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LGV: le Pays basque entre colères et résolutions
Un projet « superflu » pour les opposants du "Cercle de Burrunz"
Non à la LGV - Abribus Ascain Parmi les différents groupes et associations militant contre la construction d'une nouvelle ligne à grande vitesse dans le pays basque, le Cercle de Burrunz semble un des principaux piliers du mouvement d'opposition. Composé de particuliers (cadres, chefs d'entreprises, experts financiers, journalistes...), le groupe dénonce « l'aberration économique » que constitue la construction d'une LGV dans la région. Confronté à des estimations jugées excessivement optimistes du trafic ferroviaire futur, ainsi qu'à une fiabilité douteuse des données du trafic actuel, le Cercle de Burrunz est bien déterminé à combattre ce qu'il considère comme une « provocation » à l'égard du Pays basque.

Le groupe tire son nom du pont de Burrunz à Bidart, sous lequel passent côte à côte l'autoroute 2x3 voies et la ligne ferroviaire existante reliant Bayonne à Hendaye. Selon les fondateurs du groupe, il faut attendre 55 min environ pour voir passer un train (TER, TGV, fret confondus). « On nous parle de risque de saturation, alors que ce problème concernerait plutôt l'autoroute. C'est extravagant de dire ça. », remarque Jacques Saint-Martin, président du Cercle, qui considère ce discours et les analyses qui l'accompagnent comme un « subterfuge de stratagème » censé justifier la construction d'une nouvelle ligne.

RFF ", juge et partie"
Pour M. Saint-Martin, les premières irrégularités apparaissent lors du débat public. « C'est pour la première fois que, lors d'un débat public où l'on discute d'un projet, je vois son initiateur et principal maître d'ouvrage à la fois (Réseau Ferré de France) être modérateur du débat. », s'étonne-t-il. « Cela n'a pu que résulter en un débat biaisé dès le départ, avec des analyses et expertises venant du principal intéressé, en même temps juge et partie. » Il s'agirait aussi de sujets délibérément laissés de côté. « On ne s'est même pas posé la question, par exemple, si la nouvelle ligne était vraiment nécessaire. On est parti du principe que cette LGV s'imposait naturellement. », continue M. Saint-Martin. « On a ignoré de même la viabilité économique du projet et passé sous silence la faible condition financière de RFF et de la SNCF, pouvant être un facteur déterminant dans la poursuite du projet susceptible d'apporter des subventions et d'autres avantages liés par la suite à l'exploitation de la ligne. »

Une ligne existante sousestimée
Le Cercle de Burrunz accuse par ailleurs la fiabilité des chiffres concernant le trafic ferroviaire au sud de Bayonne, tels que présentés par RFF. Selon lui, 108 trains partent chaque jour de Bayonne vers le sud. Mais, comme précise M. St-Martin, c'est seulement la moitié qui part réellement à la frontière. Avec donc quelques 53 trains par jour allant jusqu'à Hendaye, la ligne est tout de même menacée de saturation selon RFF, qui ajoute des estimations pour le fret passant de 3 Mt à 20 Mt en l'espace de 10 ans. Une expertise indépendante vient de prouver cependant le contraire en affirmant qu'avec une capacité de contenir 264 trains par jour (voire plus, une fois les travaux d'aménagement terminés), la ligne actuelle pourra écouler le trafic; même tel que prévu par RFF en 2020.

Une rentabilité douteuse
Outre les chiffres, le Cercle de Burrunz évoque la « fragilité » du projet dont la réalisation est conditionnée par des facteurs difficilement prévisibles et maîtrisables tels : la relance du fret SNCF qui, selon le Cercle,  est en chute libre depuis les années 80; les intérêts et demandes du côté espagnol; ou la viabilité d'une autoroute ferroviaire. M. St-Martin mentionne aussi des arguments d'ordre plus général, comme le poids « ridicule » du train (1% env.) dans les déplacements quotidiens des Français, qui semble remettre en cause les espoirs liés au train en tant que solution au tout-voiture, et même au tout-camion.

"Un sursaut de bon sens"
Le principal objectif du Cercle serait donc de susciter un « sursaut de bon sens » dans la réflexion sur le projet d'une nouvelle ligne. Une réflexion qui devrait s'appuyer sur les examens, analyses et expertises délivrés par la Cour de Comptes, le Conseil d'Analyse Economique et la Commission des Finances, dont les recommandations donnent d'ailleurs « une préférence à l'entretien des lignes existantes » plutôt qu'au lancement de lignes à « rentabilité douteuse », ajoute M. St-Martin. Une démarche d'autant plus nécessaire selon lui, que les prévisions du trafic présentées par RFF résultent en partie de son « pari en faveur du Chemin de Fer », comme le formule Réseau Ferré de France.

Piotr Czarzasty

Renseignements :

http://lecercledeburrunz.hautetfort.com

05/01/2010

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L'abstention, ce nouveau mal français
C'est entendu : le 21 mars les régions françaises, que Nicolas Sarkozy qui déteste le moindre contre pouvoir, a condamnées à partir de 2014, auront une assemblée. Des élus qui croiront, pour quelque temps encore, que ça vaut la peine de s'engager, de s'occuper des transports ou du logement étudiant. Mais ce sera une manière de pis aller au regard de ce qui vient de se passer ce 14 mars, le désintérêt et, pire encore, le rejet de plus d'un français sur deux pour la politique.

Voici la nouvelle expression du mal français: le renoncement à dire son mot, à choisir ceux qui sont en charge de donner ses couleurs à la démocratie. Certes ce n'est pas une révélation; la tendance s'affirme d'un scrutin à l'autre à l'exception notable de l'élection présidentielle et de l'élection municipale. Mais c'en est bien fini de ce civisme que notre pays revendiquait comme une exception. Et il convient d'en chercher les causes, les causes profondes. 

Deux s'imposent à nos yeux:  d'abord le décalage qui grandit, chaque jour davantage, entre le citoyen et celui qui le représente, entre les promesses sur le thème partout entendu "non aux délocalisations" et la réalité du pouvoir des politiques, de ceux qui  nous gouvernent et pour qui la communication politique tient lieu de programme. Songeons à ces électeurs du Front national qui ont cru en la parole sarkozyenne, le temps d'une présidentielle et qui s'en retournent dans la famille frontiste de l'inexpugnable le Pen. Songeons à ces électeurs de droite qui ont porté Nicolas Sarkozy à l'Elysée et qui ne se reconnaissent plus dans une politique que la seule crise financière et économique ne saurait justifier. Une politique qui dans le geste veut réaffirmer le rôle et la place de l'Etat protecteur mais qui, dans la réalité, et sans explication indiscutable, bascule dans un libéralisme où la société française ne se retrouve plus. Y avait-il, ces jours-ci, aveu plus stupéfiant que ces propos de l'hôte de l'Elysée annonçant une pause des réformes en 2011? La France, comme le pense certain ancien premier ministre, ne saurait être gouvernée autrement que sur le mode du changement dans la continuité, ce qui ne signifie pas forcément l'immobilisme mais, plutôt, le respect des valeurs de justice et d'égalité comme socle indispensable à tout progrès... Lire la suite. | Réagir Réagir à cet article |