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LGV au pays basque: Fançois Maïtia, Jean-Jacques Lasserre : les raisons d'un désaccord
Jean-Jacques Lasserre François Maïtia (PS) et Jean-Jacques Lasserre (Modem) ont en commun d'être à la fois conseillers généraux des Pyrénées Atlantiques et conseillers régionaux d'Aquitaine. Le premier conseiller général de Saint-Jean Pied de Port est vice président du Conseil régional plus particulièrement en charge de la coopération transfrontalière, le second est conseiller général de Bidache, vice-président délégué du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Témoignages de l'un et l'autre à la veille du comité de pilotage très attendu ce lundi 11 janvier à Bordeaux.

L'un et l'autre des deux élus départementaux et régionaux sont connus pour leur sens des responsabilités et leur souci d'un développement maîtrisé. Pourtant leurs avis divergent sur l'opportunité de créer une ligne nouvelle LGV entre Bayonne et l'Espagne. Témoignages

Jean-Jacques Lasserre : impensable de mettre le pays basque à feu et à sang
Je considère que l'arrivée à Bordeaux de la LGV est indispensable, que la desserte de la gare de Bayonne est également indispensable pour le trafic voyageurs ; c'est la priorité des priorités et c'est fondamental pour l'économie du pays basque. Le choix de la gare de Bayonne positionnée sur l'ancienne ligne a été défendu par tous les élus. C'est un bon choix. Mais je suis réservé plus que réservé quant à la création d'une ligne nouvelle entre Bayonne et l'Espagne.
L'Etat, le conseil régional Réseau Ferré de France ne nous écoutent pas suffisamment; sous prétexte de grandes avancées on n'écoute pas assez les locaux.
Il est impensable de mettre le pays basque à feu et à sang à partir d'une obligation, celle d'apporter une solution au fret, au trafic de marchandises, solution qui a été insuffisamment réfléchie et débattue.
On a prolongé les courbes de trafic sans savoir ce que sera l'évolution de l'économie et de l'organisation de la société. Je le répète : on se laisse imposer l'obligation du fret ferroviaire comme si le choix du pays basque était la seule solution géographique. Je suis allé à Saragosse, l'Espagne y fait des investissements colossaux et aménage une plateforme logistique de 1500 hectares sur 4000 réservés à cet effet; on ne peut pas ne pas en tenir compte. Comme pour le vaccin sur la grippe A on est parti d'une affirmation non vérifiée au départ par obligation à un projet erroné. Et Jean-Jacques Lasserre, le basco-béarnais de rappeler que la question de la desserte du Béarn reste ouverte et doit être traitée.

François Maïtia : soyons fixés le plus tôt possible
François MaïtiaIl faut gagner le pari du report modal et du ferroviaire. D'abord et forcément sur les lignes existantes. Si ce pari n'était pas gagné on vivrait très mal sur la Côte basque. On ne voit pas ce qui pourrait interrompre autrement cette course folle aux camions.
Cependant le pari du report modal vers le ferroviaire laisse sceptique le plus grand nombre. Cela fait des années que le trafic fret stagne autour de 2 millions de tonnes en même temps que le nombre de poids lourds au passage de Biriatou augmente de 6% par an. L'industrie n'a jamais été pensée pour le transport ferroviaire. Et on ne peut pas vraiment dire que le Syndicat mixte du Centre européen de fret de Mouguerre met beaucoup de bonne volonté pour accélérer la mise en place d'autoroutes ferroviaires. Un peu comme s'il était gagné par le scepticisme ambiant ou le souhait d'un pari perdu.
L'intégration environnementale de lignes nouvelles est une question clé. Je note, qu'au départ, dans la première proposition de RFF on parlait de 3O% de ligne enterrée et que, maintenant, on avance le chiffre de 60%. Personne au Pays Basque ne laisserait saccager le paysage. Qu'il soit de droite, de gauche, du milieu ou d'ailleurs. Le fait que la traversée du Pays-Basque soit considérée comme le maillon transfrontalier qui doit être financé exclusivement par l'Etat et l'Europe nous rend particulièrement exigeants sur ce point.
La question sociale est tout aussi essentielle. Il faut s'occuper des aspects humains, voir comment ailleurs les problèmes sont traités et résolus. Aucun tracé ne serait acceptable s'il devait créer des laissés pour compte...

