Société | Les seniors ont la cote avec Jean Espilondo, maire d'Anglet
15/10/2012 | Environ un tiers de la population angloy a plus de 60 ans et la ville compte une diminution d'habitants par logement (de 2,4 à 2 hab /foyer)
Jean Espilondo, maire d’Anglet, n’a pas attendu le 26 septembre 2012, date de naissance officielle du Conseil des Seniors, pour prendre conscience des anciens dans sa ville. Ils font partie du plan d’actions de l’Agenda 21, initié juste après la mise en place de la nouvelle équipe municipale, en 2008. La présentation du nouveau Conseil des Seniors et les résultats de l’enquête « Qui sont nos seniors ? » ont constitué, vendredi 12 octobre à l’occasion des « Rencontres Seniors d’Anglet », les plats de résistance de cet après-midi suivie par quelque deux cent têtes chenues.
« L’Agenda 21 est la feuille de route pour une politique de développement durable structurée et évaluable », explique Bernard Marti, adjoint délégué à l’Agenda 21. La mise en place d’un Agenda Seniors avec, en tête de proue, un Conseil des Seniors, était important pour qu’Anglet reste une ville pilote en matière de développement durable. Bernard Marti donne sa vision du Conseil des Séniors : « ce conseil doit être une cellule de réflexion transversale, de propositions, de consultation et de formulation d’avis ouverts à tous les citoyens de plus de 60 ans, sans qu’elle se substitue au travail ni aux prérogatives des élus ».
L'exemple du Conseil des Séniors à Toulouse
Cécile Ramos, jeune adjointe au Maire de Toulouse, présentait l’expérience toulousaine au public angloy. Le Conseil des Séniors toulousain compte quelques 200 membres après deux ans d'existence. Au sein de ce conseil on édite un trimestriel entièrement rédigé par les seniors eux-mêmes, on cherche à transmettre des savoirs et à réduire la « fracture numérique » avec la pratique d'outils informatiques, entre autres initiatives.
« C’est un organe que s’approprient progressivement les seniors toulousains, précise Cécile Ramos. Ça fait partie d’une action que nous menons depuis 2008 vis-à-vis de cette population et qui comprend, entre autres sujets, un travail sur la prévention en matière de santé, en collaboration avec le CHU ou encore un travail sur un habitat adapté, en partenariat avec un bailleur social important ».
Des solutions en matière d'hébergement des seniors ?
La ville d’Anglet a vu son nombre d’habitants progresser de 7% en 10 ans. Le détail de cette croissance révèle que ce sont les populations les plus âgées qui arrivent en territoire angloy tandis que les jeunes quittent la ville. L’emploi et la spéculation immobilière rendent difficile l’installation à Anglet. De plus, le nombre d’habitants par logement est passé de 2,4 à 2 en 10 ans, résultat à la fois des séparations conjugales et de l’écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes. Des tendances qui laissent entrevoir de vastes logements habités par des femmes seules de plus en plus âgées.
Enfin, les seniors angloys disposent d’un revenu médian d’environ 1700 euros par mois et par habitant. Ce chiffre, supérieur aux statistiques nationales, ne permet toutefois qu’à 25% d’entre eux de louer une chambre en maison de retraite sans toucher à leur capital. « En matière d’hébergement la solution miracle n’a pas encore été trouvée », se lamente Jean Espilondo. Et si la solution venait de la concertation avec les seniors ? Le Conseil des Seniors tête de proue d'un vaisseau pilote mené par la mairie d'Anglet donnera sûrement quelques idées à d'autres villes de la Région.

Olivier Darrioumerle
Crédit Photo : Aqui.fr












