d'équipes travaillent avec des appareils photos qui font de la vidéo plutôt qu'avec des caméras, voire des « Google glass ». Ces lunettes sont en cours d'expérimentation. Des drônes aussi peuvent être utilisés quand la situation sur le terrain est difficile. On est dans la prospective mais ça doit être regardé de très prés. Idem pour les outils de montage, de diffusion,etc...
Sur des sites comme You stream, life stream, on peut diffuser en direct par un téléphone portable.

Selon le journaliste Tim Pool : « les journalistes doivent être plus aguérris à la technologie que le reste de la population. » C'est un des enjeux du journaliste : protéger ses sources, son disque dur... » par des logiciels, des puces cachés dans des pièces de monnaie.
Les journalistes sont effrayés d'entrer dans cette zone « très techno ». Il faut pourtant « un journaliste SMS», pour Smart, Mobile et Social.

Un label pour l'information

Plus smart, ça veut dire vérifier l'information, lui donner un label, qu'on a pas dans le bruit d'internet, mais aussi donner davantage de contexte et de mise en perspective rapide d'un événement. Plus mobile , c'est être plus agile, plus réactif, et ouvert aux nouvelles technologies. Plus social : si le journaliste n'est pas là pour provoquer pour écouter, il sera en difficulté. Il est là pour organiser, animer le débat.
Le New york times a des revenus en train de croître, idem pour certains groupes allemands. Ce n'est pas un hasard, la vidéo y est présente. Les gens aiment ça et en outre la vidéo est plus porteur pour la publicité.
Autre pilier de changement : garder à l'esprit que la rédaction n'a pas la parole absolue, favoriser l'éclosion des talents. Essayer de rendre service au lecteur, et aqui.fr pour cela est en pointe, organiser la vie sociale. Soutenir l'innovation en essayant, testant, expérimentant.

3) « Le paysage franco-français » par Jean-Marie Charon, sociologue et chercheur au CNRS

Je me suis mis dans la peau de ce que je fais lorsque je lis la correspondance de la presse chaque matin, quand Twitter relaye la presse et j'ai fait plusieurs observations :

La première concerne bien-sûr les problèmes de la diffusion qui a tendance à se fragiliser et on note que même les anciens bons élèves comme Le Parisien et l'Equipe sont en difficulté et que seulement deux journaux s'en sortent mieux : Les Echos et la Croix. Pour la première année, la presse quotidienne générale est en recul, un quart des quotidiens régionaux perdent 5% de diffusion et on observe d'ailleurs que plus on est en zone urbaine, plus les reculs de la PQR sont importants; à Marseille, La Provence a reculé de 50% en trente ans. La question des magazines est elle aussi en jeu avec une perte globale de 4,4%.

"Réinvestir dans l'innovation et la création"
La seconde observation pose la question de la publicité; les petites annonces ont disparu, le recul de tous les médias est de 9%. On peut alors se demander vers où vont tous ces flux financiers et le trio de tête ne surprend guère : Microsoft, Google et Orange.

Troisième observation : l'audience ; on est à un moment décisif en matière de presse écrite où les deux questions liées aux ressources publicitaires et à la recherche nécessaire d'économie doivent trouver un compromis.

Le quatrième point concerne l'importance et l'urgence de réinvestir dans l'innovation et la création, il y a aujourd'hui une véritable priorité à trouver une articulation entre le numérique et le Print.

Ensuite, cinquième observation, la question de faire payer le contenu, il y a évidemment une opposition très claire entre le fait qu'on a, d'un côté, une information factuelle redondante qui sera toujours gratuite et d'un autre côté, une véritable information qu'on pourrait qualifier d'information à valeur ajoutée ; le souci est aujourd'hui de savoir si cette dernière est capable de financer les rédactions.

Ma sixième observation met en avant la question de la mobilité, avec les smartphones, les tablettes et plus récemment les montres et les lunettes ; à chaque fois qu'on change de support, on change de contexte d'utilisation. L'idée selon laquelle on va proposer les mêmes contenus quels que soient les supports n'est pas valable, ces différents supports ne s'utilisent pas au même moment, pas dans le même contexte.