Ayons le fuseau (1). J'espère que ce 11 janvier une décision sera prise et qu'en 2010 on tiendra le calendrier d'élaboration du tracé, de sorte que les communes soient fixées le plus tôt possible, que l'on puisse approcher les problèmes avec le plus de précision, parler des problèmes concrètement. Il faudra nécessairement répondre aux questions, en même temps que le reste, en toute transparence, en mobilisant d'ores et déjà, les outils publics : agence d'urbanisme, EPFL... Cet engagement immédiat aurait l'avantage de rassurer ; l'absence d'engagement en ce sens ayant l'inconvénient de susciter inquiétude et méfiance. Et François Maïtia d'évoquer un sujet qui fâche, ces jours-ci à la frontière et sera au cœur d'une prochaine manifestation à Hendaye : l'arrivée de la ligne à Biriatou depuis Euskadi, via un pont de 35 mètres de haut qui aurait évidemment un impact paysager très lourd : « cela avait de quoi effrayer le maire de Biriatou mais ça n'a échappé à personne, ni aux élus responsables que nous sommes ni à Réseau Ferré de France » Cela sera négocié en temps utile.
propos recueillis par Joël Aubert

 1. le choix du tracé par Urrugne, par l'ouest, plutôt que par Ascain, à l'est semble tenir la corde et serait confirmé ce 11 janvier.


10/01/2010

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Puce EDITO
Présidentielle: Vingt mois encore...
J-20 : encore vingt mois avant la prochaine élection présidentielle.

Il va falloir vivre au rythme d'une actualité politique toute entière accaparée par les faits et gestes des aspirants candidats, du vrai candidat à sa propre succession qui jurera qu'il n'y pense pas en se rasant le matin parce qu'il est bien trop occupé avec les affaires de la France et même celles du monde, puisqu'il va présider le G20. Vingt mois ça va être bien long, surtout que l'affrontement risque d'être furieux, impitoyable. Et, cela, dans une France en proie au doute le plus profond où le chômage et surtout le sous emploi deviennent endémiques. Une France où l'on est frappé, au fil des rencontres, par l'inquiétude des acteurs de la vie publique, des fonctionnaires qui s'interrogent sur l'application des réformes, dans le secteur de la santé par exemple, des élus qui, à droite comme à gauche, jugent sévèrement cette fameuse réforme territoriale sans tête ni queue... ni moyens, des présidents de départements qui passent les budgets à la paille de fer et s'attendent au choc en retour de la société. Une France des associations, des grands secteurs, celui du logement notamment où les organismes type HLM observent la montée des périls dans des banlieues où rien n'est résolu. Une France agricole dont Nicolas Sarkozy semble s'être rendu compte qu'elle n'avait plus que trois ans pour s'adapter au bouleversement final de la PAC.
Ce tableau bien trop noir, dira-t-on, ne puise pas seulement ses origines dans la crise qui, depuis deux ans, a bouleversé l'économie mondiale, dans la volatilité des marchés, dans l'irresponsabilité de quelque grande banque d'affaires.
S'agissant de la France, il est le reflet d'une perte de confiance grandissante à l'égard de la classe politique. Le phénomène n'est pas nouveau mais il devient, chaque jour, plus lourd de conséquences. Les Français veulent bien entendre que leur pays a plus que doublé sa dette en quatre ans et a donc une obligation absolue d'arrêter cette folie; ils peuvent comprendre que certains avantages fiscaux soient « rabotés » ou supprimés... Lire la suite. | Réagir Réagir à cet article |