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Economie | Un espoir pour la sauvegarde des papeteries de Condat

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La réunion sur l'avenir des papeteries de Condat a eu lieu ce matin en préfecture de la Dordogne. Préfet, parlementaires, élus, syndicats, direction de l'entreprise, et délégué interministériel aux restructurations d'entreprises y ont participé. Le site périgourdin emploie 530 salariés. Si à l'issue de cette réunion, la perspective d'une fermeture de l'usine s'éloigne, un nouveau projet industriel doit désormais s'écrire pour Condat avec des investissements productifs à la clef. Les syndicats saluent une démarche positive mais veulent des garanties sur les tonnages, les débouchés et le calendrier.

Les responsables syndicaux demandaient depuis six mois la tenue d'une réunion sur l'avenir des papeteries de Condat, situées au Lardin-Saint-Lazare. Annoncée une première fois pour le 28 août, suite à la visite de la secrétaire d'état Agnès Pannier Runacher, une table ronde a finalement eu lieu ce vendredi 6 septembre à la préfecture de la Dordogne. Elle a réuni une quarantaine de personnes, notamment le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat, le président du Département Germinal Peiro, les représentants -dirigeants, actionnaires délégués syndicaux,- des Papeteries de Condat, les parlementaires, et les élus du territoire.
Depuis 2013, l'entreprise périgourdine connait des difficultés liées notamment à la crise qu'enregistre le secteur du papier couché. Pour rappel, sur le site, une ligne de fabrication, la 8 est arrêtée. Le groupe Lecta (leader dans la fabrication et la distribution de papiers spéciaux pour étiquettes et emballages souples) a prévu d'investir et de reconvertir cette ligne, parmi les pistes envisagées,  la fabrication de papiers pour étiquettes adhésives. La reconversion de la ligne de production suppose un changement de process industriel et de lourds investissements. En décembre dernier, le gouvernement avait promis une aide d'un montant de 35 millions d'euros, sous la forme d'une aide à la transition énergétique.  Sauf que cette promesse est contrariée par la Commission européenne  : Bruxelles bloque le versement de ces 35 millions d'euros par l'Etat français.  Le sujet est toujours à l'étude. Ce qui a considérablement renforcé l'inquiétude des salariés et des représentants syndicaux. Pendant la tenue de la table ronde, une cinquantaine de salariés étaient réunis devant la préfecture. Le secrétaire général de la FILPAC Patrick Bauret, qui était aux côtés des personnels CGT et FO, résume bien l'enjeu de cette rencontre. "Que vont faire les papeteries de Condat, qui appartiennent au groupe Lecta, pour conserver les 500 emplois de papetiers, donc 1800 emplois induits.  Le groupe Lecta n'a pas de perspective, pas de cap. Même si ce n'est pas dans leur stratégie de fermer des usines mais des fonds vautours pourraient racheter le site périgourdin puis l'abandonner, ce qui serait un séisme social pour tout le bassin d'emploi." 

Devant la préfecture, une cinquantaine de salariés étaient présents  soutenus par les syndicats

Des signes positifs

De l'issue de cette réunion, il ressort l'ensemble des partenaires la volonté de faire avancer le projet industriel du site de Condat, avec l'accompagnement de l'état  et son délégué interministériel et des collectivités locales. En résumé, Lecta, propriétaire des Papeteries de Condat, ne va pas attendre la décision de l'Europe pour reconvertir sa ligne de production n°8 et construire une chaudière biomasse. 

La reconversion de la ligne 8 semble donc actée. Des salariés suivent des formations dans ce sens, avec à la clef des financements de la région Nouvelle-Aquitaine.   Aujourd'hui l'entreprise va bien" estime Marc Glita, le délégué ministériel aux restructurations d'entreprises. "Nous avons une réponse (de l'Europe) qui n'est pas totalement fermée. Mais ce que nous nous disons en la considérant, c'est que ça demanderait un temps très long qui est probablement trop long par rapport aux impératifs industriels de l'entreprise. Il vaut donc mieux explorer d'autres voies plus à même d'aboutir rapidement". Pour sa part, le président Peiro, relève un sentiment d'espoir. "Aujourd'hui on est sur un projet qui doit améliorer la compétivité de l'entreprise avec un accompagnement national et des aides qui sont prévues et sur lesquelles  la Commission européenne ne pourra pas s'y opposer. 
Nous avons voulu rassurer les personnels de Condat" explique Andrea Minguzzi, le président de Lecta. Pour le groupe, investir dans Condat est une partie  importante du futur développement. Nous avons besoin de ces investissements. Andrea Minguzzi, le président de Lecta, demeure silencieux sur les montants, sur l'accompagnement et la hauteur des aides, dont il pourrait bénéficier et sur le calendrier.  La question de l'aide énergétique sur la chaudière viendra dans un second temps, c'est la "deuxième jambe" du projet. Ces nouvelles pistes pourraient mettre à mal trois autres entreprises périgourdines, dont Condat est quasiment leur unique client : elles emploient à elles trois une centaine de salariés en Dordogne.
Du côté des syndicats, Corinne Rey, secrétaire générale de l'Union départementale CGT évoque une démarche positive. "Depuis 2013, nous demandons qu'on évoque en priorité le projet industriel de Condat, avec des questions précises, le tonnage, les débouchés, le calendrier. Pour le moment, nous avons une vision sur la ligne 8 qui doit être reconvertie et la ligne qui fabrique le papier couché en fonction de la demande. Elle ne tourne pas à plein régime. Enfin, on a parlé projet industriel, on sait où l'on va même si nous sommes en attente de garanties. C'est Lecta qui détient les réponses." 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 06/09/2019