Mon dernier élément d'observation est celui-ci : aussi étonnant que cela puisse paraître, on vend aujourd'hui les entreprises de presse, pensons ici au très remarqué rachat du Washington Post par le propriétaire d'Amazon ou à Lagardère qui est prêt à vendre ses magazines. La difficulté est donc de trouver des modèles économiques adaptés à la presse prenant en compte tous les bouleversements qu'elle a connus ces dernières années avec ce déploiement du numérique ».

11h00: L'information en mode numérique, ses modalités d’aujourd’hui
Avec Yves Harté rédacteur en chef, directeur adjoint de l’information « Sud-Ouest », Pierre Haski, journaliste cofondateur du site Rue89, Xavier Lalu, journaliste, associé, Carré d'Info, Sabine Torres, ex directrice de Dijonscope, Franck Niedercorn, correspondant des Echos à Bordeaux, Eric Scherer, chargé de la prospective à France, Jean-Marie Charon, sociologue

Xavier Lalu: Avec Carré d'info, nous avons voulu mettre en place une information participative sur Toulouse. Nous fonctionnons beaucoup avec une communauté de lecteurs, qui nous suivent depuis le début. C'est grâce à eux que nous sommes encore là. Nous fonctionnons beaucoup avec notre communauté de lecteurs, grâce à des abonnements, mais aussi parce que cette communauté est monétisée à travers la pub. On ne fait pas de faits divers. C'est notre choix, nous préférons faire une information de qualité, différente du quotidien local qui traite beaucoup de ces faits divers.

Pierre Haski: Rue 89 est parti de notre expérience de blogueur, découverte du lecteur comme acteur de la fabrique de l'info. Tout le monde a le désir de participer à cette gigantesque machine de l'information. A nous de faire en sorte que ça se passe de façon journalistique. Nous avons tous les jours des gens qui veulent raconter des histoires. Ils font le lien entre histoire personnelle et fait de société, témoignage à la fois intime et social, collectif et révélateur de la société aujourd'hui. Nous faisons également appel à nos lecteurs à l'étranger pour témoigner d'évènements qu'ils peuvent vivre. Nous avons également proposé à ces lecteurs de faire connaître des idées ou services qui existent dans leurs pays et qui n'existent pas en France. Tout est vérifié par un journaliste professionnel. Et ce sont des papiers qui cartonnent.
Avant le numérique, en tant que journaliste, mon travail s'arrêtait au moment où je publiais, ensuite avec le numérique, une 2ème voie s'est ouverte: le débat généré sur la toile; maintenant une troisième voie est possible: aller voir le ministère ad hoc qui permettrait la mise en œuvre de ces idées en France, ou au moins savoir ce qui bloque pour leur mise en place.

"le défi du numérique est terrifiant et enthousiasmant"

Eric Scherer: Le lien social est en train de "driver" le reste des médias. Ce n'est plus possible de faire du «top down» dans notre métier... d'une manière globale, les corps intermédiaires sont de plus en plus «desintermédiés».

Yves Harté: Je vis de l'intérieur quelque chose qui s'apparente à la perte d'un modèle journalistique. Internet permet la rencontre de personnes qui sont des spécialistes de choses dont nous parlons. Maintenant nous devons nous servir de la compétence des internautes. Autres changements, le grand contre coup économique. Il ne vient pas que de l'audience mais aussi de la chute brutale de la publicité. Paradoxalement, ça fait longtemps que Sud Ouest s'est intéressé au numérique. Paradoxalement, nous n'avons jamais eu autant d'audience, notamment dans la région parisienne, nous avons plus de lecteurs là bas qu'en Poitou-Charentes.
Sur le fait divers, la version numérique reprend la page des faits divers qui existe sur le papier ; Ce qui nous intéresse le plus c'est ce qui est le plus lus ou commenté.

Sabine Torres: En 2009, nous avons créé un journal en ligne, Dijonscope en Bourgogne, mais j'ai déposé le bilan en mai 2013. Quand j'ai créé le journal, on avait un usage très « web 0 », la preuve, il n'y avait pas de lien hypertexte.... ! Les commentaires se sont rapidement mis en place. Selon moi, il vaut mieux trop de liberté d'expression que pas assez, quitte à prendre la bêtise qui va parfois avec... Nous avions un charte dans laquelle les déjeuners et cadeaux presse étaient interdits. Face à nous un mastodonte de 250 journalistes, comment les contrebalancer ? En allant dans des créneaux qu'ils n'utilisent pas : la critique économique, politique, le sport sur les subventions... En quatre ans, l'article qui nous a rapporté le plus de lecteurs, c'est la brève qui annonçait l'élection de miss Bourgogne, en miss France ... Ce sont sur des sujets où l'on n'attendait pas les lecteurs que l'on s'est trouvé plutôt pas trop mal, et la pub aussi suivait.

