Société | Les antibiotiques sur les animaux d'élevage, c'est trop souvent automatique
04/03/2012 |
Présent au salon de l'agriculture qui a fermé ses portes le dimanche 4 mars, le SNVEL (syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral), organisme représentatif unique des vétérinaires libéraux, a réaffirmé sa volonté, au côté de la FNSEA, de s'engager à réduire les volumes d'antibiotiques prescrits, notamment ceux qui sont administrés par voie orale. Cette démarche s'inscrit dans le plan national de réduction des risques d'antibiorésistance, lancé à la mi -novembre. L'objectif est de réduire de 25 % d'ici cinq ans la consommation d'antibiotiques dans les élevages. Pierre Buisson, président du SNVEL et Patrick Ferey, vice président de la FNSEA s'engagent pour une utilisation raisonnée des antibiotiques, considérant qu'il s'agit d'un gage de qualité pour les produits français. Ils ont exprimé leur attachement au système sanitaire français.
Le Salon de l'agriculture a fermé ses portes dimanche soir. De très nombreux visiteurs ont pu découvrir des vaches, des chèvres, des moutons, choyés, bien brossés et en bonne santé. Mais parfois, ces animaux reçoivent des antibiotiques plus souvent que de raison pour prévenir les risques sanitaires d'un manque de propreté ou d'un excès de promiscuité. Aujourd'hui, on sait que les résistances aux antibiotiques qui touchent les animaux peuvent avoir de graves conséquences sur la santé humaine. Les spécialistes du sujet estiment que 25 000 décès en Europe sont imputables au phénomène d'antibiorésistance.
Pierre Buisson, président du syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral et Patrick Férey, vice président de la FNSEA ( fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), à l'occasion du Salon de l'agriculture, s'engagent à réduire les volumes d'antibiotiques prescrits dans les élevages. « Il convient d'intervenir en priorité sur la prescription d'antibiotiques administrés par voie orale. Le recours à certains aliments utilisés comme médicaments à usage préventif doit être limité, » précise Pierre Buisson. Le SNVEL et la FNSEA ont réaffirmé leur attachement et leur confiance au système sanitaire français qui se caractérise par un bon maillage du territoire.
Éleveur et vétérinaire, main dans la main
« Pour atteindre l'objectif de réduire de 25 % d'ici cinq ans le recours systématique aux antibiotiques dans les élevages, l'éleveur doit travailler de concert avec son vétérinaire. Cela implique une action concertée et une meilleure formation des agriculteurs, »indique Patrick Ferey, éleveur laitier.
Pour Pierre Buisson, l'utilisation raisonnée des antibiotiques passe par un retour à la phase diagnostic. « Le vétérinaire doit être au côté de l'éleveur. Notre rôle est de le conseiller sur les mesures sanitaires à prendre, les règles d'hygiène. De bonnes mesures de bio sécurité peuvent contribuer à atteindre l'objectif fixé et à améliorer les performances économiques de l'exploitation. »
Le virus Schmallenberg gagne du terrain
Pierre Buisson et Patrick Ferey n'ont pas manqué d'évoquer le virus Schmallenberg, du nom d'une ville allemande.Ce virus affecte actuellement les moutons, les chèvres et les bovins. Il est surtout transmis par des moucherons. Il provoque des malformations congénitales et des anomalies neurologiques chez les agneaux nouveau-nés, les chevreaux et les veaux. Les signes cliniques chez les bovins comprennent la fièvre, une moindre production de lait et des diarrhées. Au 2 mars, 411 élevages dans 34 départements étaient touchés par le virus. Pour le moment, la région Aquitaine est épargnée, mais le Limousin tout proche est touché.Sa présence est confirmée dans 134 nouvelles exploitations. Au total, 411 élevages sont touchés. Il s'agit essentiellement d'élevages ovins. Mais 14 élevages bovins, 5 caprins et 1 mixte ovins-caprins ont également été répertoriés.
Claude Hélène Yvard
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