Société | Homophobie : Noël Mamère juge scandaleux l'arrêt de la Cour de cassation
13/11/2008 |
Ce 13 novembre, le député (Verts) Noël Mamère n'a pas manqué de réagir à un récent arrêt de la Cour de cassation, qui annule la condamnation pour injure homophobe du député UMP du Nord Christian Vanneste. En janvier 2006, le tribunal correctionnel de Lille l'avait condamné à 3.000 euros d'amende, condamnation confirmée en janvier 2007 par la cour d'appel de Douai. Selon le député-maire de Bègles, qui est aussi désormais avocat, Christian Vanneste est protégé. Il va même plus en loin en mettant en doute l'indépendance de la justice dans cette affaire.
"Cette décision vient cautionner d'une certaine manière les propos homophobes en complète contradiction avec les directives européennes et la loi de 2004. C'est aussi une sorte de blanc seing à quelqu'un qui passe son temps à exprimer des formes de racisme que l'on croyait dissipées", s'insurge Noël Mamère. Révolté, il a déclaré que "monsieur Vanneste est moralement inférieur à la moyenne des hommes puisqu'il est aujourd'hui reconnu comme quelqu'un qui peut tenir des propos homophobes". Il espère ainsi qu'il le traînera devant les tribunaux, afin de voir jusqu'où "ces tribunaux vont aller". "Est-ce qu'ils vont confirmer cette idée selon laquelle on peut tenir des propos homophobes et que la Cour de Cassation cautionne les propos homophobes", s'est interrogé Noël Mamère.
Christian Vanneste est-il "protégé" ?
Selon lui, le pouvoir politique pourrait être intervenu auprès des juges. Il assure que Christian Vanneste est "protégé", soulignant, au passage, que contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy, il n'a pas été exclu de l'UMP. "Je rappelle qu'en France c'est le juge qui dit le droit. Et donc cette décision va bien au-delà d'une interprétation juridique qui consiste à dire 'monsieur Vanneste n'a pas dépassé les droits à la liberté d'expression. Je considère qu'il y a une forte complicité de l'UMP, de son parti politique et malheureusement de la justice au plus haut niveau. Et c'est ça qu'il faut condamner", clame-t-il.
« Cette décision semble relever d'un autre âge. Le respect du principe fondamental de la liberté d'expression ne saurait en aucune manière justifier une atteinte intolérable à la dignité de la personne des homosexuels », a réagi, pour sa part, Me Caroline Mécary, conseil des associations qui avait porté plainte contre Christian Vanneste. Le débat n'est pas terminé. Un recours devrait être introduit devant la cour européenne des droits de l'homme.
Nicolas César