Yves Harté : Quand on est comme nous un journal «vieux jeu», la gratuité de l'info sur le numérique nuit à notre abonnement papier. Donc notre réflexion en cours c'est : quelle sera la proportion payante du site ? Et je pense qu'elle sera extrêmement importante. Ce qui fait la richesse du journal papier deviendra payant.

Franck Niedercorn : Nous aussi on est un vieux journal, et également le défi du numérique est soit terrifiant soit enthousiasmant. Pour l'instant les correspondants en Région ne sont que très peu présents sur le site des Echos mais sur l'émergence du bi-média aux Echos, on ne peut pas dire qu'il y ait une moindre place aux correspondants régionaux dans la version papier. Grosso modo, on a à peu près les mêmes places. L'innovation nous a beaucoup intéressé aux Echos. Ici on la traite souvent sous l'angle des PME qui innovent. En Aquitaine, il y a une vraie appétence pour ça, même si parfois le mot est un peu galvaudé.

Pierre Haski: Il existe incapacité des journalistes à s'appliquer à soit ce que l'on constate chez les autres. L'innovation notamment. Incapacité à se dire, «la presse a cogné sur un mur, expérimentons des choses différentes». Et pour ça il n'y a pas d'autres moyens que d'expérimenter, voire arrêter si ces expérimentations ne trouvent pas leur public. On le dit à longueur d'éditoriaux, en voulant pousser par exemple le gouvernement a plus d'innovation, mais nous sommes incapables de nous l'appliquer à nous mêmes.

Jean-Marie Charon : La publicité ne retrouvera jamais le même niveau. Donc il faut une autre ressource. Et nous sommes face à une demande d'information de plus en plus spécialisée, personnalisée avec plusieurs supports utilisés dans des contextes différents, donc les journalistes doivent travailler plus, en allant toujours une exigence de qualité, avec le regard et l'évaluation d'un public beaucoup plus exigeant. La rédaction traditionnelle fermée, c'est fini. On va vers des rédactions ouvertes, avec une externalisation vers les non journalistes, à la fois « tout le monde », des témoins, mais aussi l'expertise. Le monde du journaliste change, sa compétence s'est désormais aussi de savoir faire travailler les autres, donner du sens, vérifier.

Sabine Torres : Le journaliste est dans sa tour d'ivoire, il pense être un expert et détenir la vérité, or ce n'est plus possible. Est ce que ce n'est pas ce qui a fait que le public manque de confiance en nous. On manque d'humilité. On a un métier de devoir; trop l'ont oublié.

Xavier Lalu : Je partage à 100 % ce qu'a dit Sabine. A "Carré d'info", on a un esprit collaboratif, on pense à l'innovation, se poser la question de la forme de la rédaction. Le problème c'est qu'on se rend compte que c'est chronophage et qu'il faut avoir des moyens... notamment pour le travail sur les données. 

Echanges avec la salle:

Question: Premièrement, qu'en est-il aujourd'hui de la qualité de l'écriture dans les journaux numériques et deuxièmement, avec la presse en ligne, quelles sont les évolutions concernant la prise en compte de la carte de presse ?

Pierre Haski: Observation simple : quelqu'un qui écrit bien sur le papier écrit bien sur internet ; on note d'ailleurs un retour en force du long format en ligne, la qualité de l'écriture est différente, elle y est souvent plus personnelle, plus engagée, on se permet plus de choses, ce qui n'empêche pas que la langue reste de qualité. Quand vous demandez à un journaliste de publier dix papiers par jour, la qualité ne peut pas être systématique, ça n'est pas possible. Concernant la carte de presse, la commission a du s'adapter aux journalistes en ligne, les critères sont aujourd'hui les mêmes et c'est normal, les journalistes en ligne et les journalistes papier sont avant out des journalistes. La question des blogueurs peut se poser, on verra comment évoluent les choses...

