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LGV: le Pays basque entre colères et résolutions
"Non à la LGV" : une bataille qui s'avance au nom de la citoyenneté
Affiche Victor Pachon, porte-parole du Collectif des Associations de Défense de l'Environnement (CADE) au pays basque, dont près d'un quart lutte contre le projet de la nouvelle ligne à grande vitesse, révèle à Aqui.fr les fondements de ce, que l'on devrait désormais appeler,un mouvement de contestation qui semble gagner la faveur de nombreux basques.

Dans l'esprit du sommet de Copenhague M. Pachon parle de la nécessité d'« arrêter de consommer le territoire » (perte de 9ha/km avec une ligne nouvelle) et d'« optimiser l'existant ». Tout en reconnaissant le besoin de modernisation ferroviaire, il indique que celle-ci ne se ferait aucunement par la construction d'une ligne nouvelle, mais par l'aménagement et l'augmentation de la capacité de la ligne actuelle. « Nous sommes pour l'augmentation du fret, du nombre de TER et de TGV. », affirme-t-il. Concrètement, le collectif estime, qu'à l'horizon 2020, la ligne actuelle pourrait contenir 100% de TER en plus, passer de 8 à 18 TGV par jour, ainsi que réduire le nombre de trains de fret en augmentant leur capacité à 800 t ; ce qui permettrait de « remplacer trois trains de 350 t par un long ».

Dans ces cas là, que faire des riverains auxquels un tel scénario ne serait guère favorable ? Le CADE, pour tacler le problème des nuisances sonores, envisage la construction de tranchées enterrées dans les endroits les plus peuplés. Les trains passeraient ainsi dans des tunnels qui, à la surface, ressembleraient à des coulées vertes.

Créer du « lien social »
Pour Victor Pachon, toutes ces mesures auraient pour but de créer du « lien social ». Avec plus de trafic ferroviaire sur la ligne existante, la région ne pourrait ainsi qu'en profiter et bénéficier d'une plus grande dynamique économique. « La LGV au contraire, ne ferait que nous rayer de la carte, en transformant le pays basque en une terre de passage, et en supprimant des milliers de postes. » Selon M. Pachon, les trains de fret pourraient être par exemple assemblés à Hendaye, qui deviendrait une base principale de la nouvelle autoroute ferroviaire. Il y voit ainsi la possibilité de création de nouveaux emplois, contrairement à la LGV qui inciterait plutôt les gens à vouloir s'installer dans les métropoles, qui seraient qu'à quelques heures de route. M. Pachon doute par ailleurs des capacités d'absorption du trafic par une nouvelle ligne : "Puisque c'est une ligne à grande vitesse, cela veut dire qu'elle ne pourra être empruntée par des trains moins rapides. Comment alors imaginer la coexistence du fret et du transport des passagers sur une ligne à grande vitesse ?"

« Croissance sélective des transports »
Ces propositions ne sont cependant que d'un caractère temporel, et le CADE compte bien proposer des solutions plus durables au problème des transports. Car selon le collectif, au lieu de construire une nouvelle ligne, on devrait réfléchir à une « croissance sélective des transports ». « C'est complètement aberrant qu'on aille importer des articles et marchandises alors que l'on pourrait les produire sur place. », remarque M. Pachon. « Il faut introduire une culture de proximité, relocaliser la production, ce n'est pas une si mauvaise idée que de créer, par exemple, des ceintures vertes autour des villes qui pourraient ainsi les approvisionner en légumes et autres. On réduirait de même considérablement les transports de marchandises. »

Pour une information honnête
Un autre point d'opposition à la LGV réside enfin dans "la manipulationp" par Réseau Ferré de France des données concernant le projet de nouvelle ligne. Aussi bien les chiffres sur le niveau du trafic actuel que les estimations portées sur le trafic à venir ont été, selon le CADE, faussés et revus à la hausse pour légitimer la création d'une nouvelle ligne. « On va peut-être perdre contre RFF mais il y a une bataille que l'on ne perdra jamais, c'est celle de la citoyenneté. », affirme M. Pachon. « Nous, ce qu'on veut c'est de donner aux citoyens des renseignements et une information honnête, afin qu'ils puissent juger à partir de données complètes et objectives. Et là, on est sûrement meilleurs que RFF. »

Nouveaux référendums
Le collectif ne compte pas néanmoins aller jusqu'à Matignon pour se faire entendre, en privilégiant une sensibilisation locale. « On laisse le soin aux élus de représenter nos intérêts à Paris. On va se concentrer pour le moment sur de nouvelles manifestations et référendums. », raconte M. Pachon. Prochainement, le 23 janvier, les membres du collectifs se réuniront ainsi à Hendaye pour une manifestation organisée sur les rails de la ligne existante. Par ailleurs, huit référendums sont prévus au pays basque au mois de mars.

Piotr Czarzasty

Site du CADE : http://www.voiesnouvellestgv.webou.net

05/01/2010

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Une semaine pour faire mentir les sondages
Une semaine, il ne reste plus qu'une semaine pour se convaincre de l'importance du vote du 14 mars prochain.

L'élection régionale, sans doute à cause de son mode de scrutin compliqué, à la proportionnelle à deux tours, avec une prime au parti arrivé en tête, n'entraîne pas spontanément un désir de participation. Le citoyen-électeur français habitué à se reconnaître à travers un visage, une personnalité, ce fameux scrutin « uninominal », a du mal à comprendre l'articulation entre liste régionale et départementale; surtout il ne connaît pas bien, à moins qu'il ignore carrément, qui le représente.
C'est un lourd handicap; il n'a pas permis, jusqu'ici, d'espérer une participation très supérieure à 60% de votants. Chiffre paradoxal quand on considère le rôle d'un Conseil régional et ses compétences. L'organisation des transports régionaux, le train en premier lieu, la réalisation des lycées, la formation professionnelle, le développement économique : autant de champs d'action pour une assemblée qui, au fil des ans, depuis 1986 surtout, s'est efforcée d'être à l'écoute des citoyens. Une assemblée qui, progressivement, s'est mise à incarner, avec la décentralisation, une autre façon de concevoir la vie collective, le vivre ensemble.
Qu'est-ce donc qui pourrait expliquer le 14 mars d'abord, la forte abstention qu'annoncent les instituts de sondage ? La politisation de l'élection, dernière du genre avant la présidentielle de 2012? Au contraire, celle-ci devrait favoriser la participation des électeurs selon l'éternel schéma dit du « vote sanction » et, à cet égard, on aurait pu penser que la mauvaise cote de l'hôte de l'Elysée favoriserait la mobilisation des électeurs... Lire la suite. | Réagir Réagir à cet article |