Il dit incarner la « vraie opposition », face à ce qu'il a coutume de baptiser « l'UMPS ». Jacques Colombier, tête de liste du Front National en Aquitaine, remet son siège en jeu pour la cinquième fois consécutive. Pour ces élections, son programme se centre autour de sept priorités parmi lesquelles la fin des subventions directes aux entreprises, remplacées par des avances remboursables, ou l'aide aux personnes âgées isolées.
La sécurité dans les lycées constitue également un thème majeur, récemment remis au goût du jour, ce qui lui a valu les critiques d'Anne-Marie Cocula, vice-présidente sortante du Conseil régional, affirmant que cette proposition « rappelait les heures sombres de notre histoire ». Réponse ironique de l'intéressé : « Peut-être croit-elle entendre le bruit des bottes... ». Le monde rural est également "mis à l'honneur" avec la création d'un Fonds régional complémentaire contre les catastrophes naturelles. Colombier rappelle qu'un an après le passage de la tempête Klaus, les petits propriétaires landais n'ont toujours pas été indemnisés. Amateur de jazz et de jardinage, bricoleur, Jacques Colombier se définit comme « un homme libre » et un rebelle, opposé à cette « gauchisation de la société », irrité par la diabolisation du Front. Anti-sartrien convaincu, Antoine Blondin, Michel Déon, voilà les auteurs qu'il chérit. C'est avec le sourire que Colombier raconte cette soirée-collage, place de l'Europe, où une courte-échelle l'a conduit à cloche-pied et le pied dans le pot de colle, ses altercations avec Henri Emmanuelli qui l'avait traité de « nazillon » ainsi que les souvenirs de sa première élection où il a failli devenir borgne, comme Jean-Marie Le Pen, en sabrant le champagne. Ce vieux routard de la politique, ancien agent immobilier, conseiller régional depuis 1986, compte parmi les pionniers du FN en Aquitaine, quand le Front naissant n'était qu'un groupuscule. Depuis son entrée en politique, au bistrot « le basque », il a vécu ce qu'il appelle une belle « aventure humaine ». Il dit espérer « encore beaucoup d'élections comme celles-là » même si, reconnait-il, il faut céder la place aux jeunes, lui qui fêtera ses cinquante-huit ans cette année. Julien Vallet, Julien Gonzalez
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