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Culture | La jeune création néo-aquitaine à l’honneur au Fipadoc

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Le 24 janvier, huit jeunes talents néo-aquitains ont tour à tour présenté leur projet devant un panel de producteurs et diffuseurs régionaux. Un moment clé à l'aube de leur jeune carrière, durant lequel l'accompagnement local est un véritable soutien.

Pour sa première édition, le Fipadoc garde sa proximité régionale. À l’honneur, les documentaires en compétition officielle, bien sûr, mais également huit jeunes de Nouvelle-Aquitaine, venus vendre auprès des producteurs et diffuseurs locaux leur pitch. Une sorte de synopsis pour donner envie aux professionnels de l’industrie documentaire de les accompagner dans leur projet. Soutien financier, accompagnement à l’écriture, toutes les aides sont les bienvenues pour ces jeunes présentant un projet encore balbutiant.

Face à eux, parmi les diffuseurs présents, Dominique Papon, de France 3 Nouvelle-Aquitaine, Loïc Legrand de Kanaldude ou encore Damien Cortadi, chargé de production pour TV7 Bordeaux. Attentifs, ils n’ont pas hésité à interroger les futurs documentaristes sur leurs intentions : questions sur l’esthétique, l’accord préalable des personnes ou établissements filmés, la temporalité choisie pour le tournage… Une multitude de détails qui suscitent l’attention des professionnels.

Pour Damien Cortadi, c’est l’occasion d’accompagner des jeunes souvent isolés : « Cela fait partie de notre projet global d’aide à la création. TV7 soutient la création locale en Nouvelle-Aquitaine en allouant des bourses d’écriture notamment ». En effet, à la clé, trois bourses d’écriture de 1 000 euros pour aider des premiers projets. Seule condition : un lien avec la région. « Cela peut être tourné en Nouvelle-Aquitaine, ou par un néo-aquitain ailleurs, peu importe. Le seul enjeu, c’est promouvoir notre création locale et ceux qui la font », explique-t-il. Le but de TV7, offrir « un coup de projecteur » pour permettre à ceux qui le souhaitent de démarrer en confiance. Le documentaire est un projet sur le long terme, qui demande du temps et de la patience de la part des diffuseurs. « Nous sommes assez souples. Nous ne leur imposons pas de date limite, on leur laisse prendre leur temps. On cherche à leur donner un cadre idéal pour leur premier projet ».

Des pitch documentaires atypiques

Parmi les propositions, on relève Vieux d’Élise Sintot. Inspirée par son travail en EHPAD, elle projette de tourner son documentaire au sein de l’établissement Belle-Croix, à Floirac. Au travers du regard de Sylvie, aide-soignante, son but: « démontrer qu’il y a de la vie, même là où l’on vit la mort ». Une galerie de petits portraits qui a retenu l’attention de l’assistance.

Au cœur de certains projets, la famille. Deux documentaristes ont proposé des pitchs dont l’objet est l’un de leurs parents. Un père biker pour Pauline Tiprez, une mère infirmière dans un centre pour toxicomanes pour Zoé Liénard. Maylis Dartigue, quant à elle, propose un pari autobiographique osé intitulé Sri Landaise à propos de sa double identité, adoptée bébé au Sri Lanka puis élevée dans les Landes.

L’émergence de jeunes talents, une préoccupation régionale

Autour de Noémie Benayoun, responsable création, production, diffusion à l’Agence du Livre Cinéma Audiovisuel de Nouvelle-Aquitaine (ALCA), les huit jeunes espoirs ont défendu leur documentaire. L’ALCA s’est beaucoup investie pour eux. « Nous avons un fonds d’aide pour l’audiovisuel au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Notre but est d’accompagner l’émergence », explique-t-elle. Les projets présélectionnés pour le Fipadoc avaient été repérés parmi les jeunes diplômés des masters professionnels audiovisuels de Bordeaux et Poitiers, mais aussi, via le Bureau des Auteurs et Projets de l’ALCA. C’est par ce dispositif que Léo Lagrafeuille a pu présenter son pitch Wilfrid Animation : « Je n’ai pas fait d’école, mais j’ai pu bénéficier de cet accompagnement de la région pour défendre mes idées documentaires ».

L’ALCA veut garder ces jeunes talents sur le territoire. « Pour cela, il faut les aider sur le premier film », admet Noémie Benayoun. « Pour ce Fipadoc, nous avons financé une partie de l’hébergement de ces jeunes créateurs, mais aussi toute une journée de tutorat pour les aider à écrire leur pitch et à le défendre au mieux devant les producteurs ». La création néo-aquitaine a ainsi de beaux jours devant elle.

Marianne Chenou
Marianne Chenou

Crédit Photo : Marianne Chenou

Publié sur aqui.fr le 24/01/2019