Société | Interview exclusive : David Ginola juge la Ligue 1
21/01/2013 | David Ginola était présent dimanche soir 20 janvier au Stade Chaban-Delmas pour le match Bordeaux-PSG. Nous l'avons rencontré
Orange propose désormais de regarder les matchs de Ligue en direct sur smartphone et tablette pour 5 euros par mois. L'application a été officiellement lancée dimanche 20 janvier, lors du match Bordeaux-PSG. Un match commenté par l'ancien international français, David Ginola, qui a fait sa première en tant que joueur à Bordeaux (avec Toulon) ! Sans langue de bois, il revient dans l'interview qu'il nous a accordée sur la baisse du niveau de la Ligue 1 ou encore l'intérêt ou non... de construire de nouveaux stades de foot.
Aqui! : Quel regard portez-vous sur le championnat de France de foot ?
David Ginola : Je comprends le récent coup de gueule d'Antonetti, l'entraîneur de Rennes, qui s'insurge de voir ses meilleurs joueurs débauchés par les derniers du championnat anglais. En France, nous avons de bons formateurs, mais on ne peut pas garder les joueurs une fois que leur talent a éclos. On ne peut pas lutter. On devient le supermarché des clubs européens. Du coup, au fil des années, le niveau de la Ligue 1 baisse. Le PSG, c'est l'arbre qui cache la forêt. Regardez le stade pour Toulouse-Nancy, on aurait dit un stade fantôme.
@! Que faut-il faire pour que le football français relève la tête ?
David Ginola : Le problème est que l'on ne peut pas lutter contre ça. En France, il y a eu une DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion, ndlr), qui est très stricte. Avec le fair-play financier, on veut ajuster les choses au niveau européen. Mais, le problème est que la Ligue anglaise est tellement puissante que demain, personne ne leur dictera ce qu'ils doivent faire.
"Je ne vois pas pourquoi on construirait de nouveaux stades, si on ne fait rien pour que les clubs soient capables de mieux remplir leurs stades"
@! Pensez-vous que les nouveaux stades vont redynamiser le football français ?
David Ginola : Je ne vois pas pourquoi on construirait de nouveaux stades, si on ne fait rien pour que les clubs soient capables de mieux remplir leurs stades. Cela n'a pas de sens. Les matchs seront pleins seulement pour les grandes affiches. En France, il n'y a pas non plus la même ferveur de la population pour le football qu'en Angleterre. Je vis à Londres. Là-bas, c'est une institution. Le budget foot est prévu dès le début de l'année comme le budget vacances. On ne peut changer comme ça l'état d'esprit des gens. Et revoir la fiscalité du football français en pleine période de crise, c'est le meilleur moyen de se faire lyncher...

Nicolas César
Crédit Photo : NC