 MGB: Le lecteur au centre du dossier

Sabine Torres : la base c'est savoir écrire, c'est savoir parler, c'est maitriser la langue, l'orthographe, la conjugaison, le vocabulaire, la syntaxe. Sur le net, on peut aujourd'hui densifier son écriture, les ressources sont tellement diverses que l'écriture en ligne est aujourd'hui une spécificité en soit. Concernant la carte de presse, je suis quant à moi pour l'abolition de la carte de presse que je considère aujourd'hui comme un privilège inacceptable dans notre métier.

Clémence Blochet, rédactrice en chef de Junk Page: combien est financé le feuillet dans vos médias, Chez nous, c'est 40 euros le feuillet.

Pierre Haski : 120 euros pour Rue89.

J.Aubert : 67 euros chez Aqui.fr

Yves Harté : 65 euros à Sud-Ouest

Xavier Lalu : 30 euros pour Carré d'Info.

 

 Présentation de My Global Bordeaux V2, nouveau projet d'Isabelle Camus, avec Alexander Larter, cofondateur de la deuxième version de MGB (avec Hugo Bazin)

Isabelle Camus : Je suis issue de la génération X et en même temps assez à l'aise avec le numérique. My Global Bordeaux, c'est un média à la croisée des chemins, un média qui fonctionne avec des contributeurs, pour qui les mots micro-local et innovation vont très bien ensemble. Outre cette dimension, notre projet utilisera texte, photos, multimédia... Notre envie est de répondre à toutes les demandes du lectorat 3.0

Alexander Larter : Avec cette nouvelle version de MGB, le lecteur doit être au centre du dossier, lire l'actualité, à son rythme, on veut faire la synthèse entre texte, écriture, images, exigence, appel aux nouvelles technologies ; enquête journalistique, data-visu, vidéo, son.  On veut que lecteur 3.0 participe clairement, qu'il commente, qu'il envoie des contacts, des vidéos, des photos...

13h: Pause déjeuner!

14h30 : L'information de qualité a un coût: qui la finance ?

Avec Jacques Rosselin, ingénieur médias, co-fondateur du « Courrier International », Eric Scherer, chargé de la prospective à France Télévisions, Sabine Torres, ex-fondatrice et directrice de dijOnscOpe, enseignante en journalisme et Evelyne Resnick, bloggeuse (winebrandsblog.com) et enseignante en stratégie digitale, Jean-Marie Charon, sociologue, chercheur CNRS.

Pierre Haski: une provocation pour démarrer ! «Il n y a pas de modèle économique pour la presse en ligne».Il y a une multitude d'expériences, mais pour autant, il n'y en a pas une seule qui réussisse vraiment. Qu'en pensez vous?

Jacques Rosselin: Bien sûr que non, la preuve tu es là, Pierre! Il y a en effet, une difficulté à trouver un modèle puisque la presse vit une mutation très très importante. Pas un seul modèle économique puisqu'il n'y a pas un seul modèle de presse numérique. Des exemples: l'AFP ou le modèle publique. Deuxième modèle, celui du média de masse: Google, ils ont des milliards de lecteurs, TF1, Orange, France Télévison font aussi de la presse en ligne, et ça fonctionne. Entre la presse d'Eric Scherer et France télévision, entreprise publique de 2500 journalistes, et celle de Sabine Torres avec Dijonscope, avec 5 ou 6 journalistes, ce n'est pas le même modèle entre ces deux types de structures, qui représentent 2 mondes différents.

Il y a en plus 2 éléments à prendre en compte:
1) Produire de l'info de qualité ça coûte cher: il y a de l'humain derrière, des journalistes qui travaillent et qui travaillent même beaucoup, y compris, ceux qui font de la curation. Le Huffington post par exemple a énormément de journalistes.
2) Qui va payer ? L'information générale relève de l'intérêt général; si on l'arrête il n y a pas ou plus de démocratie. Il faut donc trouver un système qui prenne cela en compte, et si au nom de l'intérêt général, il a du financement public, ça ne me gêne pas. Le plus grand service de presse (France télévision), c'est du service publique. Il faut donc rester ouvert à un certain nombre de financements, y compris de collectivités.

