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Petits élus contre grands élus : la LGV aiguise l'identité et soulève la question du développement du pays basque
Didier Borotra - Maire de Biarritz "Petits élus contre grands élus" ? La fracture serait-elle consommée avec de réelles conséquences sur la capacité du pays basque à s'entendre sur la nécessité de la création entre Bayonne et l'Espagne d'une ligne nouvelle, partie intégrante de la LGV Bordeaux-Madrid ? A écouter le ton des propos du maire d'Ascain (lire par ailleurs) on pourrait le croire. La réalité mérite quelques explications et participe d'un clivage classique entre les communes à dominante rurale tournées vers le pays basque intérieur et l'agglomération. Au sein du BAB les élus, moins directement concernés par l'impact environnemental du tracé de la LGV, n'en sont pas moins très impliqués et raisonnent « développement économique ». Exemple avec Didier Borotra.

Le sénateur maire de Biarritz, avec l'habileté qu'on lui connaît, livre une analyse socio-politique qui a le mérite d'aider à comprendre la nature de la tension que connaît le pays basque, à l'idée de la création d'une ligne TGV nouvelle.

A trois heures des deux grandes capitales
« La réalité c'est que nous sommes face à des difficultés plus ou moins objectives. Le train c'est en effet le moyen de transport de l'avenir, l' autoroute est saturée ; on l'agrandit avec une voie de plus et déjà on sait qu'elle sera encore saturée; on est dans une logique de folie
L'enjeu majeur pour nous c'est d'être à 3h des deux grandes capitales, Paris et Madrid. Un autre enjeu d'importance c'est d'utiliser la ligne actuelle pour faire demain une liaison de type « train tram » entre Bayonne et Saint Sébastien, une eurocité de 600.000 habitants, de la taille de l'agglomération bordelaise.Ce rappel fait, en manière de prospective, à l'horizon 2020 et au-delà, Didier Borotra creuse les raisons de fond qui rendent compte, à ses yeux, « du malaise actuel entre un Pays basque intérieur qui perd de son dynamisme et une agglomération côte basque qui ne cesse de se développer. » Songez, remarque t'il, qu'en dix ans, de 1999 à 2009, l'attractivité de la côte aidant, le nombre des résidents secondaires, à Biarritz, est passé de 6.000 à 9.300. Et d'ajouter: « Beaucoup de gens du pays basque intérieur ont peur d'être emportés par le torrent de la modernité et les éléments les plus basquisants ont tendance à aiguiser cette peur.

La LGV : un élément de "défense identitaire"
Une réaction du genre : c'est nous qui allons payer le développement de ces messieurs... On fait, de cette LGV, un élément de défense identitaire sur le thème bien connu : le pays basque n'est pas à vendre. On n'a pas besoin des autres pour vivre : c'est une très grave faute contre l'esprit. » Les choses sont dites. Et le maire de Biarritz de rappeler que le pays basque et le TGV ont une histoire tourmentée depuis que Jacques Valade, alors président du Conseil régional d'Aquitaine, avait affirmé lors d'une réunion à Arcangues, qu'il n'y passerait jamais de ligne nouvelle. « Aujourd'hui il faut rétablir le dialogue, le contact, comprendre que les petites communes se défendent pour ne pas être balafrées, améliorer encore les propositions, s'éloigner un peu de l'agglomération entre Bayonne et Hendaye... »

Michèle Alliot-Marie et "son sanctuaire"
Quant à Jean Grenet, le maire de Bayonne qui est en première ligne en tant que président de la communauté d'agglomération, c'est peu de dire que comme son collègue de Biarritz il a accueilli avec un étonnement désolé les déclarations répétées de la dame de Saint-Jean-de-Luz. Michèle Alliot-Marie, ici et là, est montrée du doigt à force de vouloir protéger « son sanctuaire électoral » Non seulement, la ministre alors en poste à l'intérieur, avait ordonné l'arrêt des études mais, faisant fi des rappels à l'ordre dés élus bordelais et Aquitains, Alain Juppé et Alain Rousset et du soutien de Nicolas Sarkozy à la LGV, elle a récidivé. Depuis qu'elle occupe le poste de Garde des Sceaux. Et elle l'a fait, en rupture avec le député qui lui a succédé, Daniel Poulou, considérant qu'une nouvelle ligne s'imposait d'autant moins que le trafic fret à travers la frontière avait vocation à passer du côté du Béarn, depuis Saragosse. Un débat, on le verra qui ne peut quand même être balayé d'un revers de main.

François Fillon à Jean Grenet : la France est engagée à l'égard de l'Espagne
Jean Grenet, lui, a appelé à la rescousse le premier ministre. François Fillon dans un courrier en date du 4 décembre dernier lui écrit : « la France s'est engagée envers l'Espagne, de manière réitérée et au plus haut niveau de l'Etat à apporter la grande vitesse à la frontière franco-espagnole sur le corridor atlantique, à l'horizon 2020. Une section internationale entre Dax et Vitoria a ainsi été définie entre nos deux pays pour une avancée coordonnée des projets. Je vous confirme que les études ainsi que les concertations, actuellement conduites par Réseau Ferré de France, relatives à la définition du fuseau de la nouvelle ligne entre la France et l'Espagne seront poursuivies afin de préparer la mise à l'enquête publique du projet à l'horizon 2.011. Cette ligne nouvelle permettra de répondre, le moment venu, à la saturation de la ligne existante. »


05/01/2010

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Présidentielle: Vingt mois encore...
J-20 : encore vingt mois avant la prochaine élection présidentielle.

Il va falloir vivre au rythme d'une actualité politique toute entière accaparée par les faits et gestes des aspirants candidats, du vrai candidat à sa propre succession qui jurera qu'il n'y pense pas en se rasant le matin parce qu'il est bien trop occupé avec les affaires de la France et même celles du monde, puisqu'il va présider le G20. Vingt mois ça va être bien long, surtout que l'affrontement risque d'être furieux, impitoyable. Et, cela, dans une France en proie au doute le plus profond où le chômage et surtout le sous emploi deviennent endémiques. Une France où l'on est frappé, au fil des rencontres, par l'inquiétude des acteurs de la vie publique, des fonctionnaires qui s'interrogent sur l'application des réformes, dans le secteur de la santé par exemple, des élus qui, à droite comme à gauche, jugent sévèrement cette fameuse réforme territoriale sans tête ni queue... ni moyens, des présidents de départements qui passent les budgets à la paille de fer et s'attendent au choc en retour de la société. Une France des associations, des grands secteurs, celui du logement notamment où les organismes type HLM observent la montée des périls dans des banlieues où rien n'est résolu. Une France agricole dont Nicolas Sarkozy semble s'être rendu compte qu'elle n'avait plus que trois ans pour s'adapter au bouleversement final de la PAC.
Ce tableau bien trop noir, dira-t-on, ne puise pas seulement ses origines dans la crise qui, depuis deux ans, a bouleversé l'économie mondiale, dans la volatilité des marchés, dans l'irresponsabilité de quelque grande banque d'affaires.
S'agissant de la France, il est le reflet d'une perte de confiance grandissante à l'égard de la classe politique. Le phénomène n'est pas nouveau mais il devient, chaque jour, plus lourd de conséquences. Les Français veulent bien entendre que leur pays a plus que doublé sa dette en quatre ans et a donc une obligation absolue d'arrêter cette folie; ils peuvent comprendre que certains avantages fiscaux soient « rabotés » ou supprimés... Lire la suite. | Réagir Réagir à cet article |