Société | Dans les Landes, le maïs doux à l'heure de la récolte
30/09/2010 |
Alors que la Gironde entame les vendanges, le département des Landes, quant à lui, voit arriver la fin des récoltes de maïs doux. Débutées mi-juillet, elles se termineront autour du 15 octobre, soit environ 100 jours après les derniers semis du mois de juin. Désormais, de jour comme de nuit, sur les exploitations c'est le grand bal final des machines à récolte pour fournir en continu les usines de conditionnement. A Labrit, sur l'exploitation de Christophe Lespes, Aqui est allé voir au plus près comment se déroule la récolte.
Aux explications techniques, un expert, Didier Daugreilh, technicien de cultures chez Aquitaine Légumes Surgelés : « la récolte des épis se fait entre 28 et 35 jours après la floraison. Tout dépend de la température, s'il fait très chaud c'est plus rapide. » Mais, pour ne pas risquer de rater le moment optimal pour la récolte « on analyse, sur des échantillons, le taux de matière sèche des grains tous les deux jours à partir de la floraison. » Et, selon le variétés, les choses sont précises : pour le maïs doux standard, la récolte se fait lorsqu'on est à 28 ou 29% de matière sèche, mais pour le maïs « Super sweet », qui est encore plus sucré que le standard, la récolte sera faite lorsque le taux de matière sèche atteindra environ 23 %. C'est une question de qualité gustative et de présentation. « A 30 % de matière sèche, le « super sweet » serait fripé et pas présentable aux consommateurs », en bref beaucoup moins appétissant que les jolis grains bien ronds et bien jaunes qui viennent colorer nos salades.
Limiter les risques d'écrasement
Mais pour que les grains gardent cette robe si attrayante, ils ne doivent pas non plus être abimés lors de la récolte en elle-même. Alors, bien sûr, avec une récolte à la main le danger serait écarté. Mais, en termes de rentabilité, et de pénibilité du travail, le compte n'y serait pas. Par conséquent, si ce sont bien des machines qui se chargent de la récolte sur les 19,5 ha de Christophe Lespes, comme ailleurs dans les Landes, elles sont spécifiques à la récolte du maïs doux. Par exemple, les courroies qui ramènent les épis à l'intérieur de la cueilleuse lors de son passage sont en caoutchouc, et non en fer comme c'est le cas pour le maïs grain. On limite ainsi les risques d'écrasement ou de choc des grains. « Les seuls cas où les épis sont ramassés à la main, c'est lorsqu'ils sont vendus frais, pour éviter d'abimer les spathes, mais ça ne représente que peu de surfaces », précise Didier Daugreilh.
Bon d'enlèvement pour traçabilité des grains
Pour gagner du temps lors du conditionnement, la cueilleuse, au fur et à mesure de la récolte, fait un premier tri entre ce qui est épi et ce qui ne l'est pas comme les feuilles ou la tige, qui seront rejetées à l'extérieur. Une fois que la machine a atteint sa capacité de contenance maximale, un transbordeur vient recueillir la récolte et la ramène jusqu'à des camions qui attendent en bordure du chantier de récolte. Ceux là partiront, alors, immédiatement pour l'usine avec un bon d'enlèvement précisant le numéro de la parcelle. « C'est grâce à ce numéro qui est présent dès les semis, que l'on pourra garantir la traçabilité des grains » insiste le technicien de culture. Une fois à l'usine, les épis seront égrainés puis les grains triés et conditionnés, pour arriver toujours aussi beaux et bons dans nos assiettes !
Solène Méric