Sabine Torres: Aujourd'hui la presse n'a pas de clients, les gens ne payent pas pour l'information qu'on leur propose. En payant on aurait eu besoin de 3500 abonnements à 5€ pas mois. ça n'avait pas l'air impossible et pourtant on n'y est jamais arrivé. Les gens ne sont pas prêts à payer pour de l'info de qualité.

"L'information est un bien public"

Jean-Marie Charon: Il y a un secteur entre les fournisseurs de contenu d'informations et consommateurs d'info: les intermédiaires, et c'est eux qui capte une partie essentielle de la valeur, en tout cas, celle qui vient des anciennes ressources: la publicité. Des quotidiens comme le Sun ou des chaînes de télé, en agglomérant de très grosses audiences, pourront concurrencer ces intermédiaires. Le modèle du Times, doit être le modèle de référence pour des journaux de référence quotidiens ou de presse économique (Modèle du NY Times: on laisse gratuit un certain nombre d'articles en consultation libre, puis passé ce nombre, le lecteur doit payer ses consultations)
Dans les autres cas, il faut établir des stratégies de niche: le journal est très performant mais dans un registre précis. Un autre aspect à creuser, la personnalisation, avec des services particuliers qui collent au profil du lecteur.

Eric Scherer : Je suis d'accord, avec le fait que l'information est un bien publique et heureusement car en dehors de cela, tous les journaux sont des danseuses de milliardaires aujourd'hui. Mais l'info n'a jamais été un business qui tient tout seul par elle-même; elle a toujours été financée par des activités tiers: petites annonces, publicité, services etc.. Aujourd'hui : c'est la formation, l'organisation de conférence, de forum,... La notion de service peut être une piste. Je crois aussi beaucoup à la personnalisation, y compris pour les télévisions. Nous allons passer de mass media au média de précision. Autrement dit, offrir des contenus les plus pertinents possibles selon le lieu où vous êtes, l'heure à laquelle vous lisez, votre humeur,... Mais autre question : faut-il proposer au lecteur des sujets qui lui sont familiers ou bien l'ouvrir à la « surprise » de sujets choisis par d'autres? Dans tous les cas, il faut des sujets personnalisés et pertinents. Une pertinence qui manque à la presse aujourd'hui.

Jacques Rosselin : Dans les faits, la consommation d'info est de plus en personnalisée: on va sur les réseau sociaux et on se fait «pousser» des contenus par nos amis ou relations.. . Je suis les gens sur les réseaux sociaux, les liens qu'ils publient ou qu'il m'envoient et vice versa. Et puis sur l'abonnement il faut revenir sur quelques chiffres. Un abonné à recruter, ça coûte cher. Derrière il faut que le média ait des actionnaires qui acceptent de payer. Pour Mediapart par exemple, ça ne s'est pas fait tout seul, il y a eu du boulot : mailing, marketing, etc... Du côté des télévisions locales, en France, il y en a 40 qui vivotent et comptent entre 10 et 20 journalistes. Elles vivent sur des contrats d'objectifs et de moyens, qui courent sur 3 ans, ce ne sont pas des subventions, il est donc plus difficile de faire valoir une pression économique de la part de la collectivité sur le média concernés.

Joël Aubert : et les blogs ?

Evelyne Resnik: Un blog ce n'est pas une entreprise de presse, un blogeur, ce n'est pas un journaliste. Au départ, on bloguait pour partager, échanger, puis le média s'est développé, certains blogueurs se sont professionnalisés. Ils se sont aperçus qu'on pouvait monétiser leur lectorat. La différence entre un blogueur et un journaliste c'est que le premier a des followers. Quand il est contacté par un publicitaire, c'est parce que le produit correspond à son univers, et donc à ces fameux followers. On a également constaté que des blogs sont devenus partie intégrante de grands quotidiens.

Des différences éthiques différentes d'un pays à l'autre, en France les blogueurs ne sont pas obligés de déclarer qu'ils travaillent ou ont écrit pour telle ou telle marque, contrairement aux USA. Pour autant, ils ne serait sans doute pas inutile que,  de temps en temps, blogueurs et journalistes organisent de petits «brain storming».

