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Economie | Neoless, la start-up girondine qui revalorise la pause café

Neoless tri des composants

Sévérine Fréchou a fondé Néoless en août 2020, une entreprise dédiée à la collecte, au recyclage et à la valorisation de l’ensemble des capsules et dosettes de café consommées par les entreprises, après le constat que seulement 1 capsule sur 5 est recyclée, et encore, uniquement son emballage en alu. Une start-up innovante qui s’adresse aux entreprises soucieuses de réduire leur impact environnemental en adoptant une solution pour recycler les dosettes, les capsules, et même le café.

Séverine Fréchou, qui a suivi la formation « 5 jours pour entreprendre » à la CCI Bordeaux Gironde, a installé ses bureaux et son premier atelier Neoless en 2020 au sein de la pépinière-incubateur Ecoparc de Bordeaux Technowest à Blanquefort. « Je suis très sensible à tout ce qui est lié aux déchets » affirme Séverine Fréchou, « surtout que l’on en consomme beaucoup, sans les revaloriser ». Une réalité que la fondatrice de Néoless tente d'améliorer en créant un service de collecte, de recyclage et de valorisation de l’ensemble des capsules et dosettes des machines à café.

Un service destiné, pour l’instant, seulement aux entreprises. « Nespresso a déjà développé un service de recyclage de ses capsules de café, mais il ne s’adresse qu’aux particuliers et ne traite que les capsules en aluminium » explique Séverine Fréchou qui constate plus globalement qu' « il n’existe pas assez d’offres pour les entreprises qui en consomment pourtant beaucoup ».

Récupérer tous les composants du déchet

L’offre de Néoless est fondée sur plusieurs axes : la collecte, le recyclage, et la revalorisation. Pour ce qui est de la collecte, le fonctionnement est simple. Les entreprises bénéficiaires remplissent des seaux, un seau correspondant à la consommation de 15 salariés, que Neoless viendra ensuite récupérer, en essayant le plus possible de mutualiser les trajets, « dans un souci d’économie d’énergie, de moyens et de temps ». Avantage pour les entreprises, l’obtention d’un « rapport d’impact environnemental » pour mesurer et justifier l’importance de leurs gestes de tri.

Ensuite, place à la récupération et au tri des capsules et dosettes. Pas vraiment une mince affaire, puisqu’il existe selon Séverine Fréchou, « entre 25 et 30 références différentes, sans compter les matières diverses telles que l’aluminium, le papier et le plastique ». « Des déchets complexes et techniques » donc, triés au sein d’un atelier artisanal situé à Blanquefort.

 

Atelier de la start-up Neoless

Récupération et tri des composants des capsules et dosettes de café dans l'atelier de Neoless


Enfin, dernière étape, le recyclage et la revalorisation, qui là aussi, dépendent des matières concernées. « L’aluminium est envoyé à des récupérateurs, qui recyclent à l’infini la matière pour en faire d’autres objets tels que des cadres de vélos par exemple, ou pour en faire d’autres capsules. Le plastique est envoyé à des fabricants qui en font du mobilier urbain, des bancs, des tables, des poubelles… et le marc de café est réutilisé pour faire de l’engrais ! » résume Séverine Fréchou.

 

Une offre nationale 



Un système plutôt bien rodé, malgré la création récente de la jeune entreprise girondine, qui pourtant a déjà des ambitions plus vastes, « nous avons démarré avec les entreprises et collectivités de Bordeaux Métropole, mais le besoin existe bien au-delà des frontières girondines ! » affirme la fondatrice de Neoless. Commercialisée à Bordeaux au début de l’année 2021, l’offre connaît un essor national puisque l’entreprise a développé depuis peu une formule adaptée à l’étendue du territoire national, soit une récolte grâce à des lots de trois cartons, permettant « une collecte plus importante et moins de déplacements ».

Pour ce qui est des tarifs, ils varient en fonction de la taille de l’entreprise et de son nombre de salariés. « À Bordeaux Métropole, nous avons une offre à 29 € par seau et pour le reste du territoire, une offre à 99 € les trois cartons » indique Sévérine Fréchou. Au-delà de son expansion territoriale, Néoless ambitionne à court terme, le passage en mode industriel en 2022 ainsi que des recrutements et une levée de fonds en 2023, notamment pour équiper l’usine de machines à plus fort rendement. Pour cela, une aide de la région Nouvelle-Aquitaine dite « d’amorçage » à hauteur de 50 000 €, pour développer et recruter dans un premier temps et industrialiser dans un second. 

Margaux Renaut
Margaux Renaut

Crédit Photo : Neoless

Publié sur aqui.fr le 01/12/2021