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LGV: le Pays basque entre colères et résolutions
Ascain : Quand les "petits élus" se rebellent...
Jean-Louis Laduche - Maire d'Ascain Ce doit être la grande liaison internationale, incontestable entre Bordeaux et Madrid, inscrite dans le Réseau de Transport Européen, d'ailleurs soutenue financièrement par l'Europe dans sa partie entre Dax et Vitoria. L'infrastructure mettant, à l'horizon 2020, le pays basque à trois heures de Paris et de la capitale espagnole. La LGV est pourtant, aujourd'hui, une source de contestations au sein du Pays basque où les hypothèses avancées par Réseau Ferré de France pour créer une Ligne nouvelle sont souvent jugées irréalistes, notamment s'agissant du trafic de marchandises susceptibles d'emprunter le rail.

Quelques dix mille personnes dans les rues de Bayonne le 17 octobre 2009 : l'ampleur de la manifestation contre la création d'une ligne nouvelle traversant le Pays basque vers l'Espagne a marqué les esprits d'autant que l'une des élues du pays, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'intérieur avait, de sa propre l'initiative ordonné l'arrêt des études en juin 2009. Depuis, le débat au pays basque n'a cessé de monter en puissance, attisant le sentiment identitaire et suscitant une certaine fracture entre ce qu'il est convenu d'appeler les grands élus, ceux de l'agglomération, du BAB et les élus des petites communes, souvent en première ligne. Et qui ont fait taire leurs petites divisions pour se serrer les coudes contre « l'ennemi commun » RFF, Réseau Ferré de France.

"Nous ne sommes pas les indiens du pays basque"
Depuis son bureau, le maire d'Ascain Jean-Louis Laduche ne décolère pas : « Notre position est responsable ; elle est fondée sur l'expertise du cabinet suisse CITEC. Quand nous l'avons commandée nous ne lui avons pas dicté les conclusions ! Si ces résultats avaient conclu qu'il fallait une nouvelle ligne nous aurions pris nos responsabilités et admis qu'il en fallait une. Mais ce n'est pas le cas, au contraire. D'ailleurs, le 6 novembre un débat a eu lieu en notre présence à Urrugne avec les experts de RFF et ceux du cabinet CITEC. Les hypothèses avancées par RFF ont été contredites et il n' y avait vraiment pas photo. Alors nous en avons assez que l'on caricature notre position que l'on nous prenne pour les indiens...basques. Avec l'ensemble des 29 élus des trois communautés de communes (1) nous sommes pleinement d'accord. » Ceux-ci, se sont d'ailleurs donné un porte-parole en la personne du maire de Saint-Pierre d'Irube Michel Hiriart qui déclarait à l'issue du 6 novembre : « Les représentants de RFF n'avaient apparemment pas pris connaissance de cette étude avant notre rencontre. » Et d'annoncer le souhait des communes basques d'intenter une action judiciaire pour s'opposer à une étude d'utilité publique pour ce projet "inutile, complètement idiot".

"Pour cinq minutes en moins..."
Un des points de friction qui participent des divergences entre les grand élus et les maires se polarise autour de l'existence d'une gare LGV à Bayonne même. Le député maire de la ville, Jean Grenet, a très légitimement défendu, de bonne heure, et dès l'existence du débat public organisé en 2006 que la gare d'arrêt du train à grande vitesse ne pouvait être que Bayonne. Alors qu'il fut un temps où le projet LGV ne prévoyait pas formellement d'arrêt au pays basque mais à Dax. « C'eût été une vraie catastrophe note Jean-Louis Laduche ; nous nous sommes rallié à sa position ; ce détour entraînera une perte de temps de cinq minutes et en traversant le Pays Basque avec une ligne nouvelle on gagnera tout au plus dix minutes. Et tout cela pour plus d'un milliard d'euros » Décidément très remonté le maire d'Ascain ajoute « On aurait voulu que le député maire de Bayonne nous écoute. Si le 11 janvier prochain le comité de pilotage nous impose cette nouvelle voie nous nous battrons pour que l'on revienne sur cette décision » A Ascain où on réfléchit aux actions à mettre en œuvre pour Natura 2000 comment voulez-vous que nous obtenions un accord pour imposer des contraintes alors qu'on va créer des kilomètres de tunnel ; Au gré du temps tous les conseils municipaux de la commune se sont opposés à ce qu'on touche à la Rhune et même lorsque entre les deux guerres des promoteurs voulaient financer une route pour y monter . Alors... »
La Rhune, ce Mont Saint-Michel du pays basque ! Le mot est lâché et Jean-Louis Laduche sort de son bureau pour pointer les flancs de la montagne où la végétation pousse vigoureusement, comme un défi à la grande vitesse avec ce slogan : « Non à la LGV ».

Joël Aubert

05/01/2010

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Une semaine pour faire mentir les sondages
Une semaine, il ne reste plus qu'une semaine pour se convaincre de l'importance du vote du 14 mars prochain.

L'élection régionale, sans doute à cause de son mode de scrutin compliqué, à la proportionnelle à deux tours, avec une prime au parti arrivé en tête, n'entraîne pas spontanément un désir de participation. Le citoyen-électeur français habitué à se reconnaître à travers un visage, une personnalité, ce fameux scrutin « uninominal », a du mal à comprendre l'articulation entre liste régionale et départementale; surtout il ne connaît pas bien, à moins qu'il ignore carrément, qui le représente.
C'est un lourd handicap; il n'a pas permis, jusqu'ici, d'espérer une participation très supérieure à 60% de votants. Chiffre paradoxal quand on considère le rôle d'un Conseil régional et ses compétences. L'organisation des transports régionaux, le train en premier lieu, la réalisation des lycées, la formation professionnelle, le développement économique : autant de champs d'action pour une assemblée qui, au fil des ans, depuis 1986 surtout, s'est efforcée d'être à l'écoute des citoyens. Une assemblée qui, progressivement, s'est mise à incarner, avec la décentralisation, une autre façon de concevoir la vie collective, le vivre ensemble.
Qu'est-ce donc qui pourrait expliquer le 14 mars d'abord, la forte abstention qu'annoncent les instituts de sondage ? La politisation de l'élection, dernière du genre avant la présidentielle de 2012? Au contraire, celle-ci devrait favoriser la participation des électeurs selon l'éternel schéma dit du « vote sanction » et, à cet égard, on aurait pu penser que la mauvaise cote de l'hôte de l'Elysée favoriserait la mobilisation des électeurs... Lire la suite. | Réagir Réagir à cet article |