Candidat malheureux aux élections régionales en Aquitaine en 2004, le ministre du Travail, Xavier Darcos, est encore une fois le principal rival d'Alain Rousset, le président socialiste sortant. Bien que placé en deuxième position dans les sondages dès le premier tour, le candidat UMP garde espoir de l'emporter, notamment au regard des tensions actuelles entre le PS et Europe écologie. Aqui! lui donne la parole.
@qui! : En menant campagne quelle Aquitaine avez vous trouvée ? Xavier Darcos : J'ai été frappé de constater que peu de gens en Aquitaine savent ce que fait une Région, un élu régional. L'institution est repliée sur elle-même. D'ailleurs, Alain Rousset n'est connu que de 4 personnes sur 10, selon un sondage, alors qu'il est président depuis 12 ans ! Dès que l'on sort de la Communauté urbaine de Bordeaux, il y a un problème de notoriété. Par ailleurs, beaucoup de TPE (très petites entreprises) ne savent pas comment mobiliser les aides régionales, alors que la compétence économique est la première compétence de la Région. 70% des aides sont concentrées sur les grosses industries, alors qu'elles ne représentent que 10% des emplois en Aquitaine. @! :Comme tous les ministres engagés dans cette campagne vous devez, aussi, assumer le bilan du gouvernement. Que vous disent les Aquitains rencontrés et qu'avez-vous appris que vous ignoriez ? X.D. : Je ne cherche nullement à faire oublier que je suis ministre. J'entends des gens inquiets, qui nous parlent de l'emploi, des problèmes d'insertion des jeunes. Mais, je ne trouve jamais personne qui me dit : "vous n'avez pas été à la hauteur de la tâche". Au fond, beaucoup de personnes reconnaissent qu'on ne pouvait pas avoir mieux que Nicolas Sarkozy pour traverser cette période difficile. Ils voient que, par rapport, à nos voisins espagnols, nous sommes moins touchés par la crise. On a fait le boulot. On a assuré. @! : Si par hypothèse vous ne l'emportiez pas le 21 mars siégeriez vous quand même au Conseil régional ? X.D. : Je n'envisage pas autre chose qu'une victoire. Il ne faut pas sous-estimer les divisions entre le PS et Europe écologie. Les désaccords sont tels, sur des sujets comme la LGV, que l'on peut se demander sur quel programme ils pourraient faire alliance entre les deux tours, sans que personne ne perde la face. De notre côté, nous faisons une campagne très vaillante. Nous avons fait 20 000 km et 130 réunions. Je suis optimiste sur notre résultat. Interview : Nicolas César
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