Jacques Rosselin : La question du blogueur : comment je monétise mon audience?. Coté information générale, comment on finance de l'information générale de qualité autrement dit politique, société, économie. Comment ne pas avoir à aller chercher des revenus annexes à la profession journalistique ? 1,5mds de subventions pour la presse en France. Alors plutôt que de les verser à des groupes de presse qui ne savent pas correctement gérer, donnons le plutôt aux producteurs de l'info : les journalistes ! 1,5mds divisés par 38 000 journalistes!

Jean-Marie Charon : le journaliste n'est pas un individu qui travaille seul. C ne serait pas vraiment pertinent...


Jacques Rosselin : Il existe des « référentiels », journalistes, qui en eux même sont des médias, spécialisés via leur blog, parallèle à leur fonction de journalistes.

Eric Scherer: le modèle public est un modèle, le tout fonctionnaire en est un autre, pour autant ce n'est pas ça, seulement, qui sauvera la presse.

Pierre Haski : Pour les pure players, il y a une difficulté à inventer un modèle pérenne. Sur Médiapart, je ne pensais pas qu'ils y arriveraient. Ils ont réussi, bravo, mais je ne pense pas qu'il y ait de la place pour deux sites de ce style. On a tous recours à des artifices. Autrefois les 3 pieds de la presse étaient la vente au numéro, la pub et les petites annonces. Il y en a deux qui ont disparu, et on a bien du mal à les remplacer.

J. Rosselin: Les milliardaires du net n'ont pas attendu pour devenir des médias géants de l'info . Google un média majeur, Zuckerberg idem, et il choisit ce qui peut et ne peut pas circuler sur son média. Quand internet a commencé à se développer, on s'est dit que ce serait l'occasion d'avoir une diversité d'information. Aujourd'hui force est de constater que le bilan de l'explosion des nouveaux entrants a fait «pschiit !» L'espace économique n'existe pas, on est chaque fois ramené à la niche, comme des bons chiens que nous sommes...

Pierre Haski: C'est sûr qu'on a été un peu naïf sur le modèle économique, quand on a commencé. En 2006-2007, l'état d'esprit dans la presse c'était « on va tous mourir ».Aujourd'hui, certes, les entreprises ont du mal mais l'information se porte très bien; on a inventé de nouvelles manières de la faire et de toucher nos lecteurs; tout ça est extrêmement positif!


17h15 : En toute franchise: Eric Bullet rédacteur en chef délégué à l'information numérique à Ouest France
La presse quotidienne régionale face au défi face au défi du numérique : l'exemple de Ouest France premier quotidien national
Animé par Joël Aubert, président Aqui!Presse Jean Marie Charon, sociologue, chercheur CNRS et Yann Bouffin, ex-rédacteur en chef de la Dépêche du Midi

Joël Aubert : Avec 17 millions de visites par mois sur le site, des sites associés, Ouest France entreprises, 530 journalistes, quelle est aujourd'hui votre position par rapport au papier à Ouest France ?

 Eric Bullet : On croit au papier, on croit au numérique, on est en 2013 et les deux sont là. On a créé 13 éditions ces 5 dernières années, on croit vraiment qu'il faut être plus proche de nos lecteurs, qu'il s'agisse de la locale ou des papiers nationaux. On a aussi investi dans des rotatives, pour remplacer des plus anciennes installées en 1972. L'édition du dimanche continue à progresser, elle est thématique et locale, nous nous sommes rendus compte que les lecteurs voulaient une info locale le week-end aussi. Nous allons continuer à investir dans le papier. Là où on avait deux éditions autrefois, on en a 5 ou 6 désormais, banlieues, zones urbaines ou péri-urbaines. Parallèlement, on investit dans le numérique parce qu'on croit qu'il y a là une source de développement pour les années à venir ; Est-ce-que le numérique va prendre le pas sur le papier ? On ne peut pas le savoir, il faut assurer sur les deux tableaux.

 Yann Bouffin : Comment avez-vous géré ces changements, ces évolutions numériques ?

E. Bullet: Nous avons signé un accord multimédia en 2007 avec les partenaires sociaux, en expliquant qu'il allait falloir avancer sur le net et qu'un virage était en train de se prendre. On a précisé qu'on ne ferait de la vidéo que pour être sur internet mais qu'on restait un journal à proprement parler, les choses se sont faites progressivement mais régulièrement. Il faut aujourd'hui exister à l'extérieur de son territoire, c'est une source de développement nouveau pour les rédactions. L'important pour les lecteurs a été de faire les choses en douceur. On s'est beaucoup appuyé sur notre décentralisation, dans chaque département, on a mis un adjoint multimédia et il se consacre alors à l'animation web; la démarche numérique est alors maitrisée et effectuée par quelqu'un de compétent, le lecteur n'est pas effrayé par quelque-chose qui ne lui est pas habitué.

