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Trois questions à Alain Rousset, tête de liste PS
Alain Rousset président du Conseil Régional d'Aquitaine Président sortant du Conseil régional, Alain Rousset se présente aux suffrages des Aquitains avec l'ambition, s'il est élu, de faire d'une politique en faveur de la jeunesse la priorité des priorités de son action. Attaqué par Europe Ecologie Aquitaine, à propos de la Ligne à Grande Vitesse, il souligne la contradiction qui existe, à ses yeux, dans une attitude qu'il résume ainsi: d'accord jusqu'à Bordeaux mais pas après Bordeaux. Enfin, il dénonce vigoureusement un projet de réforme territoriale qui recentralise les pouvoirs.
@qui! - Si par hypothèse vous restez président du Conseil régional, quelle sera la priorité des priorités de votre action ?
Alain Rousset - Les jeunes et le chômage des jeunes. L'avenir d'un pays c'est sa jeunesse, la confiance qu'on a en elle; cette jeunesse qui sait que le regard que lui portent les adultes est bienveillant et serein. Des mesures concrètes en sa faveur sont nécessaires: pour le logement, non seulement des étudiants comme nous l'avons déjà entrepris mais pour toute cette tranche d'âge qui entre au lycée, jusqu'au moment où elle trouve un emploi et où elle est autonome. Le logement des jeunes travailleurs, des apprentis, permet la mobilité; la caution du premier logement des jeunes, dont les ressources sont faibles, est importante. Aider la jeunesse c'est aussi faciliter l'accès à la culture ; je proposerai à l'Education Nationale un grand plan de lutte contre le décrochage scolaire et universitaire. Et la création d'un service public de l'orientation, de la formation et de l'emploi. Pour cela je mettrai très rapidement en place un Conseil régional des jeunes. Faire venir des jeunes étudiants, apprentis, stagiaires, les impliquer. Bref entendre la jeunesse et l'écouter.

@! -  N'est-il pas singulier que les Verts qui sont aujourd'hui dans la liste d'Europe Ecologie et qui, hier, faisaient partie de votre majorité et soutenaient, dans leur majorité, la Ligne à Grande Vitesse aient adopté, à l'occasion de cette campagne, des positions de refus, aussi radicales. Est-ce par électoralisme ou pour une autre raison ?
A. R. - Je pense qu'il y a de l'électoralisme, hélas, face aux inquiétudes légitimes des territoires traversés, la pression aussi de certaines associations qui se retrouvent dans Europe Ecologie. Mais il y a une vraie contradiction : comment accepter 300 kilomètres de la LGV jusqu'à Bordeaux et refuser les 300 autres kilomètres jusqu'à Toulouse et Hendaye ? Si l'on veut faire du TER, du train express régional, du report modal de la route au rail une priorité et une réussite, il faut une voie nouvelle. Nous avons le temps et les moyens d'en humaniser l'impact. Mais la révolution des temps de transport par le train est un progrès de la vie quotidienne

@! - Le projet de réforme territoriale qu'en tant que président de Conseil régional, mais aussi de l'Association des Régions de France, vous combattez pointe le trop grand nombre d'élus. N'est-ce pas un peu facile, voire populiste ?
A. R. - S'agissant de cette réforme, soulignons que l'on ne parle que de 1% des élus de France et que rien n'est fait concernant l'émiettement communal et pour la simplification de l'intercommunalité au nombre d'élus parfois pléthoriques. Si les Français font confiance à la gauche mais, au-delà sanctionnent le gouvernement, malgré les « Orgues de Staline » de la communication gouvernementale, ce sera un avertissement. Les Français à travers mille exemples de leur vie quotidienne savent qui finance le logement, le sport, la culture, qui rénove lycées et collèges, qui finance la politique de la ville. Et de plus en plus la santé, l'aménagement rural et urbain.
Tout cela serait remis en cause par une politique fondée sur l'injustice fiscale, le garrot posé sur les collectivités locales, leurs ressources ?
Le mélange des compétences voulu et entretenu par l'Etat, tout cela doit être sanctionné ; il est inimaginable que le pouvoir en place à Paris recentralise, appauvrisse les collectivités locales et donc les Français. Rappelons, contrairement aux déclarations de M. Lefebvre que 45% du plan de relance est financé par les collectivités locales contre 4% pour l'Etat.
Enfin, l'exercice du pouvoir suppose la disponibilité et la proximité ; il sera impossible demain à l'élu territorial que l'on nous promet de répondre aux nécessités de sa charge. Enfin, vouloir tuer la lente mais réelle parité hommes-femmes, comme cette loi l'organise, c'est un scandale.

Propos recueillis par Joël Aubert


 

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