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Il y des destins comme ça qui naissent, croissent et embellissent à l'abri des ors: Claude Dagail, éditrice fondatrice de la Compagnie Créative, voilà sept ans, écrit le sien en lettres de noblesse dans la jolie famille du livre de jeunesse. Et, comme l'universalité est à portée de sa main, elle accompagne les gamins de la cité des Aubiers sur les sentiers de l'imaginaire en leur promettant de jouer avec le langage.
Voici une grande dame, non pas seulement par la taille mais par le talent, le goût des beaux ouvrages, du dessin accompli, du graphisme recherché, des mots choisis, si délicats à trouver lorsqu'on s'adresse aux enfants. Claude Dagail doit certainement à ses études de Lettres d'une part, à l'observation de ses grand père et père qui dessinaient d'autre part, ce qu'elle appelle "cette oscillation constante entre le texte et l'image". Née à Bordeaux, elle a tenu à faire son métier dans une terre d'écriture, ce qui ne l'empêche en rien de partir à la recherche de talents à travers "la planète". Singulière tension que confirme la découverte d'un catalogue qui part de la toute petite enfance et de la collection des "Traces", destinée à accompagner les premiers mois, jusqu'à la construction du langage. Et se déplie jusqu'au bel album en manière de conte comme ce "Buveur de Pluie" à succès nécessitant une réimpression. Petit rappel synoptique: "Dans le ciel d'Afrique, deux familles s'affrontent: celle de Pluie et d'Eclair. Sur la terre, les hommes veulent que le calme revienne mais rien n'apaise la colère des dieux. Le malheur redouble: incendies, inondations,sécheresse...Espérant trouver une solution, les hommes demandent, en dernier ressort, à Arc-en-ciel, le buveur de pluie, de les aider, ce qu'il va faire." Un conte dans la meilleure veine d'un genre si cher au continent africain. La découverte des talents
Une Internationale de la petite édition "Je défends des valeurs humaines, confie Claude; j'essaie de faire en sorte que mes livres rencontrent à la fois un lecteur, un spectateur d'art mais également un citoyen conscient et heureux de l'être"; ça me fait plaisir, consent-elle à dire, de voir que l'on reconnaît mon travail " notre Internationale de la petite édition". Sans frontières. Une IESF en quelque sorte. Ce fil d'humanité, la grande dame de la rue Albert Thomas le tire, encore, en partant à la rencontre des gamins de la cité des Aubiers à qui elle propose des "ateliers de cuisine textuel", le jeu des mots, de l'imaginaire, pour les aider à mieux vivre et à enrichir leur vocabulaire. On ne se lasserait pas de l'entendre répondre, d'humeur égale, à ce besoin de curiosité qui vous tenaille et de vouloir savoir comment elle "en vit"... Simplement, depuis l'an 2001, en publiant de petites séries -3.000 exemplaires c'est beau surtout quand on réimprime- mais cela se fait dans une si grande proximité avec les libraires qu'elle n'a " jamais de retour." Je tiens beaucoup à ma liberté dit-elle!" Qui en douterait un instant? La belle histoire va continuer sous le soleil de l'exigeance et de l'art. Joël Aubert
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