"L'information doit être unique, jamais réchauffée ou recopiée"

 Jean-Marie Charron : Qu'en a t-il été de la formation ? Quels ont été vos choix ?

E. Bullet: Sur la formation, on a d'abord fait du basique, on a commencé par faire un sondage pour savoir qui maîtrisait et qui ne maîtrisait pas. Nous sommes 530 journalistes et à l'époque, une centaine de journalistes savaient utiliser l'outil, le reste non, nous avons alors fait des groupes de niveau, des formations plus ou moins longues afin que personne ne se sente laissé de côté ou en difficulté. On est allé tardivement sur les réseaux sociaux. Cependant, il est primordial de garder à l'esprit que web et papier sont deux modes de lecture différents, deux écritures différentes, il faut que la rédaction s'habitue à produire des écrits différents pour chaque support, ce n'est pas la même chose et les réceptions et les contextes sont différents.

 Yann Bouffin: Quel type de locale faites-vous sur le numérique ?

E. Bullet: Le site est comme un portail, on y remonte des informations qui viennent du terrain, on a 61 rédactions à Ouest-France et chacune anime sa page, elles doivent publier leur Dernière Minute d'Actualité sur leur page, un certain nombre de papiers; elles ouvrent des forums, mettent des vidéos relatives à la ville ou à la commune en question . Pas de copier-coller de presse papier, nous sommes très vigilants là-dessus, les contenus doivent être disctincts entre papier et web, il faut que l'information soit unique et jamais réchauffée ou recopiée, pas de risque de cannibalisation, les deux supports doivent être complémentaires.

 Jean-Marie Charron: Quelle est la physionomie de votre lectorat numérique ?

E.Bullet: C'est un public un peu plus jeune, un peu moins fidèle que celui de la presse papier. Il faut faire de la pédagogie pour atteindre les paysages ruraux mais ça ne m'inquiète pas. Dans les campagnes, quand les gens ont la 3G, ils sont très sensibles au web, très connectés. L'objectif du site est aussi de montrer qu'il y a aussi d' autres contenus web susceptibles de les intéresser, de se rapprocher de tel ou tel sujet. On a demandé aux correspondants de se préoccuper de sujets qui parlent vraiment aux lecteurs, on doit avoir une vue complète de l'information. Il faut s'adapter au lectorat d'aujourd'hui, c'est vital pour nous, les chantiers ne sont jamais finis.  

18h00 : Le temps de la synthèse, mise en ligne
Par Roland Cayrol, président d'honneur des Aquinautes, les amis d'Aqui.fr.

C'est plutôt une carte postale qu'une synthèse que je vous livre.
Mon pré-supposé de ce matin : la qualité seule sauvera le journalisme. Une phrase de JM Charon qui éclaire la journée : 'il faut se rendre à cette évidence, il y a et il y aura moins de ressources, plus de demande de productions et de plus en plus de demande de qualité ».
Aujourd' hui comme l'a montré Antoine Chotard, on vit dans un monde différent où le smart phone et la tablette gagnent et vont gagner de plus en plus vite sur l'ordinateur.
Eric Scherer rappelle que tout ce qui était lent et centralisé va fonctionner en réseau, s'atomiser, et s’accélérer. L'importance de la vidéo aussi a été soulignée.
Le défi du numérique passe par de nombreuses utilisations, outils, et à différents moments de la journée. A aussi été souligné le problème de la formule économique. Ici, il est ressorti qu'il n'y a pas 50 solutions: le financement publique, le financement privé, et le lectorat. Il y a aussi la proposition de Jacques Rosselin : que les aides de l'Etat à la presse soient distribuées aux journalistes. Proposition qui a suscité à la fois des réactions d'enthousiasme et d'horreur.


