Société | A First, ex Ford, l'état d'urgence est déclaré
13/04/2010 |
Cela fait déjà plusieurs semaines, voire plusieurs mois que les syndicats de First à Blanquefort, ex Ford, tirent la sonnette d'alarme pour dénoncer le manque de visibilité sur les projets de reconversion du site un peu plus d'un an après sa reprise par le groupe allemand HZ Holding. Et, la décision de la Préfecture de Gironde d'annuler le comité de pilotage sur l'avenir du site qui devait se tenir le 12 avril n'est guère rassurante. Les collectivités locales ont donc décidé de taper du poing sur la table et de se mobiliser.
Le constat est plus qu'inquiétant. Il l manque actuellement 20 millions d'euros pour financer le projet Atlas de fabrication de grandes couronnes d'éoliennes, le grand projet de reconversion de l'usine First, ex Ford. Les banques ne veulent pas s'engager, car les dirigeants de l'entreprise n'apportent pas les garanties nécessaires, dénoncent les syndicats. Or, le temps presse. Fin 2011, la production de boîtes de vitesses pour Ford s'arrêtera et le constructeur américain se désengagera totalement et définitivement du site. Le maintien de 1 600 emplois est en jeu. Hier, les collectivités locales, la Région, le Conseil Général et la CUB ont donc décidé d'organiser leur propre comité de suivi en invitant hier les dirigeants et l'intersyndicale de First."Face à la situation de blocage dans laquelle se trouve FAI, il est inadmissible que le comité de pilotage présidé par l'Etat ait été annulé", a déclaré Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine.
Les élus locaux s'inquiètent
"La médiation financière menée par l'Etat n'aboutissant pas, les élus, partageant les vives inquiétudes des salariés, vont durcir le ton pour obtenir des réponses", écrivent dans un communiqué commun des conseils régional, général et de la CUB. selon le texte. Un comité de suivi a réuni plusieurs élus, le PDG de FAI et les représentants des salariés. Pour Vincent Feltesse, le président de la CUB et maire de Blanquefort, "il est devenu urgent de déclarer collectivement l'état d'urgence". Le comité de suivi a annoncé vouloir "durcir le ton" auprès des banques dont "l'attitude est incompréhensible", mais aussi auprès de Ford et de l'Etat pour que "celui-ci pèse de tout son poids dans la médiation en cours", ajoute le communiqué. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé (UMP), a appelé la ministre de l'Economie Christine Lagarde pour "à nouveau l'alerter sur ce projet essentiel au maintien de l'activité et de l'emploi". La ministre l'aurait assuré de sa détermination. "Il faut trouver de nouveaux partenaires industriels et que Ford revienne au comité de pilotage, car rien n'a avancé", estime Jean-Luc Gassies, secrétaire du CE CFTC. "Le PSE, on y va droit dessus si aucun projet ne décolle". Et, l'atterrissage pourrait être très douloureux pour les salariés et ne sera pas sans conséquences sur l'économie locale.
Nicolas César











