A moins de deux semaines du premier tour des élections régionales, il semble paradoxal que les compétences de l'institution régionale restent assez peu connues des Aquitains. Elle intervient pourtant dans des domaines d'importance tels la formation professionnelle où son pouvoir d'action est loin d'être négligeable, surtout en cette période marquée par l'accroissement du chômage. Exemple de cette compétence avec un mécanisme mis en place en 2009 en Aquitaine, à l'attention principale des jeunes chômeurs sans indemnités: le Revenu Social de Formation.
Selon Jean-Pierre Dufour, Vice-président du Conseil régional en charge de la formation professionnelle « Plus on a eu en charge des parts de la formation professionnelle, suite aux transferts de compétence de l'Etat, plus on a constaté une très grande inégalité de traitement entre les stagiaires. Certains suivaient des formations rémunérées par l'AFPA, d'autres étaient bénéficiaires de minimas sociaux et d'autres enfin n'avaient droit à rien. Il fallait lutter contre ces inégalités. » D'où l'adoption par l'assemblée régionale du Revenu Social de Formation (RSF) qui s'adresse principalement aux jeunes chômeurs non indemnisés au titre de l'Assedic ou du RSA.
Une rémunération mensuelle... Dans la pratique, ce RSF correspond à une rémunération mensuelle, pour tous les stagiaires de la formation professionnelle non-indemnisés au titre de l'Assedic. Selon Jean-Philippe Sautonie, Directeur de la formation professionnelle et continue à la Région, « ce dispositif concerne des jeunes (61%) et des adultes (39%) qui, au moment de l'entrée en formation n'ont droit à rien ». En 2009, cette rémunération a donc concerné environ 4000 jeunes de 16 à 25 ans depuis sa création au 1er janvier. En fonction de l'âge et du niveau professionnel, les stagiaires bénéficient d'une aide 310 à 652 euros par mois. Ce qui a représenté en 2009 un coût total de 5 millions d'euros pour le Conseil régional, sur les 29 millions consacrés à l'ensemble de la politique de formation.
...pour "sécuriser les parcours de formation" Les objectifs du dispositif : « lutter contre ces sources d'inégalités et sécuriser les parcours de formation », c'est-à-dire « s'assurer que le stagiaire puisse suivre sa formation jusqu'au bout ». Jean-Pierre Dufour explique en effet, que « les formations sont généralement assez longues. Or, durant cette période un stagiaire qui n'a droit a aucune rémunération, doit pourtant réussir à financer sa formation et dans le même temps continuer à vivre : payer son loyer, acheter à manger...» Autant de facteurs rendant difficile le suivi d'une formation qui dure dans le temps.
La bonne personne pour la bonne formation Pour que le dispositif soit efficace, il faut donc que le stagiaire soit dans une situation moins précaire, mais il faut également s'assurer de sa motivation réelle à suivre une formation. Pour que le dispositif fonctionne, « il faut, selon Jean-Pierre Dufour, qu'il y ait un projet personnel, une motivation qui ait du sens au regard de la formation proposée ». De même, la formation suivie doit correspondre à « un secteur qui a de l'emploi et des perspectives d'évolutions ». Pour les jeunes de moins de 25 ans, ce sont les Missions Locales, qui sont en charge de repérer « la bonne personne » pour « la bonne formation ». Si l'exercice de la prescription reste difficile Jean-Philippe Sautonie, estime, après un an d'existence du RSF, avoir « globalement un bon retour sur le dispositif, il y a moins d'abandons qu'auparavant». Mais, « il faut continuer à renforcer les procédures de prescription pour que les abandons se fassent de plus en plus rares ». Solène Méric
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