Au total, il me semble que le seul modèle soit celui du New York Times. Ce journal a commencé par s'effriter franchement, il n'était plus la référence de l'élite new-yorkaise. Une crédibilité perdue qui explique que le journal s'est attaqué en premier lieu à la qualité. Ce n'est qu'une fois que cela a été fait qu'il s 'est lancé progressivement sur le numérique. Il a réussi à procéder à un enfermement progressif du lecteur sur le numérique, en faisant payer d'abord un peu puis un peu plus....
Ce qui est intéressant, c'est le match Figaro/Le Monde qui sont en tête des audiences auprès des internautes.

Tous les deux ont fusionné les rédactions net et papier, ils font travailler tous les journalistes sur les 2 supports, et ont tous les deux eu une approche progressive sur le net. Mais pour autant ils ont deux conceptions très différentes du travail rédactionnel sur le net, le Figaro prend le dessus grâce à une très grande clarté, et une véritable neutralité sur le figaro.fr, contrairement au Figaro papier. En outre, ils proposent uniquement de vrais papiers, pas de dépêches d'agence. Ce qui n'est pas le Cas du Monde.fr. Ce n'est pas par hasard que les internautes se portent davantage sur le Figaro.fr que Le Monde.fr

Enfin concernant les pur players, 3 questions sont à aborder :
1)Faut il faire le choix de l'info continue ou de véritables journaux sur internet qui soit ordonnancement de l'actualité pour la donner au lecteur ? Le mieux serait peut-être de réussir à faire les 2 en même temps
2)Il faudrait faire un bilan sur la participation des lecteurs à l'information numérique. Je suis un fervent partisan de la participation citoyenne. Mais quand je vois la qualité de ce qui est envoyé et le niveau des commentaires, parfois je doute... Comment faire pour que cette participation soit authentique et efficace pour aller vers une vraie qualité de l'information ?
3) Le débat sur la question gratuit/payant,est toujours intéressant, parfois répétitif, mais au final pas vraiment décisif... On tourne un peu en rond. Les outils généralement utilisés pour « remédier» au manque d'argent par les pur players sont, en vrac, le sous paiement des papiers, recours à la pub, création de communautés, organisation d'évènements,... Là aussi je crois que c'est le modèle du New York Times qui va s'imposer. Les pur players notamment régionaux doivent parvenir à amener leur spécificité, une politique de marque, pour faire payer leur contenu de manière légitime.


Solène Meric et Lise Gallitre
Par Solène Meric et Lise Gallitre

Crédit Photo : Aqui.fr

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Barret | 20/09/2013

Je suis sorti du colloque avant son terme en me disant que la presse française méritait bien une éclaircie (beau soleil dehors !). Avant cela, j'ai bien écouté Eric Scherer dire, en substance, qu'il n'est plus l'heure de tergiverser, qu'il ne s'agit plus d'animer des débats d'arrière-garde sur le thème "pour ou contre le journalisme numérique". En revanche, comme en toute chose, il est salutaire que certains esquivent cette vague puissante et se singularisent. Choisir ce que l'on appelle une "niche" ne signifie pas se recroqueviller dans un réflexe d'autodéfense, mais s'exprimer pleinement, de manière conquérante, dans un espace restreint et particulier. Les crises sont toujours propices aux expérimentations, aux prises de risque et aux révélations de talents. Je travaille pour une presse méconnue, la presse hebdomadaire régionale, des journaux de proximité voire d'hyper proximité qui ne connaissent pas tous la même crise - ou peut-être à contretemps - que celle qui affecte la presse quotidienne régionale. Parce qu'ils évoluent à une autre échelle. Ces hebdomadaires peuvent être de petits bijoux de professionnalisme et d'inventivité, où l'on a l'habitude depuis longtemps de travailler avec peu de moyens. Certains groupes de presse,en particulier Ouest France, l'ont bien compris en investissant dans ces titres. Et j'imagine que ce n'est pas uniquement par philanthropie. En attendant, je sais, nombre de journaux sont dans la tourmente et connaissent des plans sociaux qu'ils avaient davantage l'habitude de relater dans leurs colonnes. Et cette extrême fragilité se sait, bien entendu. Elle a modifié le rapport des journalistes avec certains interlocuteurs de terrain. Des questions plus ou moins bien intentionnées : "Alors, ça va au journal, oui ?..." Le journalisme est entré en résistance. Heureusement, si j'en juge par les demandes de stages, les vocations sont encore nombreuses. Le métier bouge encore.

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